RUPTURE DE LUTÊRUS. — SYMPTÔMES
c’pst donc principalement aux traités cl obstétrique tpi il faut demandri de glands détails sur ce redoutable accident.
§ I. — Causes.
S'il existe des vices de conformation du bassin (jui s opposent énergiquement et longtemps à la sortie du fœtus, les femmes sont exposées à la rupture de l’organe ; il en est de même si l’utérus est aminci par une trop grande quantité d’eau qui le distend, par plusieurs fœtus, etc. Dans certaines circonstances, il survient une inflammation avec ramollissement d’une plus ou moins grande étendue des parois utérines, et la partie ramollie cède dans une contraction de l’organe; d’autres fois l’utérus est altéré, désorganisé par une lésion chronique profonde ; il suffit, en un mot, que par une cause quelconque les parois de l’utérus offrent un point faible, pour que dans ce point l’organe cède à la pression du fœtus qui passe dans la cavité péritonéale.
Dans Y état de vacuité il faut qu’il y ait préalablement distension de l'utérus par un liquide; on en a cité trois exemples : dans deux, la matrice était distendue par une collection sanguine.
Une violence extérieure a quelquefois produit le même effet que les contractions utérines dont nous venons de parler ; cette cause peut agir dans l’état de vacuité aussi bien que dans l’état de grossesse. Il suffit, pour qu’elle produise la rupture, que l’utérus soit considérablement distendu soit par un corps solide, soit surtout par un liquide.
[ Ce qu’il importe le plus de remarquer, c’est que les ruptures spontanées de l’utérus sont rares, en réalité. Les statistiques de Clarke et Powel, de Simpson, de madame Lachapelle, celle plus récente communiquée à Tardieu (1) par Wieland, idémontrent en effet cette très-grande rareté, et permettent de conclure que, dans es cas où l’origine et la nature de la lésion peuvent être suspectes, le médecin consulté devra se montrer sévère dans ses appréciations, surtout s’il s’agit de faits observés à une époque éloignée du terme de la grossesse.
>> A une période avancée de la vie, la structure du col de l’utérus est notablement bhangée. U devient dur et presque cartilagineux ; le canal qu’il traverse se rétrécit H quelquefois même s’oblitère. En pareil cas, les mucosités s’amassent, distendent a cavité; les parois s’amincissent, se résorbent, jusqu’à ce qu’une ouverture se )roduise, ouverture qui établit une communication avec le sac péritonéal Duparcque). Il peut encore en être ainsi à un âge moins avancé, et même à trenteîuit ans (Guzzo de Naples) (2). ]
§ II. — Symptômes.
Les symptômes de cette rupture sont ceux que nous avons déjà plusieurs fois I écrits à propos des déchirures des divers organes creux, avec passage dans le péri- ■ oine du liquide qu’ils contenaient. Il y a néanmoins quelques modifications qui I épendent et des circonstances dans lesquelles se produit l’accident, et de l’étendue I e la solution de continuité qui s’est opérée dans la matrice.
La rupture est-elle survenue pendant l’accouchement, elle peut être trop peu
(1) A. Tardieu, Etude médico-légale sur l’ avortement. Paris, 1863, p. 64.
(2) Cité par Fl. Churchill, loc. cit.} p. 867.
MALADIES DES FEMMES
étendue pour permettre le passage du foetus dans l’abdomen, ou au contraire avoir permis ce passage. Dans le premier cas, il y a quelque chose de semblable 1 ce que nous avons observé dans les ruptures de la rate. D’abord une douleur vive, une anxiété extt eme, une sensation de chaleur qui se répand dans l’abdomen; puis diminution de la douleur, et apparition de syncopes, d’horripilations, d’une sueur froide; en un mot, des symptômes d’une hémorrhagie interne qui emporte les malades sans laisser de traces d’inflammation dans le péritoine. Si néanmoins l’hémorrhagie n’est pas très-abondante, la péritonite peut [survenir et causer promptement la mort, avec les souffrances et les autres symptômes qui lui sont propres.
Cette péritonite suraiguë survient presque constamment dans le deuxième cas, c’est-à-dire lorsque le fœtus a passé dans la cavité péritonéale. Une douleur déchirante, accompagnée quelquefois d’un bruit de craquement perçu par la malade, et survenue tout à coup, annonce l’accident. Puis apparaissent les phénomènes d’hémorrhagie interne et de péritonite, cl la femme peut être enlevée eu peu d’heures.
On a cité néanmoins un certain nombre de cas de guérison. Si la rupture est peu étendue ou incomplète, l'hémorrhagie peut parfois être arrêtée ; la péritonite est alors beaucoup plus facilement prévenue que dans les cas où un liquide âcre et irritant est versé dans le péritoine, et la malade se rétablit après des souffrances plus oit moins longues.
Cette terminaison heureuse a été observée même dans des cas où l’œuf avait passé dans la cavité péritonéale. Les premiers accidents s’étant calmés, on observe les phénomènes d’une grossesse extra-utérine ; il se forme un kyste, et la malade peut vivre ainsi de longues années. On a aussi, dans quelques cas rares, vu les kystes se vider dans l’intestin et même au dehors, et la maladie se terminer ainsi d’une manière favorable.
La rupture qui a lieu dans l’état cle vacuité est plus grave que celle qui se produit dans la grossesse; du moins les cas de ce genre qui ont été cités se sont tous terminés par la mort. Cela tient, selon toutes les probabilités, à ce que le liquide qui s’est épanché dans le péritoine, ayant des qualités irritantes analogues à celles du liquide versé par les perforations intestinales, a produit plus facilement la péritonite suraiguë si fréquemment mortelle.
§ III. — Lésions anatomiques.
On trouve, après la mort, l’utérus divisé irrégulièrement dans une étendue trèsvariable. Les bords de la division sont lacérés, ordinairement noirâtres, infiltrés de sang, couverts de matière purulente lorsque la femme a survécu quelque temps, ramollis ordinairement, ou présentant les altérations propres à la gangrène, au cancer, etc. Dans le péritoine on trouve un épanchement de sang parfois extrêmement considérable, et ordinairement une partie de l’eau de l’amnios et le fœtus. Des traces d’inflammation péritonéale (suppuration, fausses membranes) se rencontrent aussi lorsque la malade n’a pas été emportée très-rapidement.
§ IV. — Diagnostic, pronostic.
Si la déchirure est incomplète, ou en soupçonne l’existence à l’apparition subite