‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 52 sur 494 · CANCER DE L’UTÉRUS. — SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

CANCER DE L’UTÉRUS. — SYMPTÔMES

Troisième forme. — Tuméfaction de l’une ou de l’autre des lèvres ou de toutes -es deux à la fois, dans une étendue variable. Consistance inégale. Ordinairement luretéàlabase, mollesse à la surface. Renversement des lèvres. Excoriations (fig. 23).

’ig. 23. — Dégénérescence squirrheuse de la lèvre antérieure du museau de tanche. Hypertrophie énorme. Utérus vu par la paroi postérieure. — a, corps de l’utérus trcs-hypertrophié; b, lèvre postérieure; c, lèvre antérieure ; d, vagin très-développé ; te, trompes de Fallope ; fil, ovaires ; g, portion de la vessie ; hh, ligament rond. (Boivin et Dugès, Atlas, pl. XXI.)

Quatrième forme. — Engorgement général, irrégulier, de couleur rouge obscur. Test surtout cette espèce d’affection qui, passant à l’état de cancer confirmé, proluit, chez quelques sujets, le cancer encéphaloïde et, chez d’autres, le cancer fongueux sanguin.

Une dureté plus ou moins notable, avec une déformation du col, est le caractère i matomique le plus fréquent du cancer de l’utérus à son début. Mais nous venons ' :le voir que, dans quelques cas, les choses se passent d’une autre manière. Ce sont

I'es cas qui présentent des difficultés pour le diagnostic, et dans lesquels on doit ïtudier avec grand soin les autres symptômes, et surtout ceux du début.

Un écoulement plus ou moins abondant ne tarde jamais à se manifester. 11 est surtout abondant lorsque le col est entr’ouvert et que la maladie pénètre à une certaine profondeur dans le corps de l’organe. Cet écoulement est de couleur variable, souvent rosé, roussâtre, parfois grisâtre et parfois aussi contenant une quantité de sang assez notable; mais cette dernière circonstance se remarque bien >lus souvent lorsque le cancer s’est ulcéré ou a passé à l’état fongueux. Dans les premiers temps, l’odeur de cet écoulement est fade et un peu nauséabonde; plus ard elle devient pénétrante, caractère que nous lui trouverons h un bien plus haut degré dans la seconde période du cancer.

Pendant le cours de cette première période, les' hémorrhagies se reproduisent >lus ou moins fréquemment et avec une abondance plus ou moins grande. Chez (quelques femmes, l’écoulement de sang est presque continuel, c’est-à-dire que,

MALADIES DES FEMMES

l’époque des règles avançant toujours beaucoup, et les menstrues durant très-longtemps, les intervalles se trouvent très-courts. Chez d’autres, au contraire, les intervalles augmentant, sont souvent très-irréguliers, et, lorsque le sang s’échappe, la perle est ordinairement abondante. Enfin quelques femmes ont des hémorrhagies lorsqu’elles font des efforts pour aller à la garderobe, lorsqu’elles se fatiguent, ou lorsque les organes génitaux sont soumis à quelque action un peu violente de quelque nature qu’elle soit. Mais celte dernière forme de l’hémorrhagie appartient plus particulièrement à la seconde période.

En même temps qu’on observe ces symptômes locaux , on en voit apparaître de généraux qui sont loin d’être sans importance. Les malades deviennent faibles, languissantes; elles maigrissent, perdent leur fraîcheur, pâlissent, et prennent ordinairement celte légère coloration jaunâtre qu’on a de tout de temps signalée comme appartenant au cancer en général. Souvent aussi les digestions deviennent difficiles et présentent les troubles que nous avons indiqués à l’occasion des autres affections de l’utérus , ce qui dépend non-seulement des pertes abondantes éprouvées par les malades, mais encore de l’état d’affaiblissement général qui résulte du développement du cancer. II est assez ordinaire de voir les femmes devenir acariâtres, irritables, mélancoliques; d’observer* en un mot, un changement notable de caractère. Quant au mouvement fébrile , il est bien rare qu’il existe dans cette première période; le pools est lent, régulier, plus ou moins faible, à moins de complication; la peau est fraîche, il n’y a pas de transpiration.

Dans celte période de la maladie, les femmes éprouvent quelques sensations douloureuses dans les seins, qui deviennent durs et volumineux ; un malaise inexprimable qui ne leur permet pas de garder un seul instant la même position ; des douleurs vives et passagères dans diverses parties du corps; en un mot, un trouble singulier de toutes les fonctions, dont la manifestation de la maladie vient enfin donner l’explication.

Quelquefois le cancer marche d’une manière presque latente, ne donnant lieu qu’à quelques (roubles menstruels et à un écoulement qui peut très-bien être attribué à une affection utérine beaucoup moins grave ; et lorsqu’on est appelé auprès des malades, on trouve le col de l’utérus profondément altéré et présentant les signes de la seconde période de la maladie. Lisfranc en a observé un exemple bien remarquable chez une jeune femme qui avait conservé toutes les apparences de la santé, bien que le col de l’utérus fût réduit en putrilage. D’un autre côté, on voit quelquefois celle période donner lieu à des douleurs vives, avec un certain mouvement fébrile, un dépérissement beaucoup plus marqué qu’à l’ordinaire, et de grands troubles fonctionnels, 11 n’y a, du reste, rien là qu’on n’observe aussi dans les autres affections chroniques, dans lesquelles, sans qu’on puisse en deviner la cause, la marche de la maladie, tout à fait insolite, donne à certains cas une physionomie particulière.

Deuxième période. — tancer ulcéré. — La douleur, avons-nous dit, est uu symptôme beaucoup plus marqué dans la seconde période que dans la première. C’est alors surtout que par la palpation et la percussion on trouve l’hypogastre extrêmement sensible, et que le toucher cause de vives souffrances. I! est rare qu’à celte époque avancée, le corps de l’utérus ne participe pas à la maladie, soit que les progrès de la dégénérescence l’aient envahi, soit, ce qui est bien plus rare, que

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