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TRICHINOSE. — DÉFINITION, SYNONYMIE, FRÉQUENCE

s’arrêtent que lorsqu’ils trouvent une résistance qu ils ne peuvent vaincre, aussi les observe-t-on spécialement au voisinage des os et du tendon. Lorsqu’ils sont arrivés au terme dejeur immigration, ils s’arrêtent, se logent dans une des fibres du muscle et s’enveloppent, à leur tour, d’une capsule où ils séjournent un temps indéfini, plusieurs années; ils y meurent, à moins que l’hôte qui les loge ne soit mangé à son tour, ce qui permet alors aux trichines de la nouvelle génération, une évolution semblable à celle des vers qui les ont engendrées. (Scoutetten) (1).

» Le siège habituel des trichines enkystées est dans les muscles des membres et du tronc, surtout vers les insertions tendineuses et aponévrotiques ; on en trouve jusque dans les muscles des veux et des oreilles ; mais elles s’accumulent en grand nombre dans le diaphragme, les muscles de la partie postérieure du cou, dans le biceps, le deltoïde, etc. Jusqu’à présent on n’a point trouvé de trichines enkystées dans les libres charnues du cœur, mais on en a rencontré dans cet organe lorsqu’elles étaient encore à l’état d’embryon. » (Scoutetten.)

Le porc est un des animaux servant à l’alimentation de l’homme qui se trichinisc le plus facilement. Ce fut le professeur Leitly qui, en l’année 1857, en Amérique, découvrit le premier la trichine chez le porc. Le chat et le lapin se trichinisent aussi très-facilement et complètement. Le veau est susceptible d’infection artificielle; le mouton peut être trichinisé, mais difficilement. Le lièvre est facilement infecté. Les oiseaux ne se trichinisent jamais , il en estdc même des animaux à sang froid (2).

Phénomènes morbides que déterminent les trichines chez l’homme (trichinose).

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

En France, on a successivement désigné par le nom de trichiniasis, trickiniase, trichinose , l’ensemble des phénomènes morbides auxquels donne lieu la présence de ce ver dans l’organisme. La dénomination de trichinose plus euphonique est généralement adoptée (ail. Trichiniasis, Trichinenkrankhei t ; angl. The new disease).

Dans les paragraphes précédents nous avons montré que jusqu’à la fin de 1859, on ne se doutait pas encore des ravages que les trichines, étudiées avec tant de soin, au point de vue de l’histoire naturelle, pouvaient exercer chez l’homme. C’est à Zenkerquc revient l’honneur d’avoir signalé le premier (1860) les dangers deleur immigration dans le système musculaire.

«Une jeune fille avait été admise, le 12 janvier 1859, à l’hôpital de Dresde, pour une affection dont les principaux symptômes paraissaient se rapporter à une lièvre typhoïde. On remarqua bientôt qu’elle présentait, en outre, du coté du système musculaire, des accidents singuliers. Les extrémités étaient le siège d’un endolorissement considérable ; les fléchisseurs des jambes, des avant-bras, étaient contracturés. Il survint un œdème considérable des jambes, puis des symptômes de pneu-

(1) Scoutetten, Etudes sur les trichines et sur les maladies qu'elles déterminent chez l'homme. Paris, 186G.

(2) Voyez, sur ce sujet, le magnifique ouvrage tic H Alex, ragenstecher et J. Fuchs : Die Trichinen. Leipzig, 1805.

PARASITISME chez l’homme.

monic, et lu malade succomba le 27 février. Ou trouva à l'autopsie un nombre considérable de jeunes trichines dans la plupart des muscles striés de l’économie, dont les faisceaux avaient perdu en grande partie leurs stries et se brisaient avec mie grande facilité, Le jéjunum contenait des trichines mâles et femelles ayant acquis leur développement complet et un certain nombre d’embryons. Ce faitsuffisait à lui seul pour démontrer que les trichines ne se comportent pas autrement chez l’homme que chez le porc, le lapin, etc. En allant aux renseignements, on constata que les trichines existaient en grand nombre dans un jambon provenant d’un porc qui avait été tué le 21 décembre dans la maison où la malade était alors placée comme domestique. Plusieurs personnes qui avaient mangé de la viande de ce porc, étaient tombées malades. On avait attribué les accidents qu’elles avaient éprouvés à un catarrhe gastro-intestinal, ou à une fièvre typhoïde. Le boucher avait été atteint plus gravement : parmi les accidents qu’il avait présentés et que l’on avait attribués à une goutte anomale, on avait remarqué des douleurs et une roideur particulière de la nuque et des membres qui étaient comme paralysés.

» Ainsi, du même coup, Zenker faisait cesser la sécurité trompeuse dans laquelle on avait vécu jusqu’alors, il indiquait les principaux caractères nosologiques, il faisait connaître la source la plus habituelle de la maladie, et il la montrait déjà se manifestant sous la forme d’une petite épidémie (invasion collective).

» L’observatition de Zenker (1) eut un immense retentissement en Allemagne. Elle fut reproduite immédiatement par tous les journaux de médecine, et bientôt affluèrent de tous les côtés, non pas seulement des observations isolées, mais des relations de véritables épidémies de trichinose, dont quelques-unes peuvent figurer parmi les calamités les plus affligeantes dont les populations peuvent être frappées.» (Fritz) (2).

L’ensemble des documents publiés depuis la découverte de Zenker jusqu’à la lin de l’année 1865, porte à deux mille au moins les cas de trichine qui se sont produits presque tous en Allemagne, en moins de cinq ans, et ce chiffre est certainement inférieur à la réalité. L’émotion bien naturelle causée par ce danger nouvellement révélé qui menace l’homme, a suscité une foule de travaux dont nous ne pouvons donner ici l’énumération (3).

De ce que l’on ne connaît l’existence de la trichine que depuis 1832, de ce que l’on a constaté depuis cinq ans, seulement, les accidents que ce nématoïde détermine, ce serait une profonde erreur, selon nous, de penser que l’on soit en présence d’une maladie nouvelle. La trichinose doit remonter au jour où l’homme a mangé, pour la première fois, de la chair musculaire imparfaitement cuite d’un porc trichinisé. L’espèce trichine est indubitablement contemporaine de l’espèce de mammifère dans laquelle ses embryons rencontrent les conditions les plus favorables

(1) Yirchow’s Archiv fur pathologische Anatomie , l. XVIII, 1860, p. 564.

(2) Fritz, Les trichines, in Gaz. hebdom. de médecine et de chirurgie, 20 avril 1866.

(3) Le lecteur trouvera dans l’article de Fritz (Gaz. hebdom.) une bibliographie étendue. ÎSous signalerons seulement ici : Lasègue, De l’état actuel de la science sur les trichines de l’homme (Arcli. gén., décembre 1862). — Virchow, Des trichines, trad. d'Onimus. Paris, 1864. — Kestner, Études sur la Trichina spiralis. Paris, .1864. — OEthaus, On poisoning bg diseased Pork. London, 1864. — Rodet, De la trichine cl de ta trichinose. Paris,

1 866. — Scoutelten, Étude sur les trichines. — Lebert, Lettres sur les maladies provoquées par les trichines , in Gazette médicale de Paris , mars, mai 1866.

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