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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Il résulte de ce que nous avons dit au commencement du livre qui traite des intoxications , que nous réservons le nom à' empoisonnement proprement dit aux accidents immédiats et généralement rapides qui sont la conséquence de l’ingestion ou de l’absorption d'un poison. [La division en empoisonnements aigus et en empoisonnements chroniques a une utilité réelle au point de vue clinique et nous avons eu soin de l’introduire.

Dans tout empoisonnement, on peut reconnaître deux phases très- différentes : la première, ordinairement très-courte, pendant laquelle l’indication capitale est d évacuer le poison et de le neutraliser, c’est la période d’intervention chimique ;

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la seconde est caractérisée par les phénomènes qui indiquent que le poison a été absorbé. Le médecin est alors en face d’une maladie et, dans ces cas plus que jamais, il doit, avant tout, tenir compte des indications particulières que lui fournit le sujet au moment où il est appelé près de lui. De là l’impossibilité de tracer, d’une manière générale, pour chaque groupe de poison, la conduite qu’il doit tenir. ]

Le poison étant reconnu, la première indication à remplir est de l 'évacuer. On emploie pour cela les émétiques , les émélo-cathartiques , les purgatifs et la sonde œsophagienne (1), ou bien l’appareil suivant, imaginé par Honoré Gay (2).

Ce médecin réunit deux sondes œsophagiennes, de manière à n’en former qu’une seule d’une très-grande longueur, à l’aide d’un tube de verre long de 8 centimètres, qui entre à frottement dans ces sondes, de 3 centimètres de chaque côté, et sur lequel on fixe très-exactement les deux sondes par quelques tours de cordonnet plat, de sorte que l’air ou le liquide ne puisse trouver un passage. Chaque sonde à 70 centimètres de longueur et 8 millimètres de diamètre intérieur dans toute son étendue; ces sondes n’ont pas de pavillon. L’une d’elles offre trois orifices à son bec : un terminal, deux latéraux alternes et très-rapprochés du dernier; ces orifices ont un diamètre un peu moindre que celui de la sonde elle-même; l’autre n’a au contraire qu’une ouverture inférieure terminale.

On introduit la sonde par l’extrémité à trois orifices inférieurs, préalablement recouverte d’huile, dans la bouche, l’arrière-bouche, l’œsophage et même assez avant dans l’estomac. La sonde introduite, on relève l’extrémité extérieure, assez seulement pour que son ouverture soit au-dessus de la bouche du malade; on verse alors le liquide destiné à laver l’estomac à l’aide d’un entonnoir à douille trèscourte. S’agil-il de vider l’estomac, l’entonnoir étant encore plein ainsi que le tube, on comprime fortement l’orifice de la sonde, immédiatement au-dessous de la douille de l’entonnoir, entre le pouce et l’index d’une main, pour s’opposer à la chute du liquide, et au même instant on abaisse vivement la sonde, tandis que, de l’autre main, on enlève l’entonnoir. Cette manœuvre détermine l’amorcement du siphon et l’évacuation instantanée du liquide.

La seconde indication, c’est d 'administrer le contre-poison. La troisième indication, c’est de prodiguer à l’empoisonné les soi ns médicaux que réclame son état, et qui se divisent en soins généraux qui conviennent à tous les empoisonnements, et en médications propres à chaque empoisonnement en particulier.

1° Pour évacuer le poison, on a le plus souvent recours au tartre stibié; on donne 5 centigrammes d’émétique dissous dans un demi-verre d’eau; on répète cette dose trois ou quatre fois à quelques minutes d’intervalle; on fait boire beaucoup d'eau tiède , et il est souvent à propos de favoriser le vomissement par la titillation de la luette. Si l’on n’a pas d’émétique, on peut le remplacer par 20 centigrammes de sulfate de cuivre dissous dans deux cuillerées d'eau; on réitère cette dose; quelquefois ce vomitif est préférable, parce qu’il agit plus rapidement.

Quand le poison est insoluble , et qu’on peut penser avec raison qu’il a franchi l’estomac et qu’il se trouve dans l’intestin grêle, on doit préférer un éméto-cathar-

(1) Voyez tome III, p. 297, la figure de la sonde œsophagienne.

(2) Abeille médicale, décembre 1847.

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