DÉVIATIONS UTÉRINES. — TRAITEMENT
été dévié, que sont dus principalement les accidents, et les douleurs cessent si l’on ramène l'organe dans une bonne direction, bien que l’abaissement soit toujours le
même.
Les diverses tumeurs qui peuvent en imposer pour des déviations seront indiquées à l’occasion de chacune de ces dernières affections en particulier.
Les renversements de la matrice donnent lieu, comme on l’a vu, à un grand nombre de symptômes divers; il n’est donc pas étonnant qu’on ait pu croire à l’existence de plusieurs maladies très-différentes, sans en reconnaître la source qu’une exploration particulière pouvait seule révéler.
Ainsi on a traité plusieurs des malades soumises à notre observation, pour des hystéries , des gastralgies , des dyspepsies, des névralgies diverses , une maladie du foie, des reins, h phthisie pulmonaires Ile-même, ou une affection organique du cœur. Cette dernière méprise a eu lieu dans un cas où l’anémie, survenue dans le cours de la maladie, donnait lieu à un bruit de souille, à des palpitations et à des douleurs du côté gauche de la poitrine.
Transformations des déviations Tune dans l'autre. — Quelquefois une antéversion peut, soit passagèrement, soit d’une manière permanente, se transformer en rétroversion, et réciproquement (Demarquay, Hervez de Chégoin, Amussat). En pareil cas, les malades ont le sentiment de ces déplacements variés et les signalent elles-mêmes. Il ne faudrait pas se hâter de croire à une erreur de diagnostic, si un autre médecin avait trouvé une déviation différente de celle qu’on observe; mais on devrait interroger avec soin les malades pour savoir si, à un moment donné, elles n’ont pas éprouvé dans le bassin une sensation particulière, suivie de symptômes qu’elles n’éprouvaient pas l’instant d’auparavant.
Pronostic. — Nous avons trouvé, dans le plus grand nombre des cas, la maladie parfaitement curable à l’aide d’un nouveau traitement méthodiquement employé.
L’ancienneté de la maladie n’a apporté aucun obstacle absolu à la guérison. Elle a été obtenue tout aussi bien, que la maladie durât depuis neuf années ou depuis un petit nombre de mois seulement. Ces faits sont contraires à la manière de voir de Davis (cité par Beattie) (1). Pour lui, les cas anciens et chroniques présenteraient plus de gravité, et ne pourraient être guéris qu’après une nouvelle grossesse. Toutes les déviations, même les plus anciennes, guérissent très-bien sans qu’une nouvelle grossesse soit nécessaire, ce qui est fort heureux, puisque, dans un très-grand nombre de cas, la déviation est un obstacle à la conception.
§ VII. — Traitement.
Dans le traitement des déviations utérines, divers moyens ont été mis en œuvre .' ce sont les tampons et les différents pessaires portés soit dans le vagin, soit dans le rectum ; les adhérences provoquées entre le col et la paroi du vagin vers laquelle le col est dévié; enfin, le redressement de T utérus tenté ou obtenu à l’aide d’instruments ou appareils variés, parmi lesquels nous devons signaler celui de Bond (2), la sonde utérine (fig. 33) employée par Kiwisch (3), Mayer et quel-
(1) Cases of retrofl., in the Dublin quarterly Journ ., août et novembre 1847.
(2) Bond, loc. cit.
(3) Kiwisch, Klinische Vortrüge über spec telle Pathologie und Thérapie der krankheiten des weiblichen Geschlechtcs. Prag, 1854.
ques autres; la spatule dont l’introduction dans le rectum a été conseillée par Évrat et Ricbter. Parmi les redresseurs proprement dits, mentionnons la sonde à branches divergentes et élastiques de Kiwisch (1) (fig. 3/i) et le redresseur de
Fig. 33. — Sonde utérine de Kiwisch.
Fig. 34. — redresseur à bran- Fig. 35. — Redresseur utérin elles divergentes de Kiwisch. de Simpson
Simpson (fig. 35) dont l’emploi diiïirile nous a conduit à le modifier après plusieurs tentatives, de façon à nous servir enfin du redresseur articulé (fig. 36).
(1) Nous nous bornerons ici à reproduire les objections que Sirkel (Jahrbücher der gesammten Medicin, 1851) a faites à l'emploi de l’instrument de Kiwisch, dont la figure donne une idée suffisante :
a 1° Quand la cavité du col est étroite, l’introduction de l’instrument est plus difficile et plus douloureuse que celle de la sonde, parce que les fils de soie placés sur la partie convexe de l’instrument passent difficilement dans les anneaux, ceux-ci étant très-petits, et leur plissement pendant l’introduction détermine en môme temps de la douleur.
» 2° 11 arrive fort souvent qu’en retirant l’instrument les fils sont agglutinés par le mucus et se cassent quand on ouvre le redresseur; aussi ne peut-on confier ni à la malade, ni à des personnes étrangères à l’art , le soin de celle opération.
» 3° Une blessure de la cavité du col ou du corps de l’utérus, pendant l’introduction de l’instrument, donne lieu à l’issue du sang (tantôt quelques gouttes, tantôt une plus grande quanlité).
» à0 Enfin l’irritation quotidienne qu’on fait éprouver à la muqueuse détermine un écoulement muco-purulent qui nécessite les secours de l’art. »
bÊVtÀïiÔNS ÜTÊRlNÈS. TttAt'i‘ËMËN’1.
Fiü. 20. — Redresseur utérin de Yaliiix.— À, titre destinée à pénétrer dans la cavité utérine. Elle surmonte un disque do mêlai B de 2 cent, mètres de diamètre. Ede est tenue t.ar une articulation à ressort avec une autre litre de métal, qui, devant rester dans le vagin, a reçu le nom de li„e vaginale U. Le ressoit C , situé à l'articulation du disque avec la tige vaginale, sert a maintenir ccs deux parties fléchies a angle droit l’une sur l'autre. La lige vaginale est creusée pour recevoir une lige pleine qui s'unit à angle droit, sans articulation, avec un plastron destiné h se fixer sur 1 abdomen. Les deux parties distinctes dont se compose l’appareil, sont maintenues réunies à l'aide d'uu fil passé dans un trou F, pratiqué à la tige vaginale, près de I articulation ; ce fil CC est noue su. le plastion E, à l’aide de deux I eus situés à sa partie supérieure el roi niant ceinture ; deux aulrcs liens, devant servir de sous-cuisses, sont attachés à sa partie infeiieure, pi es du point sur lequel doit être noué le fil qui unit les deux portions de l'instrument 11H.
IFig. 3T. — Dernier modèle du redresseur utérin de Valleix. — A, lige destinée à pénétrer dans la cavité
I utérine. E le surmonte un disque de métal de > centimètres de diamètre et se termine en bas par doux saillies circulaires, entre lesquelles doit se placer le disque creux de caoutchouc D.Cet'e première partie de l’ai'pireil est urne par une articulation b ressort arec une autre ligis de métal I, qui, devant rester dans le vagin, a reçu le nom de tige vaginale. Le ressort H , situé à l’articulation du disque avec la lige vaginale, est disposé de telle sorte qu’il sert à maintenir ces d -ux parties fléchies à angle droit l’une sur l'autre. La tige vaginale est creusée pour recevoir une lige pleine qui s’unit à angle droit, sans articulation, avec un plastron destiné à se fixer sur l'abdomen. Les deux parties distinctes dont se compose l’appareil sont maintenues réunies seulement par le frottement conique de la tige pleine ; le plastron F est fixé à sa partie supérieure, le long de l’abdomen, par deux rubans GG, et à la partie inférieure, pour servir de sous-cuisses, par deux autres rubans GG. — E, poire servant à insuffler le disque de caoutchouc D. — B, manche destiné à être placé •lar.s la lige creuse I lors de l’introduction do l’instrument.
L usage des tampons et pessaires introduits clans le rectum s'applique aux déviations en arrière (Ætius, Vermandois, Desault, Huguier (1), Dufraigne (2) et quelques autres). Favrot a conseillé, dans le même but, l’introduction à vide , d'une vessie de caoutchouc vulcanisé qu'on remplit d'air ensuite (fig. 38 et 39).
FIG. 38. — Réducteur à air, avant la réduction. — a, utérus; 6, vagin ; c, vessie; d , réducteur vide ; e, insufflaleur gonflé ; f, symphyse du pubis. (Favrot.)
Fig. 39. — Réducteur à air, après la réduction. — a, utérus; b, vagin, c, vessie; d, réducteur gonflé ; e, insufflaleur vide ; f, symphyse du pubis. (Favrot.)
L’usage de divers pessatres introduits dans le vagin a été conseillé et mis en pratique par Drejet et Sander, par Hervez de Chégoin (3), Beattie (4). Tandis que Hervez (fig. 40) se sert de pessaires qui, embrassant le col en même temps qu'une partie saillante (dirigée soit en avant, soit en arrière) tend à repousser le corps dans une direction normale, Beattie, au contraire, agit' exclusivement sur le col à l’aide de pessaires pleins poussés dans le fond du vagin, entre l’utérus et le rectum pour les déviations en avant, et entre l’utérus et la vessie pour les déviations en arrière.
Ces moyens produisent de bons elTets lorsqu’ils peuvent être supportés un temps assez long; mais on sait que fréquemment les femmes sont obligées de renoncera ces corps étrangers (ô). De son côté, Mayer (de Berlin) a imaginé un instrument 1 ( cyi?n!ire7chnnrréd-iicr- (Illi consiste dans une tige de baleine en forme de spatule et vcz de Chégoin. munie d’une éponge à l’une de ses extrémités. Celle-ci étant introduite dans le fond du vagin, en avant ou en arrière, suivant l’espèce de dévia-
(1) Huguier, De Phystérométrie. Paris, 1865.
(2) Dufraigne, thèse citée.
(3) Hervez de Chégoin, De quelques déplacements de la matrice et des pessaires les plus convenables pour y remédier (Mémoires de l’Académie de médecine, Paris, 1 833, t. II, p. 319).
(h) Beattie, Dublin Journ ., 1847.
(5) Piachaud, thèse citée.