CANCER DE L’UTÉRUS. — TRAITEMENT
On doit néanmoins surveiller l’état des malades et s’arrêter, s il paraît quelques troubles fonctionnels qu’on puisse attribuer au médicament.
Les remèdes auxquels on a donné les noms de résolutifs , fondants , désobstruants,, sont également mis en usage; les plus importants sont les mercuriaux, Yiode, les préparations d'or.
Enfin on a recours aux révulsifs et aux dérivatifs dans les cas où l’on voit apparaître un certain degré d’irritation.
Ces moyens n’ont d’autre effet que de combattre les symptômes secondaires qui, s’ils ne sont pas combattus à propos, peuvent ajouter à la gravité de la maladie et en accélérer la marche.
2° Traitement de la deuxième période. — On doit d’abord, dans cette période, insister fortement sur les moyens qui viennent d’être indiqués. L’emploi des narcotiques est surtout indispensable, parce que c’est, alors, principalement, que les douleurs sont vives et parfois intolérables. L 'opium, les sels de morphine , sont d’un très-grand secours. On doit élever progressivement les doses sans crainte de produire le narcotisme, mais toutefois en veillant à ce qu’il ne soit pas poussé trop loin. On a pu ainsi faire prendre jusqu’à 30, ùü centigrammes d’opium, et plus encore, sans en observer de fâcheux résultats. L’emploi des sels de morphine par la méthode endermique a de très-heureux effets. Les injections narcotiques sont aussi très-utiles. On prescrit une injection avec une infusion de morelle à laquelle on ajoute 1, 2 ou 3 grammes de laudanum.
[On peut aussi employer comme anesthésiques locaux Y acide carbonique et lè chloroforme , eu mettant en usage les procédés que nous avons indiqués à l’article Dysménorrhée.]
En même temps on a recours à des moyens plus directs, qui sont les moyens chirurgicaux, et d’abord la cautérisation. Dans le plus grand nombre des cas, la cautérisation légère avec le nitrate d’argent est tout à fait insuffisante. La cautérisation avec les acides a l’inconvénient d’être difficilement bornée. Reste la cautérisation avec les caustiques solides et le fer rouge.
Cautérisation. — Parmi les caustiques solides, il n’en est pas qui soient plus faciles à employer que le caustique de Vienne solidifié, d’après Je procédé de Filhos. On le met principalement en usage dans les cas où il existe un ulcère sordide. Il faut renouveler l’application jusqu’à ce que l’on ait atteint les limites du mal, et souvent ainsi, on est arrivé à détruire presque entièrement le col de l’utérus.
Jobert a employé de préférence le cautère actuel. On introduit un spéculum
Fig. 27. — Spéculum plein de Churchill.
d ivoire plein (lig. 27) pour protéger les parties; puis, à l’aide d’un cautère terminé en bouton (fig. 29)et rougi à blanc, on touche la partie malade. Tar ce moyen, Valleix, 5’’ édit. Y — 13
MALADIES DES FEMMES
on arrête les hémorrhagies causées par les fongosités, et l’on détruit les surfaces
pIOi og Spéculum Capron, dont le3 valves présentant des angles arrondis rendent l’introduction plus facile
et paraissent s’opposer plus complètement au pincement de la muqueuse.
pIG 29. Cautères actuels. Fig. 30.— A. Pince à pansementd’ulérus.avecpointd arrêt près
des anneaux (modèle Charrière). Ses mors sont disposes en gouttière pour saisir et porter les cautères, comme on le voit en C. — B. Point d’arrêt. — E. Petit cautère ordinaire.
cancérées sans causer aucune douleur; ce qui était prévu, car Jobert a démontre
TUBERCULES 1)E U’UTÉltUS. — HISTORIQUE.
anatomiquement que le col de l’utérus est privé de nerfs. D’autres médecins se servent pour ces cautérisations du spéculum h plusieurs valves (fig. 28).
Charrière a construit des pinces propres à saisir dans le réchaud le cautère, s’il ne présentait pas une longueur suffisante. Ce sont ces pinces que nous avons fait
représenter (fig. 30). ...
Il n'est aucun fait authentique qui prouve que ces cautérisations aient procuré
la guérison complète du cancer confirmé. Mais, en détruisant les parties malades, elles peuvent arrêter pendant un temps plus ou moins long les progrès du mal ; elles font cesser les douleurs vives, elles suppriment ou diminuent l’écouleflient
fétide, et, à ces divers titres, elles doivent être recommandées. C’est au médecin à voir si le mal est encore suffisamment borné pour qu’elles aient quelque chance de succès.
Il est encore, contre l’écoulement fétide, un moyen qui ne doit pas être négligé : ce sont les injections désinfectantes , et principalement les injections chlorurées. Les malades doivent, du reste, être tenues dans le plus parfait étal de propreté.
Opérations . — Il y a quelques années, les opérations pratiquées pour enlever, soit le col de l’utérus, soit l’utérus tout entier, occupaient une grande place dans le traitement chirurgical des affections utérines. Aujourd’hui les chirurgiens quj les ont le plus prônées sont de la plus grande prudence sur ce point, l’expérience ayant appris combien elles sont dangereuses et combien leurs bons effets sont hypothétiques.
Les relevés exacts des faits ont démontré : l°que l’amputation du col de l’utérus est beaucoup plus dangereuse qu’on ne l’avait dit ; 2“ que les femmes qui avaient été regardées comme guéries après cette amputation ont succombé presque toutes
|]>cu de temps après ; 3° que celles qui ont survécu avaient été opérées pour une affection autre que le cancer, et qui aurait très-bien été guérie par les moyens ordinaires; h° que Y extirpation de la matrice est, dans la grande majorité des cas, «une opération très-promptement mortelle; 5° que dans le petit nombre de cas où celte extirpation n’a pas entraîné la mort, les femmes n’ont* eu que quelques mois d’une vie misérable, et qu’un médecin prudent doit s’abstenir de ces opérations.
ARTICLE XIV