‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 402 sur 494 · I.PIZ0À1KES · texte numérisé non relu

I.PIZ0À1KES

•> Le pourtour des talons, la plante des pieds, surtout la partie qui avoisine les ongles, constituent l’habitat de prédilection de cet insecte chez l’homme.

» Dès que l’animal a pénétré sous la première couche de la peau, c’est d’abord une démangeaison légère, une espèce de chatouillement qui n’est pas désagréable. Ce chatouillement subit pour ainsi dire une intermittence, du moins il est plus fort par intervalle.

» Si l’on examine bien la partie, on voit un point noir comme un petit grain de poudre sous la peau, c’est la tète de la chique. Elle se creuse une loge, absorbe les liquides des tissus, car son ventre se distend considérablement (lig. 107).

» La démangeaison augmente, devient même insupportable pour l’Européen et le créole blanc à peau délicate, lisse trouvent souvent surpris, pendant la nuit, par une exacerbation dans le prurit ; alors tout sommeil devient impossible et l’extraction de la chique est nécessaire, Fig. 107. — cinquo fécondée, séance tenante.

» Si la chique n’est point enlevée, le prurit finit par diminuer, par cesser même. Voici alors ce qui se passe : le petit point noir pâlit un peu et s’entoure d’une tumeur blanchâtre. Celte tumeur, formée par l’abdomen de l’animal, contient les œufs qui, en se développant, distendent leur poche. Cette distension enflamme la peau, la rend douloureuse. Les tissus qui entourent l’abdomen, converti en un véritable kyste par la mort de l’animal, s’enflamment aussi, s’infiltrent de sérosité et isolent ainsi le kyste qui a le volume et la forme d’un pois vert ordinaire. Si ce kyste est enlevé en entier, on voit après quelques minutes la poche se contracter et expulser les œufs par un petit trou.

» La thérapeutique de la chique, c’est-à-dire son extraction, est du domaine des mulâtresses et des négresses auxquelles s’adresse même le médecin visité par un de ces parasites. Armé d’une épingle, l’opérateur éraillé légèrement la peau qui recouvre le kyste, cherche à le contourner et à le dégager sans le rompre. L’opération n’a rien de désagréable pour le patient. On ne saurait pourtant trop prendre de précautions. Un opérateur peu habitué à cette extraction, peut attaquer d’emblée le point noirâtre qui est la tête de l’animal ; cette partie se rompt. Une traction sur le kyste, avant qu’il soit bien dégagé, a aussi pour effet de le détacher incomplètement ; de celte manière, un des lambeaux ou la tête et les pattes de l’insecte restent dans la plaie et contribuent à produire des ulcères de mauvaise nature, ulcéra cucoelhica excitât , avait dit Linnæus.

» La cuisson est légère, et quand l’opération est bien faite, le plus souvent, tout est guéri en vingt-quatre heures.

» Nous n’avons parlé, jusqu’ici, que de la chique à l’état solitaire chez l’homme et nous avons vu combien il était facile de se débarrasser de cet incommode visiteur. Mais chez le nègre, les pieds sont quelquefois envahis par de nombreuses chiques. On comprend que, d’emblée, le travail inflammatoire sera plus considérable, et pour peu (pie l’extraction soit mal opérée, incomplète, la plaie aura une grande tendance à s'ulcérer. » (Brassac) (1).

(1) Brassac, Noir sur la chique (P utex pénétrons), i nArrh. tir méd. navale, t. IV, p. 510.

PARASITISME CHEZ L’HOMME

'l'iquca) ( Arachnides , acarims , genre l xocles). — • Les tiques s’attachent à la peau de divers animaux, principalement des chiens, des bœufs, chevaux, daims, etc., et dans quelques cas, ont été trouvées sur la peau de l’homme. Ces animaux sucent le sang en enfonçant leurs appendices buccaux dans le derme, et leur corps acquiert, par le sang qu’ils aspirent, un volume considérable. On s’en débarrasse facilement et nous ne les mentionnons que comme curiosité.

Btougct. — Le rouget ( Leptus autumnalis ) est un petit animal acarien, pourvu de huit pattes, qui se trouve sur les tiges des graminées et les feuilles sèches, sur certains arbrisseaux des jardins, et qui s’attache à la peau de plusieurs animaftx domestiques et de l’homme lui-môme. Il est très-petit, difficile à apercevoir, d’une couleur rouge écarlate. Cet animal se montre surtout vers le milieu de l’été. Il s’attache à la base des poils et se rencontre sur les jambes, les cuisses et le basventre. Les enfants et les femmes en sont surtout atteints. Sa morsure ou piqûre; qui a lieu à l’aide d’un suçoir, produit de vives démangeaisons. Plusieurs auteurs citent des cas d’exanthèmes et d’affections vésiculeuses produits par cet animal. Les bains et les frictions avec des corps gras sont des moyens sûrs de s’en débarrasser.

Sarcopte. — Arachnide de la famille des acariens (1).

Dcmodex foilicuiorum. — Arachnide dégradée, à forme helminthoïde.

Nous renvoyons le lecteur, pour la description et la figure, aux Eléments de zoologie médicale de Moquin-Tandon. On rencontre les dernodex dans les conduits normaux ou dilatés des glandules sébacées, particulièrement des ailes du nez ; ils sont mêlés à la matière sébacée. Ces animalcules vivent aussi dans les follicules du duvet du nez. Ils ne déterminent aucun phénomène morbide sérieux. Quand les démodex sont nombreux, la peau devient rouge et ridée ; elle s’enlle. Les orifices des follicules se montrent alors très-dilatés, et des démangeaisons ont lieu.

l'ilairc ou lïrngonneiui. — C’est u n \qv (IVemutoides) blanc, cylinch ique, extrêmement long, filiforme ; sa bouche est ronde et porte quatre épines en cioix. On a vu de ces vers longs de êO centimètres et même de 75. Lépaisseui du coips est d’à peu près 2 millimètres (Gervais et van Beneden). Ce ver est originaire des régions intertropicales de l’ancien continent, surtout de 1 Afrique (côte de Guinée et Sénégal). C’est habituellement à la jambe, au niveau de la malléole, que l’on trouve ce ver; mais on en a rencontré aux cuisses, au scrotum, a la poitiine. Il donne lieu à une légère tuméfaction, puis à une démangeaison vive; la peau rougit, se tend, et quelquefois il se forme un abcès très-douloureux. Si cet abcès souvie, on peut distinguer à travers l’ouverture les mouvements ou la forme du vei, que l’on doit chercher à extraire en entier, car s’il vient a se rompre, 1 opéiation est a recommencer ét dans des conditions moins favorables. Quelquefois on peut voir la forme du ver se dessiner à travers la peau. En pareil cas, il est quelquefois indiqué de pratiquer une incision et d’extraire le ver par une traction modelée et

graduée.

Ces animaux sont vivipares et il est important de ne pas les déchirer ou les inciser lorsqu’on veut les extraire.

On ignore de quelle façon ils s’introduisent sous la peau.

(1) Voy. Yalleix, tome V, Gale, p. 388.

ENTOZOAlRLS.

Nous ne décriions pas ici la filairc de l’œil, nous renvoyons le lecteur au Traité des entozoaires de Davaine.

Larves de diptères. — Ce sont surtout les larves de diptères et particulièrement de muscides et d 'œstrides, que l’on rencontre accidentellement comme parasites de l’homme, soit à l’entrée des voies naturelles, soit dans l’épaisseur des téguments, soit au voisinage des plaies mal soignées, ou donnant lieu à une suppuration fétide. Parmi les muscides , nous signalerons spécialement les larves de la Muscavomitoria ou de la Musca carnaria. Ilope(l) a publié de nombreuses observations de cette nature. Sur cent huit cas contenus dans son mémoire, quarantetrois se rapportent à des larves de mouches.

Dans ces dernières années, les médecins de la marine et surtout le docteur Coquerel (2), naturaliste distingué, a appelé l’attention sur les accidents produits dans les pays chauds parla Lucilia hominimrax. Pour la description et la figure, nous renvoyons le lecteur à la Zoologie médicale de Moquin-Tandon (p. 222). Les œufs de cette mouche, introduits dans les fosses nasales, se transforment en larves qui pénètrent dans les anfractuosités formées par les cornets, dans les sinus maxillaires et frontaux, s’avancent jusque dans l’arrière-gorge et même dans les paupières et l’épaisseur des joues. Quand elles ont atteint leur entier développement, ce qui a lieu ordinairement au moment où le malade succombe, quelquefois un ou deux jours auparavant, elles abandonnent leur proie.se répandent en dehors pour subir leurs métamorphoses ultérieures. Elles se transforment très-promptement en nymphes qui, après huit jours, donnent des mouches. Le gonflement de la face, du nez, des paupières, la teinte livide de ces parties, une douleur vive et la gène de la respiration, les épistaxis, un écoulement séuo-sanguinolent par les fosses nasales, la bouche, sont les symptômes qui accompagnent celte affection. Le camphre pulvérisé et prisé, la benzine, l’essence de térébenthine, sont les seuls agents à opposer avec quelques chances de succès au développement de ces larves si dangereuses.

Dans les contrées tropicales de l’Amérique, à la Guyane, au Brésil, les animaux domestiques et les hommes qui vivent près des besliaux ou dans les forêts portent souvent des tumeurs volumineuses, occasionnant parfois de graves accidents, qui sont dues au développement de larves à'œstrid.es déposées par les insectes parfaits appartenant aux nombreuses espèces américaines du genre Cuterebra. A Cayenne, on donnait autrefois à ces larves le nom de vers macaques. D’après Arture, médecin du roi dans cette localité en 1753, les habitants s’en débarrassaient en appliquant des feuilles de tabac sur la tumeur qu’elles déterminaient.

Enlozoaires des muscles volontaires et de l’intestin.

[Triciiiua spiralis, R. Owen (de Qp\^, rpi yoç, cheveu). • — Ver de l’ordre des nématoïdes , formant une famille, un genre et une espèce dont il est le type.

(1) Hope, On Insects and their larvœ occasionully found in the human body ( Transact . die Enlomological Society. London, 1840). — . Voyez aussi Paul Gervais et van Bcneden,

ouvrage cité, p. 397.

(2) Coquerel, dans les Mémoires de la Société de biologie, et Audouit, thèse de Paris, mars 1864.

PARASITISME CHEZ L’ilOAIME.

Historique. — La découverte des trichines appartient, sans contredit, à Hilton, médecin de l’hôpital de Guy, à Londres. Ce médecin rencontra en 1832 les capsules qui entourent les trichines des muscles à une certaine phase de leur évolution, dans les muscles d’un malade qui avait succombé à une affection cancéreuse; il crut avoir affaire à de très-petits cysticerques (1). A peu près à la même époque, l’aget reconnut que les capsules renfermaient un ver nématoïde. Owen, le premier, après une étude attentive, donna le nom de Trichina spiralis à l’entozoaire découv ert par Paget (2). Les travaux d’Owen sont à peu près exclusivement descriptifs; il pensait que les trichines ne donnent lieu à aucun phénomène morbide, et qu’elles peuvent tout au plus déterminer un certain état d’affaiblissement.

De 1855 à 1860, les expériences de Leuckart (3), Zenker, Kiickenmeister (fi) et Virchow, vinrent jeter une véritable lumière sur l’émigration des trichines de l’intestin dans les muscles, mais on ne prévoyait pas jusque-là les accidents formidables qu’elles pouvaient déterminer chez l’homme.

Description. — « l ne trichine parvenue à son entier développement, a l’aspect d’un petit verre cylindrique, et ressemble à un ver de terre, son extrémité antérieure plus effilée, correspond à la bouche; de cet orifice buccal part un canal central mince, l’œsophage, qui l’enveloppe bientôt d’une couche de tissu cellulaire. (Je tissu cellulaire remplit une grande partie du corps. L’œsophage se continue avec le canal intestinal qui vient s’ouvrir à l’extérieur par une partie légèrement renflée. La plus grande partie de la face postérieure est occupée par les organes génitaux. (Virchow. )

« Lorsqu’un animal, quel qu’il soit, contient des trichines logées dans ses muscles, elles s’y trouvent généralement enveloppées dans une petite capsule formée, à l’intérieur, d’une membrane lisse et transparente, et plus tard, à l’extérieur, d’un petit dépôt calcaire qui les entoure plus ou moins complètement. Elles révèlent alors leur présence par de nombreux petits points blancs assez souvent visibles à l’œil nu et qu’on distingue surtout fort bien avec une loupe grossissant dix fois.

» Si l’animal qui contient ces trichines vient à être mangé par un carnivore, les sucs gastriques et intestinaux dissolvent cette enveloppe et les trichines deviennent libres; de l’état de larves où elles étaient, elles atteignent rapidement leur développement complet. Les femelles sont fécondées par les mâles et les embryons ne tardent pas à naître.

« Lorsque la fonction génératrice est accomplie par les trichines, elles meurent et leurs cadavres sont expulsés de l’extérieur en même temps que les matières fécales.

» Les jeunes embryons, dont le nombre est immense, plusieurs milliers quelquefois, restent peu de temps dans l’intestin ; obéissant bientôt à leur instinct, ils le perforent, pénètrent dans la cavité abdominale et passent de là dans tous les muscles du corps, mais en gagnant de préférence les régions supérieures, ils ne

(1) Hilton, London medical Gazette , 1833, t. II, febr. 005.

(2) Pa,ret London and Edÿhburgh philosophicul Magazine, 1835, t. VI, p. 142, 24 l<iv.

(3) Leuckart, Wiegmann’s Archiv, 1857. — Archiv für Wisscnschaftliche Heilkunde

Kiickenmeister, Die in und an dem Koerper de. s lebenden Menschen vorkommendea Parasiter) , 1855, t. t, p. 268 — Vircliow’s Archiv, t. XVIII, 1860, p. 330, 335.

Page 1