HYPERTROPHIE DU COE DE I. 'UTÉRUS. •*— SYMPTÔMES
I lutioii. En général, chez les filles et chez les femmes encore jeunes qui n’ont pas eu d'enfants, elle affecte la forme d un conoïde ties-allonge et icguliei, dont la base répond h l'insertion du vagin; le sommet est arrondi, legeicment convexe et pcicé à son centre d’une petite ouverture circulaire, en eloile, ou diiigée uansvei salement Au contraire, chez les vieilles femmes, et chez celles (jui ont eu plusieurs enfants, elle se rapproche plus de la forme cylindrique. Le sommet de la tumeur est en général plus irrégulier que dans le cas précédent; il offre distinctement les deux lèvres du col plus dév eloppées, et la fente qui les sépare est plus prononcée ; ou il présente deux, trois et quelquefois quatre mamelons au centre desquels se trouve uneouverture dont l’aspect varie à l’infini. Il peut môme arriver que ce sommet (partie libre) soit plus volumineux que la base de la tumeur, et il est bon d’ètre prévenu de ce fait, afin de ne le pas prendre pour un polype du col. Dans un cas rapporté par Lobstein, le col de l’utérus avait une longueur de. trois pouces une ligne ; en descendant, il s’élargissait et sa cavité se dilatait, ce qui donnait à sa partie inférieure une largeur d’un pouce sept lignes. Au premier aspect on eût dit que cette pièce était composée de deux matrices se touchant par leurs cols. Quelquefois, la tumeur est bifide à son extrémité, et les deux lèvres utérines, supportées par une base commune, cylindrique, plus développée que celle du museau de tanche à l’état naturel, forment deux languettes flottantes, aplaties d’avant en arrière, qui recèlent entre elles l’ouverture du col de l’utérus... Cette partie hypertrophiée de la matrice a habituellement conservé son épithélium, sa couleur, sa consistance, sa sensibilité, en un mot tous ces caractères normaux, moins la forme et le volume...
Si le mal s’est développé d’une manière lente, les femmes ne souffrent nullement, si ce n’est dans les rapports sexuels qui sont quelquefois impossibles; mais elles ont la sensation d’un corps étranger qui pèse sur l’ouverture vulvaire quand elles viennent à s’asseoir brusquement ; enfin la menstruation n’est généralement pas troublée. Si, au contraire, l’affection est survenue d’une manière rapide, à la suite d’une métrite intense, d’un accouchement laborieux, la menstruation est fortement troublée, soit en plus, soit en moins, et quelquefois il y a de véritables métrorrhagies ; il se joint aussi à ces accidents un écoulement leucorrhéique plus ou moins abondant. De plus, l’issue du col hypertrophié amène une inflammation douloureuse de la vulve, et les fonctions de la vessie, et surtoutcelles du rectum, sont fortement troublées. Enfin, la station debout devient pénible et même impossible, et les femmes sont obligées de renoncer à leurs travaux habituels. La santé générale s’altère et le moral s’affecte, soit par la crainte des conséquences de la maladie, soit par la suppression forcée des relations sexuelles.
Le toucher fait sentir l’énorme allongement du col et constater la persistance de la cavité vaginale : à l’extrémité supérieure de ce conduit on sent que la base du col se continue sans bourrelet ni bracelet avec la portion sus-vaginale du col. L’application du spéculum est très-difficile. Enfin l’hystéromètre, qui, dans l’état normal, ne donne qu’une profondeur de 5 centimètres et demi à 6 et demi, pénètre jusqu’à 8 et 1!> centimètres.
MALADIES DES FEMMES
§ HT. — Anatomie pathologique.
Aux détails qui précèdent et qui rentrent, en grande partie, dans l’anatomie pathologique elle-même, ajoutons que « les artères qui se ramifient dans la substance utérine sont plus développées qu’à l’état normal; Iluguier en a disséqué qui avaient jusqu’à 1 millimètre et demi et 2 millimètres de diamètre. Les veines du tissu utérin, ainsi que celles du plexus vagino-utérin et ovarique dans lequel elles se rendent, sont volumineuses, dilatées et gorgées de sang. Les follicules muqueux qui avoisinent l’ouverture du col, et qui, dans l’état ordinaire, sont à peine visibles, sont hypertrophiés, dilatés; leur orifice excréteur est plus ou moins agrandi ; mais ils ne sont pas altérés, au moins dans la majorité des cas. »
§ IV. — Diagnostic.
L’abaissement de l’utérus et les polypes peuvent être confondus avec l’hypertrophie du col.
« Dans Y abaissement et dans la descente , la totalité de l’utérus, corps et col, s’est portée vers la vulve; le vagin est raccourci ; le cul-de-sac utéro-vaginal est abaissé ; l’extrémité supérieure du vagin adhérente au col est renversée, invaginée dans la portion inférieure de ce conduit, et cela en raison du degré de la descente de l’utérus. Si, le doigt introduit dans les organes sexuels, on remonte la matrice à sa place et avec elle le vagin, on sent au fond de ce conduit un simple mamelon formé par le museau de tanche avec toutes ses propriétés physiques, tandis que dans l’allongement hypertrophique, lors même qu’il serait compliqué de descente de la matrice, le doigt, lorsqu’il a remonté cet organe et rendu au vagin sa longueur, sent, au fond de ce conduit, non un simple mamelon, mais bien une tumeur conoïde ou cylindrique qui descend vers la vulve. Ce caractère suffirait à lui seul pour distinguer les deux affections l’une de l’autre, sans avoir recours à l’hystéromètre, qui est loin d’avoir, dans ce cas, une grande utilité, parce que souvent, dans la descente de l’utérus, il y a allongement de la cavité utérine par suite de l’hypertrophie de la portion sus-vaginale de l’organe. Dans les deux cas , il peut donc y avoir allongement de la cavité de l’utérus par un mode de développement tout à fait inverse et qu’il est toujours facile de distinguer ; ce qui établit encore une différence entre les deux affections. Dans la chute de l’utérus, l’excès de la cavité est placé au-dessus de l’insertion du vagin ; dans l’allongement de la portion intra- vaginale du col, il est au-dessous de cette insertion. »
Les polypes qui proviennent du col et ont une forme conoïde, ceux qui se confondent avec une des lèvres du museau de tanche, enfin ceux qui sont creusés d’une cavité, peuvent être confondus avec l’hypertrophie du col. Voici, encore selon Iluguier, à quels signes on distinguera les deux affections. Si c’est un allongement du col, quel que soit le soin avec lequel le doigt ou l’extrémité de l’hystéromètre cherche à reconnaître vers la base de la tumeur un bourrelet ou un anneau qui l’embrasse plus ou moins étroitement, il n’y réussira pas ; il ne trouvera pas davantage, sur un des points de la circonférence de celte base, soit une ouverture, soit une fissure dans laquelle il puisse s’engager pour pénétrer dans la cavité de la matrice. Au contraire, dans les cas de polype venant de la cavité du corps ou de la partie supérieure du col. si l’on examine avec attention la base de la tumeur