LIVRE QUINZIÈME
DES INTOXICATIONS
[Donnant au mot intoxication son acception la plus large [in, dans; toxicum, poison), nous traitons dans ce livre de tous les accidents qui sont la conséquence de l’introduction dans l'économie, par les diverses voies d’absorption, non-seulement des poisons proprement dits, mais aussi des venins et des virus. Le chapitre consacré à l’étude des effets déterminés chez l’homme par les venins est facile à circonscrire. Il n’en est pas de même de celui qui a trait aux maladies virulentes. On rencontre ici toutes les difficultés que soulève l’étiologie des affections infectieuses et contagieuses. L’état virulent étant caractérisé par une altération jusqu’à présent insaisissable d’une substance organique, n’est parfaitement établi que pour les maladies qui ne se transmettent que par inoculation, telles que la syphilis, la rage. Plusieurs maladies dites virulentes ne se transmettent que par l’intermédiaire de l’air respiré, tandis qu’au contraire la variole, par exemple, se communique à la fois par l’inoculation, le contact et la voie atmosphérique, à la manière des maladies miasmatiques. Nous n’avons donc compris dans ce chapitre que quelques-unes des maladies virulentes inoculables; les autres, telles que les exanthèmes et la syphilis, ont été traitées au tome Ier de cet ouvrage.
Il est une division très-naturelle et surtout très-pratique que nous avons introduite dans l’étude des accidents produits par les poisons; c’est celle qui est fondée sur l’activité de la cause toxique et la marche des symptômes qui en signalent l’action. Ainsi, nous étudierons séparément Y empoisonnement aigu ou empoisonnement proprement dit, et Y intoxication chronique. Enfin, dans un appendice à ce livre, sous le titre d 'intoxications douteuses , nous avons réuni quelques maladies, dont l’étiologie offre encore beaucoup d’obscurités, mais qui cependant paraissent plus légitimement se rattacher aux intoxications qu’à foute autre section du cadre nosologique.