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PUSTULE MALIGNE. — SYMPTÔMES

■est rare. Une seule fois, Bourgeois a vu la vésicule initiale avec son liquide rare et :grisàtre remplacée par une bulle, bulle tendue, d’un jaune ambré.

Une eschnre se développe bientôt sous la vésicule desséchée; elle est le caractère distinctif de la maladie; sa couleur est jaune, puis brune, puis noire; elle est dure et crie sous le bistouri dont la pointe la gratte. Sa forme est arrondie ou à peine lirrégulière ; ordinairement lisse, elle est mince aux bords ; sa largeur varie entre iquelques millimètres et 2 ou 3 centimètres. Quelquefois il survient des eschares -secondaires ; celles-ci sont dues à la mortification des téguments voisins, à la coulllluence de plusieurs vésicules; elles sont minces et molles.

Un cercle vésiculaire, une fois l’eschare formée, se groupe autour de celle-ci et I l’entoure plus ou moins régulièrement. Une deuxième couronne de vésicules se développe quand la première a été envahie par l’eschare. Ces vésicules sont quelquefois sur un seul rang, quelquefois sur deux ou trois; les plus excentriques sont les plus volumineuses, tantôt isolées, tantôt confluentes, rarement disposées en un bourrelet unique; leur volume varie entre celui d’un grain de millet et celui d’un I pois. On compare généralement la disposition relative du chaton et du cercle vésiculaire à un chaton de bague entouré de petites perles ; il est rare que le cercle manque tout h fait, ou même qu’il soit incomplet.

Le nom de tumeur charbonneuse a été donné par J. Bourgeois (1) à la tuméfaction dure, circonscrite, qui est surmontée par le bouton malin ; c’est dans ce point que le virus subit une sorte de concentration, d’élaboration, avant de passer dans le torrent circulatoire. L’époque de son développement varie du premier au quatrième jour. L’eschare qui la surmonte est en général déprimée, parce que les tissus qui la forment sont mortifiés, et ne peuvent plus se distendre. Cette tumeur est dure, peu douloureuse, elle dépasse l’eschare et son cercle vésiculeux de 3 à h centimètres; elle est bosselée et quelquefois couverte de bulles. Sa face externe est violacée, l’interne pénètre dans les chairs à 2 ou 3 centimètres ; elle peut manquer dans les régions peu riches en tissu cellulaire dense.

La tuméfaction générale de la région où siège la tumeur charbonneuse commence à la circonférence de celte tumpur ; elle est pâle, molle, diffuse, très-rapide dans sa marche ; sa mollesse du début fait place, au troisième jour, à une grande dureté, surtout au centre; à la périphérie, elle est molle et ressemble à l’œdème simple; elle n’est pas crépitante,

L 'aspect de peau de chagrin que présentent les parties environnantes est dû à île petites élevures pleines, répandues dans un rayon d’un décimètre autour de l’eschare.

La coloration des parties malades est grise, terne au début; plus tard, elle est rouge sombre, puis violacée. Quelquefois elle prend la teinte érysipélateuse, et alors elle gagne au loin; cette dernière coloration est en général d’un bon augure.

La calorification locale est augmentée au début, diminuée h la fin; quelquefois elle s’élève jusqu’à la sensation de brûlure, et coïncide toujours avec une démangeaison ou un prurit douloureux. Si la douleur est accusée par le malade, ce n’est pas au début, c’est dans la période de réaction.

On appelle racines du charbon, des traînées inflammatoires qui naissent de la

(1) Bourgeois, Traité de ta pustule maligne et de Tatdème malin.

DUS INTOXICATIONS

tumeur charbonneuse, et s’étendent sous forme de bandes rouges de lymphangite, jusqu’aux ganglions eux-mêmes, atteints d 'adénite. Quelquefois on trouve des cordons de phlébite superficielle autour de la pustule.

Les phénomènes généraux ne surviennent qu’à la fin de l’évolution des signes locaux, c'est-à-dire quand s’opère un véritable empoisonnement. C’est seulement après quarante-huit heures, loin du début, que surviennent du malaise général, de la faiblesse, des frissons, de la fièvre; le pouls est large, mou, fréquent, et il va jusqu’à 120, 130, puis il manque dans les artères moyennes. Quand les cas sont extrêmes, les hémorrhagies intestinales ne sont pas rares.

Troubles digestifs , médiocres au début. Plus tard, vomissements glaireux, puis bilieux, dont la valeur pronostique est assez grave. La soif est vive, l’appétit nul, la diarrhée très-rare, malgré de fréquentes coliques.

La respiration se trouble seulement à la fin; elle est anxieuse, l’air expiré est froid comme chez les cholériques; l’asphyxie fait des progrès, le corps est violacé.

L’ appareil musculaire, respecté au début, est frappé de prostration et de faiblesse qui vont jusqu’à la syncope.

Les troubles de l'appareil cérébro-spinal et nerveux sont ceux déjà signalés. On a constaté à tort un délire qui est infiniment rare, le malade meurt en pleine connaissance. La caloricité est en général diminuée; à la fin, le corps est couvert d’une sueur glacée.

Des phénomènes réactionnaires se manifestent presque toujours pour venir au secours de l’économie en lutte avec l’empoisonnement. Ils se montrent du septième au neuvième jour; ils succèdent à l’algidité; une couleur rouge, phlegmoneüse, couvre la région malade, la peau se réchauffe partout. La réaction reste quelquefois dans ces limites; ailleurs elle déterminera des adénites, des collections purulentes dans les régions voisines du mal, des inflammations gangréneuses qui dissèquent les muscles au loin et bouffissent le tissu cellulaire d’infiltrations gazeuses.

Le nombre dès pustules pouvant exister simultanément varie; la règle, c’est l’existence d’une tumeur unique.

Le siège de ces pustules n’est pas indifférent à leurs caractères.

Au cuir chevelu, le gonflement est peu considérable; les accidents cérébraux sont plus redoutables.

La face est le siège de prédilection, parce qu’elle est exposée sans abri à tous les contacts et pourvue d’une peau mince et très-vasculaire. Au front, cette tumeur est plus petite qu’au reste du visage et plus intense qu’au cuir chevelu.

Aux paupières, le mal prend des proportions exceptionnelles; les doigts qui s’y portent souvent, les insectes ailés qui s’y posent de préférence, expliquent la fréquence du mal dans ce point; nulle part la pustule n’amène une déformation aussi horrible de la région. En général, les téguments des paupières sont perdus, l’œil demeure le plus souvent intact. Sur le nez, elle détermine des pertes de substance qui mettent les cartilages à nu. Sur les lèvres , on n’a jamais vu la muqueuse seule y donner naissance. En avant du cou, la tuméfaction comprime les organes profonds d’où naissent des accidents graves de compression. Le vide cervical se comble, la tête est comme implantéç directement sur les épaules.

J. Bourgeois n’a jamais vu la pustule sur les organes génitaux de l'homme. De I même pour la face plantaire et palmaire du pied et de la main, sans doute à cause de l’épaisseur de la peau.

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