DÉVIATIONS UTÉRINES. — TRAITEMENT
tiou, on recourbe la baleine qui vient se fixer sur 1 abdomen à l aide d une ceinture de ruban de fil.
La méthode de traitement qui repose sur la provocation d 'adhérences entre le col et la paroi du vagin vers laquelle le corps est dévié a été fondée par Amussat (1), qui cautérisait avec le caustique de Vienne solidifié la muqueuse du col et du vagin, et rapprochait ensuite ces parties l’une de l’autre. Il faut, pour que ce procédé puisse être utile : 1° qu’il n’y ait qu’une simple version; 2° que le -tissu de l’utérus soit assez ferme pour que les mouvements imprimés au col se transmettent au corps; 3° enfin que le vagin ne soit pas assez flasque pour que les tractions exercées sur lui par l’utérus, qui tend à basculer, ne fassent pas céder la paroi ;i laquelle il adhère par son col.
Dans l’opération du redressement de l’utérus par la sonde, on doit toujours commencer par des applications répétées de l’instrument et l’introduire en suivant les règles tracées pour chaque espèce de déviation. Au lieu de le retirer en maintenant le doigt sur la tige, comme on le fait lorsqu’on veut connaître la profondeur de la cavité utérine, on laisse le doigt dans le vagin, et l’on s’en sert pour repousser le col dans un sens opposé h celui qu’il affectait avant le cathétérisme; ce mouvement a pour but de permettre à l’utérus de rester plus longtemps dans la situation où on l’a placé, et d’exagérer même le redressement obtenu à l’aide de la sonde. Dans le même but, on doit aussi, pendant que l’instrument estencore dans la cavité utérine, retourner sa concavité du côté opposé à celui de la déviation. Malgré les excellents effets produits par la sonde, même dans les cas où elle n’amène pas une -guérison complète, puisque, alors encore, elle prépare l’utérus à recevoir et à supporter le redresseur; quelques auteurs, cependant, critiquent son emploi (2).
Relativement au temps pendant lequel le redresseur peut séjourner dans la cavité utérine et à {'époque à laquelle il . convient de l’enlever, nous rappellerons '.que la susceptibilité de l’utérus est bien plus grande aux approches des règles que pendant les intervalles qui les séparent. Aussi, les femmes qui, pour une cause ou pour une autre, ne sont pas réglées, supportent-elles l’instrument pendant un temps beaucoup plus long que les autres : quarante-huit et quarante-neuf jours, par exemple ; tandis que le terme habituel est de huit ou dix jours, et quelquefois seulement de vingt-quatre ou trente-six heures.
Le plus souvent, après le redressement, il reste un certain abaissement de l’utérus où un repli saillant au point où existait la flexion ; cependant, l’essentiel, pour que la guérison soit complète, c’est que l’axe de l’organe ne soit plus, en tout ou en partie, dévié de la direction de l’axe du détroit supérieur du bassin. Parfois, néanmoins, la guérison pourra être considérée comme complète, sans que ces deux axes se correspondent parfaitement.
Chez plusieurs malades, il reste, après le redressement, certains troubles fonctionnels et quelques douleurs névralgiques dues à l’anémie qui, elle-même, est consécutive à la trop grande abondance des règles provoquée par le traitement. Un simple traitement ferrugineux en fait justice, ou, si elles résistent , les vésicatoires volants, avec ou sans morphine, les font disparaître (3).
(1) Amussat, Bulletin gén. de thérap.
(2) Ashwell, Praetic. treat. of the Discases peculiar to Wonien. London, 1848.
(3) On peut employer aussi la cautérisation transcurrentc (Nonat).
Valleix, 5e édit.
MALADIES DES FEMMES
Quand la guérison est bien assurée, les menstrues se régularisent ; elles deviennent moins abondantes chez les femmes qui avaient des métrorrhagies, et reparaissent chez celles qui avaient une suppression plus ou moins complété. En un mot, les fonctions de l’utérus reprennent leur état normal.
Il est remarquable que, sans aucun traitement, la leucorrhée, qui était constante chez les femmes alfectées de déviation, a disparu chez presque toutes celles qui ont guéri, tandis qu’elle a persisté chez celles qui n’ont eu qu’un peu d’amélioration et chez celles qui n’en ont pas eu du tout.
Effets du traitement sur les granulations , les exulcérations du col.— Dans un certain nombre de cas, les ulcérations du col sont considérables. On ne doit pas s’en occuper pendant tout le temps consacré au redressement de l’utérus, car on les voit souvent disparaître d’elles-mêmes lorsque le but est atteint. Quelquefois, néanmoins, elles persistent, et alors la leucorrhée continue. En pareil cas on doit avoir recours aux moyens ordinaires (injections, cautérisations), et ces restes de maladie disparaissent promptement. Il serait même possible qu’ils eussent disparu spontanément plus tard; mais les malades étant pressées de s’en débarrasser, nous n’avons jamais attendu plus de huit ou dix jours avant de les combattre.
Cette cure facile de lésions qui ordinairement exigent un temps assez long pour être détruites, est d’autant plus remarquable dans les cas dont il s’agit, que la plupart avaient été précédemment traitées pendant des mois entiers et avaient désespéré les médecins par leur persistance ou la facilité avec laquelle elles se reproduisaient.
Accidents que le traitement peut produire. — L’expérience prouve que le redresseur intra-utérin, bien placé et bien surveillé, n’a, dans la très-grande majorité des cas, aucun inconvénient.
Dans quelques cas cependant, ce traitement détermine des symptômes qui exigent l’intervention de l’art. C’est d’abord la métrite. L’inflammation de l’utérus est presque toujours légère ; une simple application de sangsues et le repos suffisent pour la dissiper. Dans quelques cas, où il faut un traitement un peu plus actif, on joindra aux moyens précédents la morphine employée par la méthode endermique. Une seule fois, nous avons vu l’inflammation de l’utérus se communiquer au péritoine environnant, comme cela peut arriver dans les métrites spontanées, cl déterminer une péritonite partielle très-bornée, qui a cédé aux moyens ordinaires. La guérison n’en a pas moins été solide, et elle date actuellement de près de deux ans (1853). Ensuite vient Yinflammation du tissu cellulaire péri~utérin. Cette inflammation ne survient pas ordinairement pendant le séjour de l’instrument, mais à la première éruption des règles qui suit son enlèvement ; elle se termine dans l’immense majorité des cas par résolution, mais elle peut aussi se terminer par l’ouverture d’un foyer purulent dans le vagin, comme cela a lieu dans les cas de phlegmon périutérin, qui se produisent dans d’autres circonstances très-diverses, et qui sont beaucoup plus fréquentes qu’on ne le croit communément.
On observe encore des ménorrhagies , rarement de véritables métrorrhagies , Ces pertes de sang n’ont aucune importance ; elles s’arrêtent spontanément, on i* faut de très-faibles moyens pour les faire cesser. Elles ne nuisent en rien au succès du traitement, et même plusieurs médecins pensent qu’elles sont utiles 1 mais nous ne saurions partager cette opinion.