‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 401 sur 494 · V — GG · texte numérisé non relu

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l>ES INTOXICATIONS.

qui ont observé, à diverses époques, dans cerlaines contrées de l’Europe, des accidents sévissant sous forme sporadique ou épidémique attribués à la présence d’une plus ou moins grande proportion d’ergot de seigle dans les farines, qu’il est impossible d’apporter une grande précision dans l’histoire de ces épidémies. D’après les recherches pleines d’érudition de Teissier, de Jussieu, Saillant et Paulet, il résulterait, tout d’abord, que l’on a souvent confondu les accidents imputés h l’ergot, avec le mal des ardents , cette maladie désignée par les auteurs du xtv° siècle sous le nom de pestis inguinaria, et dont les principaux symptômes étaient le charbon, les taches pétéchiales et les bubons. A partir du xvnc siècle, on remarque que les descriptions relatives à l’ergotisme observé en France, en Portugal, en Espagne, en Italie, se rapportent exclusivement à une affection caractérisée* par la gangrène, tandis que les accidents attribués à l’ergot observés en Allemagne, en Suède, en Russie, sont remarquables par la présence, à peu près constante, de convulsions. Il est évident que l’on a donné une seule et même origine à des maladies différentes. Les épidémies dites d’ergotisme ne s’étant plus reproduites dans les temps plus rapprochés de nous, soit que les causes qui les faisaient naître aient perdu de leur activité, soit que le progrès des méthodes d’observation soit venu établir plus de précision dans le diagnostic, il est impossible de nos jours de dissiper l’obscurité dont plusieurs d’entre elles resteront enveloppées. Il est même permis de supposer que, plus d’une fois, on a attribué à l’ergot de seigle ou à diverses altérations des céréales, des états morbides indéterminés dus à toute autre cause. Quoi qu’il en soit, on ne peut renfermer dans un seul et même article l’affection gangréneuse et l’affection convulsive englobées par les auteurs sous la dénomination commune d'ergotisme.

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

Il est parfaitement établi aujourd’hui par l’observation et par les expériences faites sur des animaux, que l’usage alimentaire de farines contenant une proportion notable d’ergot de seigle donne lieu à une série d’accidents dont le plus caractéristique est la gangrène, sous forme sèche ou sous forme humide, qui envahit les membres ou d’autres régions du corps. Longtemps cet empoisonnement a été méconnu et les effets qui en résultent ont été confondus avec d’autres maladies; au moyen .âge, on attribuait cette gangrène à des forces surnaturelles, on s’adressait aux saints pour la guérir et on lui donnait les noms les plus divers : feu sacré , feu de saint Marcel, de la sainte Vierge , de Notre-Dame , de saint Antoine , feu infernal. Plus tard, plusieurs épidémies ayant été observées en Sologne, on lui donna le nom de mal des Solognots ; enfin, Yergotisme gangréneux fut aussi désigné sous le nom de gangrène épidémique , gangrène du seigle ergoté , ergotismus.

Il résulte clairement des recherches des médecins français et allemands, que celte gangrène a régné avant 1630, mais aussi qu’on avait à tort établi des rapports entre l’ergotisme et les pestes du moyen .âge. Thuillier, médecin du duc de Sully, un des premiers observa scientifiquement en Sologne la gangrène due au seigle ergoté. On verra, par l’énumération suivante, combien cette maladie était fréquente dans le cours des deux siècles qui précèdent le nôtre, et avec quelle prédilection elle sévissait sur certaines contrées.

ERGOTISME GANGRÉNEUX. — SYMPTÔMES, MARCHE, DURÉE, TERMINAISON. !0 43

1630, ergotisme en Sologne (Thuillier); 1650, 1670, 1672, 1674, ergotisme en Sologne, dans la Guienne, le Gâtinais (Peraut, DodarL, Thuillier üls); 1709, ergotisme dans l’Orléanais, le Blésois, la Sologne, le Dauphiné, le Languedoc (Noël), à Berne, Zurich, Lucerne (Lung); 1747, ergotisme en Sologne (Duhamel, Arnault de Nobleville, Salerne); 1749, ergotisme aux environs de Lille (Bouchet, Oouvet) ; 1764, ergotisme aux environs de Douai et d’Arras (Lorse et Turanjet); 1770, ergotisme dans le Maine (Bead, Vetillard); 1774-1777, ergotisme dans la Sologne (Teissier); 1813, 1814, 1816, 1820, ergotisme dans le département de la Côted’Or, de l'Isère, delà Saône, de la Loire, de l’Ailier (Courhaut, Janson, Bouchet, François, Gassilland). Depuis cette époque, l’ergotisme n’a été que très-rarement signalé et encore à l’état sporadique, par Bonjean, en Savoie (1844). D’après Millet, quelques cas se seraient montrés dans l’Ailier en 1851 (1).

§ II. — Causes.

On a attribué la maladie qui nous occupe au mélange, avec les graines alimentaires, de différentes plantes, telles que Y ivraie enivrante , la raphaneüe, la mèlampyre, les coquelicots; mais les expériences de Salerne (2), de Bead (3) et de l’abbé Tessier (4) ne laissent aucun doute sur la cause réelle du mal, et sur la propriété toxique de celte production parasitaire du seigle à laquelle on a donné le nom à! ergot ( stroma etconidies du Cordyliceps purpurea, Fries).

On l’a observée surtout dans les contrées qui, comme la Sologne, se distinguent par un sol humide, marécageux, favorable au développement de la végétation crvptogamique. C’est pendant les années pluvieuses, remarquables par leurs mauvaises récoltes, alors qu’on était obligé de moudre du blé humide, que l’on a vu la proportion de seigle ergoté monter jusqu’au quart, au tiers et même à la moitié.

L’assèchement des marais, le drainage du sol, les progrès de l’agriculture, l’introduction de la pomme de terre dans l’alimentation, l’augmentation de l’aisance générale, sont autant de causes qui expliquent la disparition, presque complète de nos jours, des accidents d’ergotisme gangréneux.

§ III. — Symptômes, marche, durée, terminaison.

Le tableau des symptômes offre quelques différences suivant les épidémies-; l’intoxication devait nécessairement être en rapport avec l’altération plus ou moins grande des céréales et la proportion dans laquelle la farine gâtée faisait parLie de l’alimentation des sujets. Aussi l’ergotisme a-t-il été parfois malin , d’autres fois bénin. Après avoir fait usage de pain ergoté pendant une durée qui varie de cinq à quinze et même vingt jours, le mal commence par un sentiment de courbature générale, par de l’anxiété et de l’insomnie; puis viennent des douleurs contusives dans les muscles ou un sentiment de chaleur insupportable, parfois des crampes. Le ventre est plus

(1) Voy. Handbuch (1er speciellen Pathologie und Thérapie Intox icalionen : Zoonosen r tnd Sgphi/is, von G. Ph. Falck, E. Virchow, und F. A. Simon, p. 311 et suiv. Lu bibliographie de l’article Ehgotisjie est très-complète dans cet ouvrage.

(2) Salerne, Mém. de l’ Acad, des sciences , t. II.

(3) Read, Du seigle ergoté. Metz, 1774.

(h) Tessier, Mém. de la Société royale de mcd. Paris, J 77(5, l. I, p. 417; 1778, l. 111, p. 387. — Voy. aussi Aug. Millet, Du seigle ergoté, dans Mém. de T Acad, de mcd., t. XVIII p. 177.

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mu

ou moins météorisé, bien <juc l’appétit persiste encore quelques jours, mais des nausées, des vomissements ne tardent pas à paraître, ainsi que de la diarrhée. Le pouls devient petit et fréquent; la peau est sèche, et, par endroits, offre une rougeur érysipélateuse. La gangrène se montre alors le plus souvent vers les orteils, les doigts, le nez ou ailleurs, tantôt sous la forme sèche, tantôt sous la forme humide. Les malades ressentent un froid glacial qui gagne les membres; le sentiment et le mouvement ne tardent pas à être abolis. Nous croyons inutile de décrire ici les phénomènes de la gangrène, soit sèche, soit humide, qui n’offrent rien de particulier, et dont la marche varie suivant la forme qu’elle a revêtue et suivant qu’elle continue à envahir les parties ou qu’elle se limite. Ordinairement, cette gangrène se bornait à une ou plusieurs phalanges des doigts du pied ou de la main. Parfois un ou plusieurs doigts entiers se séparaient, sans aucun écoulement de sang, et des orteils pouvaient rester dans la chaussure du malade. On a vu les quatre membres envahis à la fois et complètement mortifiés, ou tombant en une sorte de putrilage fétide.

Si la gangrène atteint de vastes surfaces et ne borne pas ses progrès, les malades arrivent dans un état d’advnamie profond et succombent. Si elle se limite et si l’économie est assez forte pour résister à l’abondance de la suppuration, la terminaison peut être heureuse; mais souvent aussi l’excès de suppuration, la résorption purulente, la fièvre hectique peuvent amener la mort. Parmi les sujets qui échappaient aux graves altérations que nous venons d’indiquer, beaucoup traînaient une misérable existence; les uns étaient complètement privés d’un ou plusieurs membres, d’autres restaient paralysés et finissaient par s’éteindre dans le marasme. Dans toutes les épidémies, un certain nombre de cas n’offraient que les symptômes de la première période sans gangrène et se rétablissaient promptement. Il est important de noter que, à part l’intensité, l’ensemble des phénomènes de l’ergotisme gangréneux est identique dans toutes les relations laissées par les observateurs, il est loin d’en être de même en ce qui concerne les accidents décrits sous le nom d’ergotisme convulsif.

§ IV. — Diagnostic.

Il n'est guère possible de confondre la gangrène qui peut survenir par l’ergotisme avec celle que produit la vieillesse (gangrène sénile) ou que détermine l’arlérite. La recherche de la cause et la différence des symptômes suffiront pour écarter toute chance d’erreur.

§ V. — Traitement.

La première indication, lorsque la maladie n’est encore qu’a son début, serait de modifier immédiatement l’alimentation cl de la rendre saine et corroborante, t ne fois la maladie confirmée, on instituerait un traitement analogue à celui de la lièvre typhoïde à forme adynamique, et l’on emploierait pour combattre les désordres locaux les topiques usités dans les cas de gangrène symptomatique. ]

Ô" CONVULSION CÉRÉALE (ERGOTISME CONVULSIl).

[Gaspard Schwenckfeld a donné, en 1603, la première description de la maladie qui a été désignée, en Allemagne particulièrement, sous une foule de noms indi-

( '.ON VULSION C f'.li É ALE .

quant tous l’accident le plus saillant, c’est-à-dire l’état convulsif (À riebelkrankheit). La maladie spasmodique a régné fréquemment soit à l’état épidémique, soit à l’ctat sporadique, dans différentes localités de l’Allemagne et de la Suède, tandis que les médecins de ces contrées ne font pour ainsi dire pas mention de l’ergotisme gangréneux.

Autant il est facile de constater l’origine des accidents gangréneux par l’inspection des céréales et des farines et par les expériences sur les animaux, autant il règne d’obscurité sur les causes qui ont pu donner lieu aux accidents très-variables, spasmodiques ou non, attribués à d’autres altérations des céréales. Les relations qu’on ne peut méconnaître eu lisant certaines observations dites d’ergotisme, d’acrodvnie d’une part, et de trichinose d’autre part, nous portent à supposer que ce terrible parasite, dont la fréquence en Allemagne est si bien constatée, a pu jouer un certain rôle dans plusieurs de ces épidémies. Mais ce n’est pas ici le lieu d’entrer dans les développements que nécessiterait cette opinion. Par ailleurs Th. Roussel (1) a très-légitimement rapproché sous le titre de maladies céréales divers états morbides qui reconnaissent pour cause une altération indéterminée des grains, et -de l’autre la misère et ses conséquences sur l’économie. Pour montrer combien les descriptions de Y ergotisme convulsif diffèrent, il suffira de mettre en présence les principaux traits de quelques-unes de ces épidémies. J. A. Srinc, en parlant de l’épidémie qui ravagea le pays de Wurtemberg en Bohème, en 1736, s’exprime ainsi :

« La maladie commence par une sensation incommode aux pieds, une sorte de titillation ou de fourmillement ; bientôt l’estomac est tourmenté d’une violente cardialgie; de là le mal se porte aux mains et successivement à la tète. Les doigts sent, en outre, saisis d’une extension tellement forte, que l’homme le plus robuste peut à peine la maîtriser, et que les articulations paraissent comme luxées. Les malades jettent les hauts cris et se plaignent d’un feu dévorant qui leur brise les pieds et les mains. Des sueurs très-abondantes ruissellent en même temps sur tout le corps. Après les douleurs, la tète ressent de la pesanteur, éprouve des vertiges, et les yeux se couvrent de brouillards épais. Quelques malades deviennent complètement aveugles, ou voient les objets doubles. Ils per dent la mémoire, chancellent en marchant, comme s’ils étaient ivres, et 11e sont plus maîtres de leurs facultés intellectuelles. Les uns deviennent maniaques, les autres mélancoliques, d’autres sont plongés dans un sommeil constant. Le mal est accompagné d’opisthotonos, et il sort de la bouche une écume sanguinolente, ou teinte d’une couleur jaune ou verte. Souvent la langue était déchirée par la violence des convulsions; chez quelques-uns, cet organe prit une telle intumescence, (pie la voix était interceptée et la bouche laissait échapper une quantité trèsconsidérable de salive. La plupart de ceux qui étaient attaqués d’accidents épileptiques succombaient. Celte pléiade de maux était suivie d’une faim can ne. Lu malade eut, sur les pieds, des taches qui ressemblaient à des piqûres de puces et qui persistèrent pendant huit semaines ; quelques-uns en eurent la face terriblement couverte. Le pouls était comme dans l’état de santé, sans aucune exception. Aux spasmes succédait communément la roideur des membres. Cette maladie durait deux, quatre, huit, quelquefois douze semaines, avec des intervalles de repos. Sur

(1) Voy. Pf,i.i.agre, p. lO'iO.

DES INTOXICATIONS

ciiuj cents personnes qui en furent attaquées, à la connaissance de Srinc, trois cents enfants périrent ; on considérait comme enfants tous ceux qui n’avaient pas atteint l’àge de quinze ans (1). «Dans d’autres épidémies (2), on signale seulement une sorte d’ivresse, des douleurs de tête, des vertiges, des nausées continuelles et une enflure considérable de la face. J. II. Burghard, dans la relations de l'épidémie qui régna dans un canton de la Silésie (1736), dit que les malades auxquels il survenait une fièvre presque continue et d’abondantes sueurs, après les accès de spasmes, guérissaient plus promptement. Ceux qui furent assez heureux pour échapper à la mort, conservèrent pendant longtemps une sorte de roideur et même de paralysie des membres.

On conçoit qu’en présence de divergences aussi grandes et de renseignements aussi obscurs, il est impossible de préciser quelles sont les maladies qui ont été décrites sous le nom d’ergotisme convulsif. Il est par conséquent tout à fait inutile d’énumérer les moyens qui ont été employés dans le traitement d’accidents aussi divers et aussi mal définis. ]

APPENDICE

PARASITISME CHEZ L’HOMME

[Dans le cours de cet ouvrage, à l’occasion des maladies de divers appareils, il a été traité de la plupart des parasites végétaux ou animaux. Tantôt ces parasites, par leur présence, sont l’unique cause des accidents; tantôt l’état morbide du sujet sur lequel ils sont observés n’est qu’une condition favorable à leur développement, et au point de vue pathologique, ils ne jouent qu’un rôle secondaire; tantôt, enfin, ils sont seulement incommodes. Nous avons pensé qu’il serait utile de donner, dans un chapitre à part, une vue d’ensemble des parasites signalés sur l’homme jusqu’à ce jour; pour ceux qui ont déjà été étudiés en détail dans ce livre, nous nous bornerons à une simple mention et à un renvoi au chapitre où il en est traité ; quant à ceux qui n’ont pas trouvé place précédemment, nous exposerons les notions qui peuvent intéresser le médecin praticien.

Parasites végétaux observés chez l’homme (3). — Des organismes végétaux inférieurs peuvent se développer soit sur la peau, en y comprenant les poils et les follicules pileux, soit sur les muqueuses.

Ectophytes.

Trlchopiiytons tonsnrans, Malmesten. — «Le milieu dans lequel se rencontre ce végétal est représenté par la substance même de la racine des poils. On ne sait pas encore si les conditions nécessaires à la reproduction des spores ou cellules qui le forment sont un état d’altération locale ou générale des humeurs, ou si le végétal peut se développer sur un individu bien portant dès que les spores sont arrivés dans le follicule pileux jusqu’à la racine du poil, Toujours est-il que ce n’est pas

(1) Renauldin, Dictionnaire (tes sciences médicales. Paris, 1815, t. XIII, p. 168.

(2) Êphémérides des curieux de la nature, déc. III.

(3) cette énumération est empruntée à Ch. Robin, Histoire naturelle des végétaux parasites qui croissent sur l’homme et sur les animaux vivants. Paris, 1859.

PARASITISME CHEZ 1,’llOMME.

clans celte partie du corps qu’il croit ; il s’éiend plus ou moins haut dans i épaisseui de la substance du poil, et il gonfle celui-ci. Il détermine alors les accidents dont l’ensemble caractérise la teiç/ne tondante ou tonsurante ( herpes tonsurans). » (Ch. Robin.) Voyez Valleix, tome V, p. 617.

Microsporon Audouini, Gruby. — « Il se développe sur la surface des cheveux, en dehors du follicule, depuis le niveau de la peau jusqu’à une hauteur de 1 à 3 millimètres au-dessus de sa surface. Ces cryptogames sont rangés et feutrés de ■ manière à constituer un tuyau autour de chaque cheveu. » (Ch. Robin) (1).

Microsporon mentagroplBytcs, Cil. Robill. — Il habite le follicule pileux lies poils de la face et en particulier de ceux du menton (2).

Microsporon furfur, Ch. Robin. — « Le siège de ce végétal est particulièrement la peau de la poitrine et du ventre. Il peut cependant se développer sur celle des extrémités. On ne le trouve jamais sur les parties laissées à nu par les vêtements, telles que la face, les mains. » (Ch. R.) (3).

Adiorion Scheenlelnii, Reiliak (6).

Enthophytes.

Cryptococcus cerevisia?, Kützing. — « Il se développe dans les liquides de l’œsophage, de l’estomac et de l’intestin. Dans ces cas, tantôt il a été introduit par la lièvre, tantôt il s’est développé dans diverses circonstances pathologiques. Plusieurs observateurs Font rencontré dans l’urine des diabétiques. » (Ch. R.)

Lcptotiirix imccaiu, Ch. R. — « Se rencontre sur la surface de la langue, dans les matières accumulées entre les dents, ou dans la cavité des dents cariées, d’où ce cryptogame passe dans les liquides de l’estomac ou de l’intestin, dans les cas de diarrhée. » (Ch. Robin.)

Oïdium alhicnns, Ch. R. (5).

Animaux parasites observés chez l’homme. — « On nomme épizoaires , les animaux parasites qui se tiennent sur la surface extérieure des animaux, et entozoaires, ceux qui vivent plus profondément dans leurs organes creux ou qui envahissent même leurs parenchymes.

» Cette distinction, dès longtemps établie, est bonne à quelques égards, puisqu’elle est en rapport avec certaines particularités des espèces les plus ordinaires. On sait, en effet, que les pédiculidés , les sarcoptes et beaucoup d’autres encore sont des épizoaires ou des ectoparasites, tandis que les ténias , les ascarides, etc. , sont des entozoaires ou des entoparasites. Mais les particularités auxquelles elle fait allusion ne sont souvent que temporaires, puisque les espèces soit ectoparasites, soit entoparasites, ne le sont souvent que pendant une partie de leur existence. C’est ce qui se présente pour les œstres, de l’ordre des insectes diptères, dont la larve seule vit sur les animaux ou dans leurs organes, tandis que leur nymphe et leur insecte parfait sont extérieurs et libres. » (Paul Gervais et van Beneden) (6).

(1) Voy. Valleix, Teigne pelade, tome V, p. 621.

(2) Voy. Valleix, tome V, Sycosis, p. 513.

(3) Voy. Valleix, tome V, Pityriasis versicolor, p. 573.

(4) Voy. Valleix, tomeV, Teigne faveuse, p. 607.

(5) Voy. Valleix, tome 111, Muguet, p. 336.

(6) Paul Gervais et van Beneden, Zoologie médicale, I. H, p, 293..

PAKASITISMIï CIILZ l.’llOMMI.

Au point (le vue clinique, celte division oU’rant une incontestable milité-, nous nous efforcerons de la suivre dans notre énumération.

Épizoaires.

Poux. — Insectes hémiptères (Burmeister), famille des pédiculidés. genre Pediculus (1).

Puce. — Insecte diptère , famille des pulicidées , genre Pulex.

a. Pulex irritons. — Nous ne dirons que peu de choses de cet insecte, dont la description, au point de vue de l’histoire naturelle, ne saurait être faite dans un livre de la nature de celui-ci. Sa bouche se compose de trois parties : 1° de palpes articulés; 2° de deux lames ou lancettes dentées qui servent à percer la peau et à faire sourdre le sang que l’animal suce au moyen des contractions de son jabot ; 3° d’une gaine dans laquelle se meuvent les lames ou scies perforantes.

Les contrées méridionales en sont surtout infestées. La morsure de la puce produit une tache lenticulaire, quelquefois assez large, rose, au centre de laquelle on voit une petite perforation. Ces piqûres donnent quelquefois lieu à une démangeaison excessive, et la peau, à leur niveau, est le siège d’une légère tuméfaction qui se dissipe rapidement. Ces piqûres, lorsqu’elles sont très-multipliées, ressemblent, au bout d’un certain temps, à des pétéchies, il est avéré que chez les personnes atteintes de certaines altérations du sang, de scorbut, par exemple, la piqûre de la puce devient l’occasion d’une ecchymose ou véritable pétéchie. Les accidents causés par les puces sont trop légers pour mériter l’attention du médecin.

b. Pulex pénétrons (chique )(fig. 106). — « Kst plus petite que la précédente,

Fifi. 1 00. — Fa cliique (Pulex pénétrant) : 1 -‘J, mâle et sa bouche très-grossie ; a femelle el >a

vésicule abdominale.

et elle a les stylets plus allongés dans le mâle, ainsi que 1 abdomen plus développé dans la femelle et susceptible de se renfler en boule après la fécondation, par suite de la turgescence des organes reproducteurs.

» Cette espèce est commune dans les parties chaudes de l’Amérique, au Brésil, à la Guyane, aux Antilles, etc. Les mâles sont encore plus petits que les femelles et ces dernières sont les seules qui s’introduisent sous la peau. Encore ne le iontelles qu’a près avoir été fécondées. Les nègres, qui marchent ordinairement pieds nus, en sont particulièrement atteints et chez eux la chique peut donner lieu à des accidents fort sérieux, en raison de leur incurie.

(1) Vov. Yalleix, tome V, Maladie pédiculaire, p. 601.

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