‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 61 sur 494 · MÔLES UTÉRINES · texte numérisé non relu

MÔLES UTÉRINES

§ I. — Définition.

[La dénomination de môle utérine , donnée autrefois, d’une façon très-vague, à toute masse informe rendue par l’utérus, s’applique aujourd’hui exclusivement aux produits de conception dégénérés et aux môles proprement dites, soit charnues, soit hydatiformes.

§ II. — Causes, anatomie et physiologie pathologiques.

L’examen des produits de conception dégénérés , qui, après avoir été retenus dans l’utérus, sont ensuite rejetés au dehors, offre parfois de grandes difficultés quand il s’agit de les distinguer du fruit d’un avortement récent ; car dans ce dernier cas, le fœtus peut manquer (1).

Quant aux môles charnues, les uns les considèrent comme résultant d’une transformation particulière du placenta (2), tandis que d’autres en font un mode de dégénérescence d’un œuf malade qui serait demeuré dans l’utérus au-delà de deux ou trois mois, époque à laquelle ses altérations premières auraient dû provoquer son expulsion. Ces môles peuvent se montrer sous forme de masses solides ou offrir une cavité centrale tapissée d’une membrane propre et dans laquelle on rencontre quelquefois des restes de liquide amniotique. La môle solide, ordinairement unique et généralement plus volumineuse que les môles creuses, peut atteindre la dimension des deux poings ; extérieurement elle est raboteuse, compacte, lobulée et quelquefois recouverte d’une légère couche calcaire (3). La môle solide renferme presque toujours, à l’une ou à l’autre de ses extrémités, des portions de fœtus; s’il > y a eu fécondation de deux œufs, et si l’un des deux a péri, on trouve généralement l’autre sain et entier ; cependant un même utérus peut renfermer des môles doubles (h). Le praticien pourra être appelé à reconnaître les môles charnues expulsées, et il devra les distinguer avec soin des caillots ou de certains polypes détachés : pour arriver à ce résultat, il faudra pratiquer une incision et examiner la structure de la niasse expulsée (5).

(1) Granville’s Illustrations of Abort ion, 1834, in-8.

(2) Ch. Pajot, Enseignement oral donné à la Faculté de médecine de Paris. Leçon du 19 juin 1865.

(3 ) Dugès, Bictionn. de médec. et dcçhir. pratiq. Paris, 1833, t. IX., art. Grossesse.

(b) Blundell, Diseases of Women, 1836, p. 198.

(5) Burn’s P r incipl.es of Midwifery, p. 123. ( Edinburgh med. andsurg. Journal, vol. V, p. 257, — Voyez aussi Fl. Churchill, Traité pratique des maladies des femmes. Paris, 1866, p. 291.

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