FONGOSITÉS INTRA-UTERINES. — SYMPTÔMES
Le tableau suivant indique la fréquence des cas où l’origine du mal parait avoir été constatée avec une certaine précision :
De 20 à 25 ans '* cas>
45 à 50 jj
Au delà de 50
Total 30 cas. (Goldschmidt.)
Hérédité. — Selon Rouyer, A. Nélaton aurait eu occasion d’observer plusieurs fois des fongosités utérines chez des femmes dont les mères avaient présenté les symptômes de la même affection.
Grossesses antérieures. — Les fongosités se sont presque toujours développées chez des femmes qui avaient eu des enfants ; le tableau suivant, composé par Goldschmidt sur le plan donné par Rouyer, mais avec un plus grand nombre de faits, donnera une idée de l’influence de la grossesse :
Femmes n’ayant pas eu de grossesse 2 cas.
— ayant eu des avortements 6
— — un accouchement 12
— — deux — •>
— — trois — h
— — des couches laborieuses h
Total 3 h cas.
Cependant ce total doit se réduire à 25, parce que 9 femmes figurent en même temps dans les trois catégories d’avortements, d’accouchements et de couches laborieuses.
Richet a remarqué que chez toutes les malades dont il avait pu recueillir l’histoire, l’accouchement ne remontait pas au delà de deux ans.
Ces notions témoignent de l’influence d’une métrite antérieure sur le développement des fongosités utérines.
Les auteurs qui ont décrit avec le plus de soin les fongosités intra-utérines, leur attribuent tous les symptômes observés chez les malades, tels que : dérangements dans la menstruation, pesanteur dans le bassin, tiraillements dans les lombes, les jambes, les aines, points douloureux au sacrum, dans les fosses iliaques, au lombes, etc. Mais il nous semble que l’on s’est abusé à cet égard : ces symptômes sont communs à toutes les maladies utérines ; ils dépendent de la congestion de l’organe et du retentissement de ses lésions vers les nerfs; ils appartiennent bien plutôt à la métrite qui a déterminé les fongosités qu’aux fongosités elles-mêmes ; enfin, ils ne servent qu’à attirer l’attention du côté de l’utérus, bien plutôt qu‘à établir le diagnostic des fongosités.
Les douleurs et les hémorrhagies sont les deux seuls symptômes qui semblent avoir de 1 importance.
Les douleurs sont rarement vives ; elles sont sourdes, irrégulières, intermittentes, et elles reviennent de préférence aux époques menstruelles ou après cette époque.
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MALADIES DES FEMMES
(Alpli. Robert) ; elles affectent souvent le caractère de douleurs d'expulsion, semblables à celles que nous avons décrites dans la dysménorrhée avec décollement de la muqueuse utérine.
Ce sont surtout les hémorrhagies qui caractérisent les fongosités, et cela ne doit pas étonnei, cai, en somme, les fongosités ne sont que des bourgeons vasculaires semblables à ceuv des vésicatoires ou des plaies en suppuration, et l’on sait combien il faut peu de chose pour faire saigner ces bourgeons. Aussi les écoulements de sang sont pi esque continus, et ils amènent un rapide dépérissement que l’on attribue mal à propos aux fongosités elles-mêmes.
Quant aux écoulements blancs, nous n’en parlerons pas; ils résultent plutôt de la métrite interne que des végétations elles-mêmes.
On a considéré comme complications les granulations du col, l’augmentation du corps de l’utérus, le ramollissement du tissu de cet organe, l’agrandissement de sa cavité, les Ilexions, versions, etc. Mais ce sont aussi, selon V. Racle, des résultats de la métrite dont les fongosités ne sont également que des éléments anatomiques.
§ IV. — Marche, durée, terminaison.
11 est probable que les fongosités utérines ne tendent pas à la guérison spontanée, car on en a observé chez des femmes de plus de soixante et dix ans, et il est probable quelles s’étaient développées pendant la période génitale. Mais peut-être doit-on penser qu’à l’époque de la ménopause, les hémorrhagies tendent à se supprimer d’elles-mêmes, les congestions menstruelles ayant cessé ; alors les fongosités pourraient persister à titre de lésion anatomique et de stigmates d’une métrite guérie, mais sans donner lieu désormais à aucun symptôme sérieux.
Si ce mode de terminaison est possible, il n’en faut pas moins convenir que, dans la plupart des cas, les malades dépérissent, s’épuisent par les hémorrhagies continues et répétées, et qu’elles finissent par présenter tous les caractères de la chloro-anémie. Rien ne répugne même à admettre que la mort puisse en être la conséquence, mais on n’en a pas encore observé d’exemples.
§ V — Diagnostic, pronostic.
Le diagnostic se confond en quelque sorte avec la thérapeutique. En effet, c’est par l’introduction de la curette utérine que l’on peut avoir la démonstration de l’existence de l'affection. Si, chez une femme qui a une mélrorrhagie, la sonde utérine ou la curette fait reconnaître l’agrandissement de la cavité utérine, l’absence de polypes , et si elle ramène facilement des lambeaux de muqueuse où l’on aperçoive les glandes utriculaires, le diagnostic sera établi. Les polypes et les corps fibreux volumineux donnent au corps de l’utérus un développement proportionnel, et finissent par effacer et entr ouvrir le col. Le cancer se reconnaît à son écoulement sanieux. Une grossesse commençante avec menace d' avortement détermine du côté de l’estomac et des mamelles, des phénomènes sympathiques qui n’existent pas ici ; et de plus les progrès de la grossesse elle-même lèvent bientôt tous les doutes.
La terminaison par la mort n’est pas à craindre; cependant le pronostic est sérieux, en ce sens que, jusqu’à la ménopause, on ne doit pas espérer une guérison