FONGOSITÉS INTRA-UTÉRINES
[ La description de cette affection est toute moderne, et nous la présentons ici comme une sorte d’appendice à la métrite interne.
Récamier (1) a, le premier, indiqué ces fongosités ; en inventant la curette intrautérine , il témoignait de la connaissance qu’il en avait, mais il ne les a décrites nulle part avec précision. Après lui, Alph. Robert (2) pratiqua Y abrasion de fongosités utérines, Charles Robin (3) en donna ensuite une description; mais les travaux les plus importants que nous connaissions sur ce sujet sont ceux de Rouyer (h) et de Goldschmidt (5). Nouât, Aran, Alfr. Becquerel, Uuguier, ont aussi parlé des fongosités utérines, dont plusieurs médecins ont nié l’existence.
Lebert (6), en particulier, dans les fragments qu’il a examinés, n’ayant jamais trouvé autre chose que les glandules et les autres éléments normaux de la muqueuse utérine, et rien ne lui démontrant qu’il y ait eu dans ces utérus autre chose qu’un léger gonflement catarrhal de la muqueuse, persiste à croire, jusqu’à preuve du contraire, que dans tous les cas, il ne s’agit que du grattage de la muqueuse elle-même, dont les fragments avaient été enlevés au moyen de la curette. Si l’on a pu, par celte manœuvre, soulager quelques malades, il lui paraît cependant dangereux d’entrer ainsi en aveugle dans la cavité de cet organe, et d’y opérer le grattage, et comme « on pourrait parfaitement y rencontrer un produit de conception, on conçoit qu’au lieu d’une amélioration problématique, on pourrait déterminer des accidents graves; c’est donc une méthode à abandonner ».
Malgré l’opinion négative de Lebert, qui porte sur des pièces provenantd’opérations pratiquées sur le vivant, les observations de Rouyer et les planches de Ferrier témoignent de la réalité anatomique des fongosités utérines, et les recherches micrographiques de Lebert démontrent seulement que cet observateur n’a vu que des fragments de
(1) Récamier, Recherches sur les maladies vaginales et utérines, etc., note lue à l’Académie de médecine les 7 février et IA mars 18 A 3 ; — Mémoire sur les productions fibreuses et fongueuses intra-uté"ines (Union médicale, 1er, A, 6 et 8 juin 1850).
(2) Alph. Robert, Bulletin de thérapeutique, t. XXXI, p. 3AA ; — Thèse citée sur les granulations du col de l'utérus, 18A8.
(3) Ch. Rubin, Arch. gén. de méd. 18A7, t. XVII.
(A) Rouyer, Etude clinique sur les fongosités de la muqueuse utérine (thèse inaugurale. Paris, 26 août 1858).
(5) Goldschmidt, Des fongosités de la cavité de l'utérus, thèse inaugurale. Strasbourg. 21 janvier 1 859.
(G) Lebert, Traité d’anat. patholog. Paris, 1860, in-folio, t. 11, p A32.
fongosités intra-utérines.