EMPOISONNEMENT PAR L’OPIUM ET LES SELS DE MORPHINE
Nous ne parlerons pas ici du simple narcotisme, qui est le premier degré de l’empoisonnement.
§ I. — Signes.
Nausées, vomissements; soif, bouche sèche; constipation; urines diminuées, parfois supprimées; assoupissement, yeux rouges, immobiles. Dans V empoisonnement par l'opium, resserrement des pupilles; membres dans la résolution; respiration stertoreusc; parfois roideur et convulsions; pouls tantôt lent, large et dur, tantôt petit et fréquent; peau froide, sueurs, coma, symptômes d’asphyxie. Dans l'empoisonnement par la morphine, outre les symptômes précédents, démangeaisons plus ou moins vives par tout le corps; convulsions et vomissements plus fréquents que dans les cas d’empoisonnement par l’opium.
§ II. — Traitement.
[La première indication est d’évacuer le poison à l’aide de la sonde œsophagienne, et le plus promptement possible. On insistera jusqu’à ce que le liquide qui aura servi à laver l’estomac ne laisse plus reconnaître de traces de la présence de l’opium. Les vomitifs, à moins d’arriver fort peu de temps après l’ingestion, sont rarement utiles, attendu que les sujets empoisonnés ont dans ce cas perdu la faculté d’avaler. Dès que le patient pourra avaler et que le poison aura été en partie évacué, on administrera la solution à'iodure de potassium iodurée recommandée par Bouchardat, dans le but de neutraliser les alcaloïdes de l’opium et particulièrement la morphine.
ip lodure de potassium h gram.
Iode 30 eentigr
A prendre par demi-verrées.
Eau 1000 gram.
On combattra le narcotisme à l’aide de café très-fort additionné d 'alcool et bu sans sucre. On tiendra le malade éveillé, par la flagellation, l’urtication, l’application de sinapismes, la déambulation forcée, la faradisation cutanée. S’il y a meuace d’asphvxie on entretiendra la respiration à l’aide de la méthode Sylvester (1).
Le traitement de l’empoisonnement par les sels de morphine sera exactement le même.]