‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 348 sur 494 · EMPOISONNEMENT PAR LES ACIDES. — SIGNES · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENT PAR LES ACIDES. — SIGNES

tique. On fait dissoudre 20 centigrammes de tartre stibié, cl 60 grammes de sulfate de soude ou de magnésie dans un litre d’eau, et l’on administre rapidement par verrées. On a conseillé encore assez souvent, dans les empoisonnements par les substances végétales nuisibles, d’administrer de fortes solutions de sel marin ,

, qui agissent comme éméto-cathartiques : 50 grammes de sel marin par litre d’eau. (Ce moyen peut être infiniment précieux, car on a toujours du sel sous la main, et 1 l’on ne saurait administrer trop tôt un évacuant.

Quand le poison a été pris sous forme de lavements, et qu’il est parvenu dans le i gros intestin, il faut avoir recours aux lavements purgatifs. Celui qu’on doit préi férer dans ces conditions doit être préparé avec 20 grammes de séné, 50 grammes i d e sulfate de soude, 500 grammes d’eau ; ce lavement convient infiniment mieux ■ que les drastiques plus énergiques, dont l’action est plus lente, et que j’ai vu souvent prescrire sans succès. Lorsqu’on ne fait pas apparaître les vomissements à l’aide dos émétiques, il est convenable, quand le poison est encore dans l’estomac, d’introduire dans cet organe une sonde œsophagienne, à laquelle est adaptée une pompe aspirante.

2° Le contre-poison est la substance qui forme une combinaison insoluble ou inoffensive avec la partie active du poison ingéré. On donnera la préférence à un contre poison d’une complète innocuité, et qu’on puisse se procurer immédiatement partout. On administrera le contre-poison en quantité beaucoup supérieure à celle qui est strictement nécessaire pour opérer la neutralisation chimique du poison, et cela par plusieurs raisons : en effet, le contre-poison pourra être rejeté presque aussitôt son administration, et, dans les cas les plus heureux, on doit considérer que la plupart des combinaisons insolubles ne le sont qu'à la limite, et elles ne le sont que relativement : puis, comme il faut une action rapide, une grande masse de contre-poison sera beaucoup plus efficace pour envelopper de toute part le poison, et pour déterminer la prompte formation de la combinaison insoluble ou inoffensive.

Il est plusieurs contre-poisons qui, quoique formant avec les poisons des combinaisons extrêmement peu solubles dans l’eau, ne sont cependant pas d’une complète efficacité; ces combinaisons, avec le temps, peuvent être lentement dissoutes dans l’appareil digestif, et amener la continuité des accidents. Il convient, dans ces cas, d'insister sur la médication évacuante après l’administration du contrepoison.

Quand le poison a pu traverser l’estomac et pénétrer dans l’intestin grêle, toutes choses égales d’ailleurs, il faut préférer un contre-poison insoluble à un contre-poison soluble dont l’effet pourrait se limiter à l’estomac (Houchardat) .

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