‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 370 sur 494 · EMPOISONNEMENT PAR LES CHAMPIGNONS · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENT PAR LES CHAMPIGNONS

ment produits), il faut se garder d’insister, à l’exemple de beaucoup de médecins, sur des moyens qui augmentent la prostration des forces et les phlegmasies intestinales. »

Une fois le poison expulsé, les évacuations muqueuses arrêtées ou modérées, il faudrait, suivant Letellier, administrer des décoctions concentrées de tannin (2 grammes de tannin par 100 grammes de champignon ingéré) daus l’espérance de neutraliser un alcaloïde problématique en grande partie ou en totalité déjà absorbé ou évacué. Suivant Boudier, la solution iodurée d’iodure de potassium serait préférable, parce que cette solution précipiterait mieux le poison des amanites. « Pour nous, dit Bertillon, dans l’ignorance flagrante où nous sommes encore sur les principes toxiques de chaque espèce vénéneuse et sur leurs propriétés chimiques respectives, nous croyons que le praticien, tout en expérimentant, s’il lui convient, ces antidotes, particulièrement dans les cas où les évacuations n’ont pu être obtenues, doit s’adresser à la médecine de symptômes. Dans les empoisonnements par les amanites, il y a le plus souvent prostration, diminution du pouls, refroidissement, somnolence, asphyxie; les boissons aromatiques, alcooliques (menthe, thé, café, vin chaud et généreux additionné de cannelle, etc.), sont indiquées ; on y joindra les frictions sèches ou aromatiques et l’enveloppement dans des couvertures de laine chaudes; enfin le docteur Coletti (1), dans son mémoire et son journal, insiste avec une grande conviction sur les préparations alcooliques opiacées (teinture d’extrait thébaïque étendue dans un vin généreux ou dans de l’eau de cannelle). » Bertillon recommande, toutes les fois qu’on le pourra, les inspirations d’oxygène qui lutteraient avec avantage contre le refroidissement, hâteraient les mouvements vitaux et l’excrétion du poison.

B. Empoisonnement par les Itnssulcs Acres et les Laetaircs. — Symptômes et traitement. — Un fait qui frappe de prime abord, c’est le peu de temps qu’il faut pour que les accidents se manifestent. Une demi-heure ou une heure après leur ingestion, ces champignons excitent dans l’estomac un sentiment de chaleur, puis des douleurs, des nausées, des vomissements; la région épigastrique est douloureuse au toucher, souvent à un degré extrême. Il y a des coliques plus ou moins fortes, anxiété, refroidissement des extrémités; le pouls est petit, le ventre est météorisé; quelquefois il y a du délire, un coma plus ou moins profond, des soubresauts dans les tendons, un trismus des plus violents. Malgré leur apparente gravité, les accidents produits par ces champignons ne sont pas aussi grands que ceux auquels donnent lieu les amanites. Les vomissements naturels ou provoqués faisant presque toujours rendre, dès le principe, la presque totalité du poison, il ne reste plus qu’à combattre l’inflammation de l’appareil digestif par des émollients, des antiphlogistiques. La convalescence est ordinairement rapide ce qui est tout différent après l’empoisonnement par les amanites (Boudier).

On ne doit pas oublier que souvent on rencontre des empoisonnements produits par un mélange de plusieurs espèces; de. là des symptômes qui tiennent de l’une et de l’autre des formes décrites ci-dessus. ]

(1) Coletti, Ghzz. mcd. itriliam, 22 octobre ISG4.

DES INTOXICATIONS

Page 1