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EMPOISONNEMENT PAR LES POISSONS VÉNÉNEUX

[Un certain nombre de poissons des mers qui baignent les contrées chaudes du globe, sont doués, à certaines époques, de propriétés toxiques. Les espèces signalées comme dangereuses jusqu’à présent appartiennent aux groupes suivants : 1° les perches; 2° les trirjles; 3° les carançjues ; U° les spares ou pagres ; 5° les gohioïdes; 6° les dupées ou sardines ; 7° les diodons ; 8° les tétrodons.

Les colons espagnols désignent sous le nom de siguatera l’ensemble des accidents que déterminent les poissons toxicophores. Cette désignation, consacrée par les habitudes locales, et exprimant avec précision un groupe bien déterminé de phénomènes morbides, mérite certainement de rester dans le langage médical.

§ I. — Symptômes.

Les symptômes de la siguatera se partagent en deux groupes bien tranchés : lü accidents d’indigestion grave ou empoisonnement gastro-entéritique ; 2° accidents d’algidité ou de dépression et d’ataxie nerveuse. Chaque sujet peut présenter, dans une proportion variable, le mélange de ces deux ordres de phénomènes.

Les accidents gastro-entéritiques ont été de beaucoup les plus fréquemment observés; ce sont ceux qui ouvrent généralement la série morbide, et ils la constituent tout entière dans le cas où l’empoisonnement n’a que peu de gravité. Us peuvent se manifester aussi bien à l’occasion de l’usage de poissons toxiques que de l’ingestion de poissons n’ayant pas par eux-mêmes de propriétés nuisibles, mais en acquérant, par le fait d’une altération qui peut être considérée comme un état chimique particulier précédant ce point de décomposition putride où les aliments revêtent des qualités repoussantes. Des idiosyncrasies véritablement exceptionnelles peuvent donner lieu, chez quelques personnes, à des accidents parfois tïèsséiieux et de même nature, pendant qu’à côté d’elles, d’autres individus partageant

(1) ^ oy. I onssagrives et Le Roy de Méricourt, Recherches sur les poissons toxicophores exotiques des pays chauds ( Annales d'hygiène , 2e série, t. XVI, p. 326) ; et Corre, Note sur tes poissons vénéneux ( Arch . de méd. navale, t. 111, p. 136).

leur repas ne ressentent aucune indisposition. La forme gastro-entéritique reproduit d’une manière fidèle tous les traits de la physionomie d’une indigestion grave; elle offre de préférence ces manifestations cutanées (papules d’urticaire, exanthème scarlatiniforme) qui manquent au contraire habituellement dans les empoisonnements plus graves.

Les symptômes nerveux de nature asthénique et ataxique en même temps constituent un mélange d’accidents qui rappellent ceux que produisent divers poisons végétaux. Ainsi on a noté spécialement la dysphagie, l’affaiblissement des extrémités inférieures avec perte de connaissance musculaire; des alternatives de paralysie et de convulsion ; des troubles visuels avec mydriase; de l’algidité.

Quand la siguatera affecte la forme gastro-entéritique, le rétablissement de la santé est généralement prompt, tandis que les accidents nerveux laissent des traces plus profondes dans l’économie.

Eu outre de la physionomie si accentuée des symptômes, les commémoratifs et la simultanéité d’explosion des mêmes troubles chez plusieurs individus ayant fait usage du même aliment, rendent, le plus ordinairement, le diagnostic très-facile.

§ II. — Traitement.

Si les accidents débutent très-peu de temps après le repas, la première indication est naturellement de provoquer le rejet de l’aliment toxique (titillation de la luette, boissons aqueuses, pompe gastrique, sulfate de zinc). Cette indication une fois remplie et les signes indiquant l’absorption venant à se manifester, il convient de recourir aux stimulants diffusibles, et aux moyens de caléfaction et de révulsion cutanée. Les .alcooliques, l’éther associé ou non à l’opium, les sinapismes, les bains sinapisés, les frictions, la faradisation cutanée, l’emploi du réoulseur (1) le long de la colonne vertébrale, constituent la série des moyens à employer.]

i?>° EMPOISONNEMENT PAR LES HUITRES, LES MOULES, LES CRABES,

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