‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 70 sur 494 · DÉVIATIONS UTÉRINES. — SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

DÉVIATIONS UTÉRINES. — SYMPTÔMES

muscles d’une jambe, d’un bras, de ces deux membres à la lois, les muscles du larynx, de façon à produire 1 aphonie. Martin (1), Esnault (2), Vallin (3), II. Leroy, d’Étiolies('i), Gallard (5), Trousseau (6), Landry (7), Brown-Séquard(8), mt fait connaître des faits semblables, tandis que, d un autre côté, Becquerel n en parle nullement, et qu’Aran (9) dit qu il lui est impossible d admettre des paraîysies purement sympathiques du système utérin, sans névrose générale (Racle).] Parfois, en se couchant sur le dos ou sur le ventre, suivant l’espèce de déviation, ou se tournant sur un côté ou sur l’autre, les malades sentent un poids se déplacer et ce déplacement est accompagné de douleur.

C’est surtout dans ces cas que se manifeste la douleur due au tiraillement qu'étirouoent les ligaments. Ainsi on observe, outre la douleur qui a son siège dans ■ le point où se porte le corps de l’utérus, une douleur dans un point opposé, et l'on voit cette douleur s’exaspérer par le redressement de l’organe à l’aide de la sonde utérine et par les grands mouvements du tronc.

Il ne faut pas confondre les douleurs précédentes avec les douleurs d’une autre îature qui se manifestent dans divers autres points du corps aussi bien que dans e bassin. Ces dernières sont de nature névralgique et sont dues le plus souvent à 'anémie autant qu’à l’état de l’utérus. Ainsi on observe une névralgie lombo-abdoninale et des névralgies intercostales reconnaissables à leurs points douloureux dus ou moins isolés, aux élancements, etc. Ce qui démontre que ces douleurs sont uisqu’à un certain point indépendantes, c’est qu’elles peuvent persister lorsque u'utérus est redressé et que tous les autres symptômes ont disparu, et qu elles èdent alors aux moyens propres à combattre les névralgies.

Simpson a signalé particulièrement une douleur de nature név ralgique qui se fait entir sous le sein gauche. Celte douleur est fréquente, mais non constante, et elle ' St due à une névralgie intercostale.

Des douleurs de la même nature peuvent exister dans d’autres parties du corps face, membres) ; mais elles sont beaucoup moins fréquentes.

Enfin, nous signalerons l 'inappétence, les digestions difficiles, douloureuses t gastralgie), le dépérissement, les palpitations, les bruits de souffle dans les avérés, la décoloration des tissus (anémie).

Il faut joindre à ces symptômes ceux qui caractérisent Y hystérie, soit qu’il y ait le véritables attaques hystériques, soit que les malades n’éprouvent que cet état

(1) P. E. Marlin, Des tumeurs phlcgmoneuses des ligaments larges et du tissu cellulaire ién-ulénn, ihèse inaugurale. Paris, 1851, n° 261.

(2) Esnault, Des paralysies symptomatiques de la met rite et du phlegmon péri- utérin, hùse inaugurale. Paris, 1857, n° 206.

(3) Emile-Arthur Vallin, Des paralysies symptomatiques des maladies de l’utérus et de ses nnexes, thèse. Paris, 1858, nu 33.

(4) Leroy (d’Étiolles) Des paralysies des membres inférieurs, des parapléaies, in-8.

aris, 1856-1857. > i r u ■>

(o) Gallard, De l inflammation du tissu cellulaire qui environne la matrice , ou du phleg- >.on péri-utérin et de son traitement, thèse. Paris, 1855, n° 39.

(6j Trousseau, Gazette des hôpitaux, 1850, p. 342.

(7) Landry, Moniteur clés hôpitaux, <1853, p. 273.

(8) Brown-Séquard, Leçons sur les paralysies des membres inférieurs, Irad. franç. de . Gordon, 2e éüit. Paris, 1865.

(9y Aran, /oc. cit., p. 147. Voyez aussi : Brown-Sèquard, Leçons sur les paralysies des lembres inférieurs, 2e édil. Paris, 1865.

MALADIES DES FEMMES

qu’on a appelé hystéricisme , et qui consiste dans de l’oppression, des spasmes, un malaise général, l’envie de pleurer, etc. Cet état est fréquent chez les malades affectées de déviation, et ce qui prouve qu’il appartient bien à ces affections, c’est qu’il disparaît après le redressement ( hystérie symptomatique , Nouât).

Tels sont les symptômes qu’on peut assigner aux déviations considérées en général. Il en est d’autres encore que nous décrirons en détail en faisant l’histoire de chaque espèce en particulier.

Conséquences des déviations. — On a principalement cité l 'avortement comme une des conséquences presque nécessaires de ces affections, mais s’il est plus fréquent chez les femmes affectées dedéviation, il est beaucoup plus rare en lui-même qu’on ne le croit communément.

Les difficultés de V accouchement peuvent être considérables, ainsi que l’a prouvé Dezanneau pour l’antéversion, et il est plus que probable que dans les cas de déviation chez les femmes grosses, on a eu quelquefois affaire à des femmes qui avaient déjà l’utérus dévié au moment de la concepion, de telle sorte que la position vicieuse de l'utérus les disposait aux symptôm s si graves qu’elles devaient éprouver dès que l’organe aurait pris une certaine ampliation.

Quanta la s'érilité, nous avons des données beaucoup plus précises. D’abord sur les 117 cas que nous avons rassemblés, la stérilité a existé 19 fois, ce qui est déjà un chiffre considérable chez des femmes jeunes et désirant pour la plupart avoir des enfants. Mais le fait devient bien plus frappant, si l’on considère que sur les 98 qui restent, 42 n’ont eu qu’un seul accouchement, bien que plusieurs d’entre elles eussent perdu leur premier enfant, et désirassent beaucoup en avoir d’autres.

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

La marche de ces affections est habituellement croissante et chronique. Il est ordinaire de voir à certaines époques survenir, soit spontanément, soit sous l’influence des nombreux moyens employés, un bien-être relatif capable de faire croire à une guérison prochaine. Mais en examinant la marche de la maladie d’une manière générale, on voit que, après ces améliorations déplus ou moins longue durée, l’état des organes est devenu plus grave qu’auparavant, en sorte que l’affection a fait des progrès réels. Lorsque les malades ont eu plusieurs enfants, la déviation peut remonter à l'avant-dernière couche, ou à une couche antérieure. Il arrive presque constamment que les symptômes, d’abord légers, ont pris un accroissement considérable à chaque nouvelle couche, ou en d’autres termes, que chaque couche nouvelle a accéléré la marche de la maladie. Cependant cette règle souffre des exceptions.

On ne peut se rendre compte de ces variations dans la marche de la maladie qu’en ayant égard à l’inflammation chronique qui accompagne ordinairement les déviations, et qui, sous l’influence des causes les plus diverses, peut s’accroître, diminuer, disparaître presque complètement, de telle sorte que les malades se croient guéries. Mais à la moindre fatigue, tous les accidents se reproduisent avec une nouvelle intensité; parce que la déviation elle -même a persisté.

La durée de la maladie est illimitée; un traitement efficace seul peut y mettre fin, au moins pendant tout le temps que l’utérus reste à l’état d’organe actif. Il

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