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DÉVIATIONS UTÉRINES. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC

ploiera de préférence le spéculum plein ou un spéculum à développement , à trois ou quatre valves, qui, une fois ouvert, simule le spéculum plein. Le spéculum bivalve ne peut être utilement employé dans ces cas où il est important surtout de savoir comment se présente le col de l’utérus dans le champ de l'instrument. Les deux valves, en effet, s’écartent en décrivant chacune un arc de cercle, dont le centre est auprès de la vulve à leur articulation, et le mouvement qui en résulte peut suffire, si l’utérus est mobile, pour changer la direction suivant laquelle il va se présenter.

Le spéculum sera introduit lentement, avec précaution, et suivant la direction de l’axe du vagin. On évitera, plus encore que dans le toucher, de tomber directement et d’emblée sur le col ou de le saisir; et, pour cela, par la direction donnée à l’instrument on ira le chercher dans un autre point, si on ne l’a pas trouvé à sa place habituelle. La nécessité de cette manœuvre est toujours due à une déviation.

Or, si en pareil cas on saisissait le col de l’utérus, ce ne serait qu’après l’avoir fait basculer, et il ne serait plus possible alors d’apprécier sa situation réelle.

Aussitôt que le spéculum aura dépassé l’orifice du vagin, il faut retirer l’embout; alors les parois du vagin étant constamment adossées l’une contre l’autre, se déplisseront sur l’extrémité de l’instrument, en formant une espèce de rosace dont le centre se trouve nécessairement situé dans l’axe du vagin. Cette rosace semblera s’éloigner à mesure que le spéculum avancera, et si l’on a soin d’en maintenir continuellement le centre au milieu même du champ du spéculum, on restera forcément dans l’axe même du vagin. En procédant ainsi, on arrive sur le col, qui, dans la position normale de l’utérus, ne se présente pas directement à nous ; puisque l’axe de l’utérus ne continue pas celui du vagin, mais fait avec ce dernier un angle obtus ouvert en avant. Il en résulte que le col doit se présenter plutôt par sa face antérieure que par sa face postérieure, et l’on voit, en effet, toute la lèvre antérieure. Quant à l’orifice externe, il est situé plus en arrière.

Telle est la présentation normale du col de l'utérus. Quand on ne le trouve pas dans cette position, c’est qu’il existe une déviation. Si, par exemple, l’orifice externe se montrait au centre même de la portion apparente du col, c’est que celui-ci serait dévié en avant, comme cela a lieu dans quelques cas de rétroversion; si, au contraire, on aperçoit une grande étendue de la face antérieure du col, et si l’orifice externe va se cacher profondément vers la paroi postérieure de l’instrument, il est probable que l’on a affaire à une antéversion ; mais on ne peut encore savoir s’il s’agit d’une version ou d’une flexion. Le spéculum fait connaître qu’il existe une déviation ; mais, à lui seul, il ne peut pas en faire distinguer exactement l’espèce.

Dans les déviations latérales, l’orifice externe, qui, normalement, est situé sur la ligne médiane, s’incline vers le côté opposé à la déviation, et l’on peut voir trèsbien, dans le champ du spéculum, une plus ou moins grande étendue d’une des faces latérales du col.

tout en examinant la situation du col à l’aide du spéculum, on ne doit pas négliger de noter son volume, sa coloration, ainsi que l’état de son ouverture, et 1 existence ou l’absence des diverses altérations qu’il peut présenter. Comme le conseille J. H. Bennet, on emploie le spéculum bivalve pour écarter les lèvres du col et examiner sa cavité à une certaine profondeur; ceci ne peut être fait que dans

MALADIES DES FEMMES

le cas où le col esL déjà large et suffisamment entr’ouverl, soit par suited’une inflammation, soit après de nombreux accouchements antérieurs.

4 0 Cathétérisme utérin. — Si, par le toucher et le spéculum, nous pouvons

réunir des indications utiles pour le diagnostic, à l’aide de la sonde nous arrivons toujours à un diagnostic précis, rigoureux. Simpson employait une tige métallique fortement recourbée, avec des divisions marquées par des saillies et des creux alternatifs que le doigt peut sentir.

Huguier se sert d’une sonde beaucoup moins recourbée,

f présentant des divisions en centimètres sur sa concavité, et

un curseur qu’on fait mouvoir à l’aide d’une tige qui traverse le manche ; ce curseur est destiné à marquer jusqu’où la sonde a pénétré dans l’utérus (fig 32). Iluguier a donné à cette sonde le nom d 'hystéromètre (1). Celle dont nous nous servons est à peu près semblable, mais nous n’avons pas conservé le curseur, le doigt suffisant pour marquer la profondeur à laquelle l’instrument a pénétré (2).

Charrière a rendu cet instrument plus portatif et par conséquent plus commode, en le divisant en deux fragments qui se vissent l’un sur l’autre (3). Un bouton de vis placé sur le manche du côté de la concavité sert à maintenir les deux portions plus solidement réunies, et, en môme temps, indique de quel côté se trouve la concavité de la sonde sans qu’il soit nécessaire de s’en assurer avec le doigt. On peut, en la faisant faire de métal flexible, augmenter ou diminuer au besoin sa courbure. C’est ce qui est parfois utile quand l’utérus est en rétroflexion, et c’est parce qu’il s’occupait plus exclusivement de cette sorte de déviation que Simpson avait cru devoir faire des sondes aussi courbées. Une sonde plus droite pénètre tout aussi bien, parce qu’à mesure qu’elle avance, l’utérus, soulevé par elle, s’accommode à la direction qu’elle lui imprime et se déplisse pour ainsi dire. Que s’il était trop solidement uni aux parties voisines, ou trop peu flexible pour pouvoir se laisser redresser par ce moyen, l’instrument serait arrêté au niveau delà déviation et l’on ne pénétrerait pas plus avec une sonde très-fortement courbée qu’avec la nôtre; la courbure de l’instrument ne saurait jamais être aussi forte que celle de l’utérus lui-même quand il est fléchi.

Lorsque, pour introduire la sonde, on fait usage du spéculum, celui-ci doit être retiré aussitôt que l’on est parvenu Fig. 32. — Sonde utérine (iatls ja cavité du col ; car il gênerait plus tard dans les divers de Hugmor. mouvements qu il faut imprimer à la sonde : on fait glisser le bec de celle-ci sur l’indicateur de la main gauche, préalablement introduit dans le

(O Huguier, De l’hystérométrie. Paris, 1866.

/oi Vov fur. 45, art. Hématocèle péri-utérine. .

(3) Une sonde également très-portative est celle dont la tige rentre en partie dans le manche.

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