EMPOISONNEMENTS AIGUS OU EMPOISONNEMENTS PROPREMENT DITS
cette méthode avec succès, la guérison serait la règle lorsque l’opération est pratiquée avant l'apparition des symptômes d’intoxication.
Lorsque, au contraire, les accidents se sont développés avant l’extirpation, celte méthode n’a pas, plus que les autres, la prétention de les arrêter ; ces accidents paraissent suivre alors leur cours avec presque autant de violence que si l’on avait abandonné la maladie à elle-même. Cette dernière méthode a surtout l’avantage d'éviter les cautérisations secondaires, auxquelles on est toujours tenté de recourir lorsqu’une première cautérisation a paru insuffisante. Les cautérisations secondaires n'ont, le plus souvent, pour résultat, que de produire d’énormes eschares, d’aggraver l’étal local, sans jamais comprendre tous les tissus imprégnés et sans détruire le virus absorbé.
La médication générale s’appuie sur les toniques et les stimulants. Sans accorder à ces derniers médicaments plus de confiance qu’ils n’en méritent, c’est en eux cependant qu’il faut mettre son espérance lorsque l’économie est sous rinfiuence septique du virus charbonneux, quelle que soit la voie par laquelle il ait pénétré. Ils soutiennent les forces anéanties, relèvent le pouls déprimé, raniment la chaleur éteinte; le quinquina, le vin, les infusions aromatiques de thé, café, menthe, etc., avec un peu d’eau-de-vie ou d’acétate d’ammoniaque, doivent être préférés, tant que les fonctions digestives conservées en permettent l’usage.
Hygiène publique et prophylaxie. — Puisque le virus charbonneux est puisé chez les animaux domestiques, il faut chercher à prévenir le mal à sa racine en veillant à leur santé. On modifiera l’alimentation, la stabulation. Les bestiaux morts ou abattus pour cause de maladie charbonneuse seront enterrés, chair et ossements, dans des fosses de 3 mètres de profondeur; les peaux seront tailladées à l’effet d’éviter la contagion par leur emploi.
Les personnes qui auront été en rapport avec les animaux malades devront avoir recours aux lotions alcalines, et surtout à un mélange d’eau et de chlorure de soude; aux préparations d’acide phénique. On évitera les lieux habités ou récemment abandonnés par les animaux atteints d’affections charbonneuses. ]