DESCRIPTION DES SYMPTÔMES
COÏT RE EXOPHTHALMIQÙE. —
sauce n’est pas terminée, on les voit grandir avec une prodigieuse rapidité et leurs forces augmenter d’une manière soutenue. Ces bénéfices d’une lionne nutrition peuvent disparaître lors du retour de nouveaux paroxysmes ; mais ordinairement les paroxysmes s’éloignent à partir du moment où la nutrition a commencé à se rétablir.
» La plupart des femmes qui sont affectées de la maladie de Graves ont de l’aménorrhée. Chez elles, au début, la menstruation est troublée, bientôt supprimée, et l’issue heureuse de la maladie ne doit être espérée qu’à partir du moment où la fonction menstruelle est bien rétablie. C’est là un signe pronostique d’une grande importance. L’aménorrhée est accompagnée de leucorrhée quelquefois trèsabondante, et cette complication \ient encore ajouter aux causes d'affaiblissement déjà si nombreuses. »
On observe, en même temps, chez la plupart des sujets, une anémie plus ou moins profonde, qui se montre même quelquefois dès le début, et à laquelle quelques auteurs accorderaient volontiers un rôle étiologique dans la maladie de Graves, mais qui n’est pas nécessairement liée à cette affection dont Tessier (de Lyon) a fait connaître récemment quatre cas exempts de toute trace d’anémie : les malades paraissaient avoir une belle et riche constitution, ils avaient de l’embonpoint, une grande vigueur musculaire et de plus le sentiment de leurs forces.
Souvent, chez les malades affectés de goitre exophthalmiquc, on observe les troubles nerveux les plus variés, tels que pica, hémicrânie, vertiges, bruissements dans les oreilles, attaques hystériformes, état habituel d’excitation, etc., tous phénomènes qui peuvent d’ailleurs faire complètement défaut.
Plusieurs cas se sont terminés par la mort. Les forces ont alors diminué progressivement et la cachexie est devenue de plus en plus profonde. L’anasarque sans accompagnement d’albuminurie, la bronchite, la congestion pulmonaire, la pneumonie lobulaire, telles sont les affections qui, le plus communément, ont précédé et peut-être déterminé l’issue funeste. La .marche du goitre exophthalmique revêt dans certains cas une forme lente, tantôt, au contraire, une forme aiguë, rapide. Chacune de ces formes a ses paroxysmes, lesquels peuvent ne revenir qu’à de longs intervalles, plusieurs mois, plusieurs années, et varier à l’infini dans leur durée et leur gravité, tandis que d’autres reviendront tous les mois ou plusieurs fois par mois (Trousseau). « Lorsque la maladie est dans sa période d’état, il peut y avoir plusieurs fois par jour des poussées vers les yeux et le corps thyroïde, avec redoublement des battements cardiaques. »
Dans quelques cas, « la maladie, après avoir augmenté pendant plusieurs mois, peut rester stationnaire pendant un an, deux ans; puis les paroxysmes cessent de se manifester ; alors commence la période de déclin ; les battements de cœur deviennent moins fréquents, moins intenses ; les yeux perdent leur saillie et leur éclat sauvage; la bronchocèle diminue de volume, présente moins d’élasticité, elle revient sur elle-même, se durcit, et sou tissu érectile, suivant l’expression de Graves, devient de moins en moins apte à se laisser distendre par l’alllux sanguin. Il est rare que la maladie rétrocède complètement, elle recule, mais il reste toujours du gonflement avec induration de la glande thyroïde ; les yeux sont plus saillants qu’à l’état ordinaire.
» Quant aux différents bruits de souille perçus dans la glande et dans les vais-
1NCERTÆ SEDIS.
seaux du cou, ils peuvent disparaître entièrement, ainsi que ceux du cœur. La diminution des phénomènes locaux est précédée de la disparition des phénomènes généraux, les fonctions de l’estomac et de l’intestin sont redevenues normales, les bizarreries de caractère n’existent plus, et les malades ont repris le cours de leurs occupaiions habituelles. La maladie, chez les femmes, semble se juger par le retour des règles ou par la grossesse. » (Trousseau. )
Des cas aussi heureux ne sont pas les plus ordinaires ; et, dans le cours des paroxysmes, le malade est exposé à divers accidents, dont quelques-uns peuvent avoir une gravité très-grande. De ce nombre sont les accès de suffocation , d’autant plus redoutables que la trachéotomie , qui devient alors le seul moyen de soustraire le malade à une asphyxie menaçante, est elle-même fort dangereuse en raison de la grande vascularité du goitre exophthalmique et des éventualités d’une hémorrhagie qui peut, en quelques instants, devenir mortelle. Cette hémorrhagie traumatique, provoquée par une situation grave, n’est pas la seule à laquelle les malades soient exposés : il existe, en effet, des exemples de terminaison fatale par hémorrhagies pulmonaires , intestinales , méningées (Hirsch, Praël), ou cérébrales (Trousseau).
La terminaison par la mort peut être le dernier degré d’une cachexie avancée. L'anémie , qui a été la conséquence des troubles digestifs, est quelquefois si grande, que les malades sont pris de fièvre hectique, ou bien, affaiblis depuis longtemps, ils deviennent accessibles à toute cause morbide, et succombent à quelque maladie intercurrente. L’anasarque sans accompagnement d’albuminurie, la bronchite, la congestion pulmonaire, la pneumonie lobulaire, telles sont les affections qui, le plus communément, ont précédé et peut-être déterminé l’issue funeste.
Quoique, par contre, on puisse citer d’assez nombreux exemples d’une terminaison heureuse (Charcot), et nous avons déjà indiqué la marche que suit en pareil cas la maladie, on ne doit pas, au point de vue du pronostic, oublier que les récidives sont fréquentes, et que tel malade, qu’on avait pu croire radicalement guéri pendant des mois, des années même, a été ensuite repris des accidents caractéristiques, et a fini par succomber. Il ne faut pas, non plus, s’attendre à voir toujours le goitre et l’exophthalmie disparaître, même dans les cas les plus heureux, et alors même que les palpitations ont depuis longtemps cessé. Ces deux affections peuvent en effet persister, malgré la guérison, comme des traces indélébiles de la maladie (Charcot).
§ III. — Anatomie pathologique, étiologie et physiologie pathologique.
La nature des symptômes observés pendant la vie devait naturellement guider dans la recherche des lésions anatomiques; aussi, s’est-on adressé surtout au cœur , au corps thyroïde et à l 'appareil de la vision, dans les divers examens nécroscopiques que l’on a pu pratiquer. C’est seulement dans quelques cas, rares encoie, que l’on a étendu plus loin les recherches dont nous allons maintenant exposci les résultats.
Cœur. — « Dans la plupart des autopsies, le cœur a été trouvé volumineux; les parois des ventricules étaient tantôt d’une épaisseur à peu près normale, tantôt, mais plus rarement, très-fortement hypertrophiées. Leur tissu musculaire était souvent flasque et ramolli, parfois étouffé par des accumulations graisseuses. Les cavités ventriculaires, habituellement distendues, l’étaient quelquefois à un haut degré.