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DÉMÂTIONS UTÉRINES. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC

vaginet dont la pulpe est fixée sur l’ouverture du col. Ici déjà, indépendamment de la difficulté que l’on peut éprouver si l’on n’est pas très-exercé à reconnaître l’ouverture du col chez les femmes qui n’ont pas encore eu d'enfants, il peut arriver que cette ouverture soit extrêmement petite et tellement rétrécie qu’il n’v ait pas moyen de faire pénétrer la sonde. Aussi, dans un cas, avons-nous dû faire faire un redresseur à tige extrêmement fine, les tiges ordinaires ne pouvant pas être introduites. Il suffit, le plus souvent alors, après avoir introduit le spéculum, de faire, à l’aide du bistouri, quelques scarifications autour de l’ouverture du col; on pénètre ensuite facilement. Quant à l’orifice interne, on ne parvient parfois ’a le franchir qu’a près des tentatives plus ou moins répétées.

Une fois arrivée dans la cavité du col, la sonde sera ensuite dirigée suivant l’axe du détroit supérieur du bassin, en supposant l’utérus dans sa position normale, et si l’on rencontre quelque résistance due aux replis valvulaires de la muqueuse, il ne faudra pas essayer de les franchir en passant brusquement et avec force ; mais bien aller doucement en imprimant au bec de la sonde de légers mouvements qui lui permettent de dépasser ces obstacles et d’arriver à l’orifice interne. Là il peut se présenter d’abord une résistance assez grande par suite du rétrécissement dont nous venons de parler. Ensuite, il existe constamment une sensibilité particulière qui est plus ou moins vive selon les sujets. Si la sonde est fine et l’orifice interne suffisamment large, l’instrument peut passer de la cavité du col dans celle du corps sans nous donner cette sensation de résistance qui instruit du moment où a lieu le passage; mais ou sera toujours averti par la sensibilité de l’organe, car le col étant toujours à peu près insensible, et l’orifice ayant une assez grande sensibilité, il se produira, même chez les malades chez lesquelles le cathétérisme est le moins douloureux, une sensation désagréable dont elles avertiront ordinairement, et qui n’échappera jamais si l’on y apporte une suffisante attention. Chez d’autres, il y aura des douleurs assez vives, avec de petites coliques semblables à celles que produisent les contractions utérines. Une fois dans la cavité du corps, la sensibilité cesse; mais elle reparaît au moment où la sonde touche le fond de l’utérus, et donne lieu à cette douleur particulière qui, suivant l’expression des malades, leur va au cœur, il est facile de s’assurer que les parois de la cavité du corps sont sensibles partout, eu les touchant avec l’extrémité de la sonde, et si, après avoir franchi l'orifice interne, cette sensibilité paraît cesser, c’est que la sonde glisse doucemententrc ces parois. Quand la sonde pénètre dans la cavité du corps de l’utérus, on sent qu’elle est plus libre et se meut plus facilement.

Si l’on éprouve une résistance plus considérable offerte parles parois mêmes de l’utérus avant de parvenir jusqu’au fond de l’organe, c’est qu’il y existe une déviation, et alors, au lieu d’insister pour pénétrer suivant la direction normale, on inclinera le bec de la sonde suivant le sens vers lequel le toucher aura fait supposer qu’existe la déviation,

La sonde, ayant pris la direction du canal dans lequel elle doit pénétrer, l’utérus se redresse à mesure qu’on l’enfonce; de telle sorte que la rétroflexion, prise pour exemple, sera transformée en rétroversion quand la sonde sera arrivée au fond.

Une fois la sonde introduite, on redressera l’organe dévié. On doit agir avec douceur, en imprimant à la sonde un mouvement opposé à celui qui l’avait fait

-,)n MALADIES DES FEMMES.

pénétrer. Pour juger approximativement quand la sonde est arrivée au fond de l'utérus, nous avons fait faire sur la suide à 6 centimètres 1/4, à partir de son bec (longueur qui représente la profondeur moyenne de cet organe à l’état normal), une échancrure qui peut, être sentie par le doigt sans qu’on soit obligé de retirer l’instrument. Tant que la sonde n’a pas pénétré jusqu’à ce point, s’il se présente un obstacle, il y a lieu de penser que cet obstacle n’est pas le fond même de l’utérus, et l’on peut essayer de le franchir, tandis que lorsqu’on l’a dépassé, il n’est pas prudent de vouloir aller plus loin.

On constate la profondeur de 1 utérus en maintenant, quand on retire la sonde, le doigt indicateur de la main gauche sur le point qui correspond à l’orifice externe, cat il est impoitant de connaître la profondeur exacte de l’utérus, si l’on veut appliquer un redresseur intra-utérin, afin de donner à la tige une longueur notablement moindre.

Quant à la longueur du col, on peut la reconnaître en tenant compte de la sensation particulière qu’éprouvent les malades et de la résistance qui existe à l’orifice interne. Il suffît de retirer I’intrument aussitôt qu’on est parvenu à ce point.

Il vaut mieux renouveler ses tentatives deux, trois ou même quatre fois, que de chercher à pénétrer de vive force ; car on pourrait alors déterminer des accidents ou tout au moins des douleurs assez vives pour dégoûter dès le principe les malades d’un traitement qui doit être assez long.

Il est utile de combiner le toucher avec le cathétérisme de l’utérus. Le doigt, introduit dans le vagin pour guider l’instrument, explorera le col, appréciera l’épaisseur de ses parois en le circonscrivant, et, tandis que la sonde le maintient fixé, reconnaîtra certaines sinuosités existant dans la direction du col, jugera s’il y a des tumeurs au voisinage, etsurtout, si elles restent fixées quand on fait mou voir l’utérus.

Les mouvements imprimés à l’utérus à l’aide de la sonde permettent encore d’apprécier la rigidité ou la souplesse des tissus environnants, et les adhérences qu’il peut avoir contractées avec eux. Lorsque l’on voudra ramener la matrice dans sa position normale, on agira lentement et sans efforts, car en voulant la replacer brusquement, on s’exposerait à opérer des ruptures ou des tiraillements qui seraient suivis d’une inflammation redoutable.

En retirant la sonde après avoir replacé l’utérus, il est bon de repousser un peu le col avec le doigt, afni de le maintenir le plus longtemps possible dans la direction qu’on lui a donnée.

Quant au diagnostic différentiel , c’est à l’occasion de chaque déviation en particulier que les détails viendront plus naturellement, ainsi que les tableaux synoptiques. Nous nous contenterons de quelques considérations générales.

C’est avec Y abaissement de l’utérus qu’on a confondu principalement les déviations utérines, ou plutôt on a pris l’habitude de désigner tous les déplacements sous ce nom général d’abaissement. Il y a cependant une bien grande différence entre un abaissement simple et une déviation.

Dans presque tous les cas, et principalement dans la rétroversion , l’utérus est engorgé et abaissé. Mais l’expérience démontre que, s’il n’y a pas déviation, les ligaments ne sont pas généralement tiraillés d’une manière douloureuse, tant que le museau de tanche n’apparaît pas hors de la vulve.

C’est à la compression que l’utérus exerce sur les organes voisins, après avoir

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