‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 85 sur 494 · KYSTES SÉREUX. — LÉSIONS ANATOMIQUES · texte numérisé non relu

KYSTES SÉREUX. — LÉSIONS ANATOMIQUES

vivent dans les circonstances on presque toutes les femmes se trouvent placées; t rien ne prouve mieux la légèreté avec laquelle ces questions ont été étudiées, nue de semblables propositions dont la naïveté est presque incroyable. Suivant Ideckel, l’ovaire gauche serait plus fréquemment affecté que le droit; mais il résulte ’t’un relevé de faits présentés par Blolî (1), que, dans 5k cas, 1 ovaire droit a été ffJTecté 31 fois et l’ovaire gauche 23 fois seulement; ce qui tend à démontrer que 'assertion de Meckel aurait besoin de preuves.

2° Causes occasionnelles. — Les causes occasionnelles sont : les violences exté ieures, les excès vénériens , et tout ce qui peut occasionner V inflammation des nrganes génitaux; mais rien n’est moins prouvé que l’exactitude de ces assertions.

I § III. — Lésions anatomiques et physiologie pathologique.

[ I. Les caractères extérieurs, fournis par la disposition delà poche, ont permis ce diviser les kystes de l’ovaire en plusieurs groupes (2) :

« 1° Kystes ovariques uniloculaires , dans lesquels l’ovaire est converti en une coche fibreuse, ou plus exactement en une poche fibro-séreuse très-résistante, qui ttteint quelquefois le volume de l’utérus au dernier mois de la grossesse, et même aavanlagc.

o 2Ü Kystes ovariques multiloculaires , constitués par un nombre plus ou nnoins considérable de poches distinctes sans communication aucune les unes avec ■ os autres; ces kystes présentent, d’ailleurs, beaucoup de variétés. La disposition la ililus ordinaire est celle dans laquelle il existe un kyste principal et plusieurs kystes eecondaires. Il est rare de rencontrer plusieurs kystes d’un volume à peu près çgal.

» 3° Kystes ovariques arêolaires ou vésiculaires , dans lesquels l’ovaire est Irransformé en une masse aréolaire, à mailles ou vésicules de capacités très-diverses, ceommuniquant les unes avec les autres, et remplies par une matière filante comme lie blanc d’œuf, ou de la consistance du miel, ou bien encore de celle de la gelée.

» k° Kystes ovariques composés , dans lesquels il y a association d’un kyste ".uniloculaire ou d’un kyste multiloculaire avec l’espèce aréolaire ou vésiculaire. HOn peut dire, d’une manière générale, que, dans tous les cas où existe du tissu aréolaire ou vésiculaire, le liquide du kyste uniloculaire ou des kystes multiloculaires participe de la nature du liquide du tissu aréolaire et, par conséquent, est toujours visqueux. Il arrive quelquefois que la partie uniloculaire ou multiloculaire du kyste est complètement distincte de la partie aréolaire ou vésiculaire. »> (J. Cruveilhier.)

IL Si, considérés au point de vue des conditions oryaniques au milieu desquelles ils prennent naissance, certains kystes multiloculaires, étudiés par Delpech (3) et par J. Cruveilhier (ù), ont paru constituer une forme de cancer à laquelle le derimier de ces auteurs, qui regarde l'affection comme une altération des extrémités weineuscs, a donné le nom de cancer aréolaire; aujourd’hui, du moins, l’opinion

(1) Bloff, Journal l' Expérience, t. I.

(2) J. Cruveilhier, Traité d’anatomie pathologique générale. Paris, 1856, t. III, p. 398.

(3) Delpech, Chirurgie clinique, t. II, p. 521.

(4) J. Cruveilhier, Anatomie pathologique du corps humain, in-folio, t. II, livraison XXV, i Maladies de l'ovaire.

MALADIES DES FEMMES

la plus générale est que, dans la majorité des cas, les kystes de l’ovaire, soit simples, soit multiples, prov iennent d’une modification des vésicules de de Graaf.

Il résulte, d’ailleurs, des diverses recherches histologiques entreprises sur cette question, et de celles de Fox (1) en particulier, que, malgré la possibilité d’établir entre eux plusieurs variétés, les kystes de l’ovaire présentent cependant tous la même structure. Ils offrent une paroi formée de tissu connectif ou fibreux répondant plus ou moins, selon l’épaisseur, aux caractères principaux de la trame ovarienne, et une couche épithéliale présentant quelques variétés dans le volume et le caractère de ses cellules.

La paroi externe, recouverte par la surface péritonéale, est très-souvent séparable en deux couches : une externe, plus résistante, dense, formée de larges libres; une interne, plus molle et renfermant, dans un réseau aréolaire de fibres, un grand nombre de noyaux allongés et de fibres-cellules avec des vaisseaux nombreux. Dans 1 épaisseur de la paroi sont de petits kystes saillants en dehors ou en dedans (AV. Fox). Les veines ont sur les artères une prédominance extrêmement considérable et sont disposées suivant deux couches bien distinctes. L’une de ces couches, superficielle, est très- considérable; elle se compose de grosses veines creusées dans l’épaisseur de la couche fibreuse superficielle, ayant beaucoup d’analogie avec les sinus de la dure-mère, et, comme ces sinus, paraissant réduites à leur membrane interne; on dirait que ces vaisseaux sont situés immédiatement audessous du péritoine. Les veines de la couche profonde sont, au contraire, extrêmement peu développées, mais en général très-multipliées. Les artères sont relativement beaucoup moins considérables ; les seuls de ces vaisseaux qui paraîtraient pouvoir justifier les appréhensions de Delpech (2), occupent la partie la plus inférieure de la tumeur ou son pédicule, et par conséquent ne sauraient être atteintes par la paracentèse (J. Cruveilhier). Dans la paroi interne, les cellules épithéliales semblent se continuer par gradations insensibles avec celles du tissu connectif de la paroi. Dans quelques cas, il y a régénération épithéliale, avec chute du premier dans le contenu des kystes; et quand cette régénération n’a pas lieu, la paroi reste dépouillée et susceptible de modifications ultérieures. Les cellules du tissu connectif peuvent, de leur côté, subir la dégénérescence graisseuse et ultérieurement la calcification qui se produit par lignes et par plaques; aussi, dans les minces parois, ces altérations conduisent-elles à la rupture des kystes les uns dans les autres, en même temps qu’elles rendent compte des différents aspects.

Les kystes les plus larges ( parent cysts, de AV. Fox) présentent souvent certaines excroissances qui proviennent de leur intérieur et qui leur ont valu le nom de kystes proligères (3). Parmi ces excroissances, celles dites papillaires [en chou-fleur ou dendritiques) laissent entre leurs bases des espaces qui peuvent devenir clos par suite delà fusion des parties avoisinantes sous l’inlluence de la pression exercée par le liquide. De là un mode de formation de kystes composés qui peuvent quel-

(1) Wilson Fox, On the origin, structure and mode of development of the cystic tumours of the ovary (extrait du vol. XLY1I des Transactions médico-chirurgicales. Londres, 28 juin 18G4, avec 3 planches).

(2) Boivin et Dugès, Traité des maladies de l'utérus. Paris, 1833, t. Il, p. 523. — Hooper, Morbid anatomy of the human Utérus, pl. XX.

(3) Kystes uniloculaires végétants, de J. Cruveilhier (Trhité d’anatomie pathologique yen., t. III, p. 399).

KYSTES SÉllEUX. — LÉSIONS ANATOMIQUES.

quefois se comporter comme les kystes formateurs , mais dont souvent les parois sont accolées par l’effet de la pression qu’elles supportent. Quelquefois, la fusion ne se faisant que par places, il existe, autour des bases des papilles, des espaces aréolaircs, qui, communiquant çà et là avec la cavité générale, se montrent, çà et là aussi, remplis d’une masse analogue à du fromage pourri, provenant de la dégénérescence en masse des papilles secondaires.

Indépendamment des prolongements papillaires, on rencontre encore, à l’intérieur des larges kystes, des excroissances villeuses et glandulaires qui s’observent souvent i ensemble. Tandis que les prolongements papillaires sont formés de tissu connectif, les villosités en renferment à peine et sont presque exclusivement composées de K \ aisseaux; quand elles sont espacées on ne rencontre pas de productions glandulaires, à la formation desquelles elles conduisent, au contraire, lorsqu’elles sont ; s serrées.

Ce qui distingue des autres glandes les productions glandulaires qu’on observe i alors, c’est que, outre l’existence de plusieurs couches épithéliales qui leur ; appartiennent, elles naissent de la surface par l’allongement des villosités et du •stroma intermédiaire, de manière à circonscrire des tubes qui sont d'autant plus il longs que ces villosités s’accroissent davantage. — Les kystes dérivant de ces 1 1 excroissances glandulaires peuvent se produire de plusieurs manières : 1° soit par 1 l’occlusion de l’orifice, consécutivement à l’accroissement et à la fusion de deux I ’ villosités voisines qui se développent ultérieurement; 2° soit parce que la glande Uest divisée en cavité close par une cloison qui se développe aux dépens de la paroi p i épaissie ( kystes tertiaires).

« En ne considérant que la paroi de ces kystes composés que nous venons

I c d’étudier, on y trouve des kystes plus petits, de la grosseur d’un grain de millet !i (ou de pavot, eu partie saillants dans le kyste, en partie enfoncés dans la paroi, et le |i microscope en fait découvrir un grand nombre de plus petits, en même temps qu’il i révèle l'existence d’une cavité dans leur intérieur. » Ces kystes existent près des (points où naissent les productions glandulaires, et se montrent rares et disséminés.

J Ils semblent naître de la trame de l’ovaire, procédant à une évolution ultérieure , (et, finalement, enfermant et oblitérant les orifices des glandes entre ses couches.

Avant de pouvoir prendre de l’accroissement, ces kystes peuvent, du reste, être le • siège de dégénérescence graisseuse; mais si celle-ci arrive quand ils sont développés, il peut y avoir ouverture des uns dans les autres, d’où l’aspect aréolaire ( kystes aréolaires ).

Enfin, il est de petits kystes, qui émettent un ou plusieurs prolongements, lesquels

I I présentent une série de portions étranglées, de manière à former des cavités closes. (.Ces productions, selon AV. Fox, ont commencé par une altération des vésicules de ode Graaf.

Indépendamment de ces variétés d’origine, « les kystes pariétaux, lorsqu’ils ss’ouvrent à l’extérieur, donnent à la surface péritonéale un aspect villeux; les (villosités sont dépouillées de l’épithélium, et l’on ne sait si elles sont ou non, dans cce cas, capables de contracter des adhérences avec les surfaces voisines. » Mais ce ((qui paraît résulter au moins des recherches de AV. Fox, c’est que tout kyste, même i parmi ceux qui sont isolés au milieu des masses les plus complexes , peut devenir lie point de déport d'une formation de kystes multiples, point d'un yrand intérêt Yaxleix, 5e édit. V — 19

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quand, on veut discuter la valeur relative de la ponction et de l'extirpation (1).

III. L’étude des poches kystiques et des conditions organiques qui paraissent leur donner naissance ou en favoriser le développement, doit être complétée par i celle de leur contenu.]

Les cavités des kystes, dont la capacité est extrêmement variable, puisqu’on en a trouvé qui n’admettaient pas le petit doigt, et d’autres qui pouvaient contenir jusqu’à 50 kilogrammes de liquide et plus encore, renferment une matière qui varie, suivant les cas, sous tous les rapports. Parfois, il y existe quelques gaz dont la présence est due à la décomposition de cette matière; ce qu’on y rencontre le plus abondamment est une masse liquide, tantôt transparente, blanche et coulant comme de l’eau, tantôt constituée par de la sérosité citrine, tantôt lactescente, tantôt épaisse, gélatineuse, couleur de café ou de chocolat. On y rencontre encore quelquefois une matière demi-liquide, semblable à du miel, à de la colle, à du suif, à de la graisse, etc. La quantité de la matière contenue est, du reste, en rapport, non avec le volume de la tumeur, mais avec la capacité des kystes.

Le contenu est aussi variable suivant la forme du kyste que l’on examine; ainsi, dans les kystes uniloculaires (à l’exception de la variété dite kyste végétant et dont le liquide est souvent visqueux), le produit est ordinairement séreux, et patconséquent d’une évacuation facile et complète. Le liquide est également séreux dans les kystes multiloculaires.

Quant aux cavités des kystes aréolaires ou vésiculaires, elles sont remplies par une matière filante comme du blanc d’œuf ou offrant la consistance du miel ou de la gelée, qualité physique qui, jointe à l’étroitesse de la communication des diverses cavités entre elles, engage à rejeter la ponction qui donnerait à peine issue à quelques cuillerées de liquide.

L’étude du contenu est donc, suivant la juste remarque dç J. Gruveilhier (2), une question de la plus haute importance, car les points de diagnostic à résoudre dans les kystes de l’ovaire sont les suivants :

« 1° Le kyste est-il uniloculaire, est-il multiloculaire, et, dans ce dernier cas, existe- t-il une poche principale?

» 2° Le kyste ovarique est-il aréolaire ou vésiculaire en totalité ou en partie, et dans quelle proportion ?

» 3° Relativement à la qualité du liquide, celui-ci est-il séreux, visqueux ou gélatiniforme? »

Nous devons faire remarquer, dès à présent, qu’au début de la maladie, le liquide peut paraître contenu dans une seule vésicule, alors qu’il existe plusieurs loges internes, et, qu’en réalité, ces kystes sont multiloculaires- Cependant, il n’en est pas toujours ainsi : le liquide occupe une seule grande cavité, et, bien qu’il y ait en même temps d’autres petits kystes, ceux-ci communiquent entre eux, et pratiquement on a affaire à un kyste uniloculaire. Quand il y a plusieurs cellules, elles peuvent ou non communiquer entre elles.

C’est un grand avantage, lorsque la communication existe, parce qu’une seule

(1) Ch. Périer, Analyse du travail cité de Wilson Fox ( Journal de l'anatomie et de la physiologie , par Ch. Robin, t. II, p. 326. Paris, 1865).

(2) J. Cruveilhier, loc. cit., t. III, p. 403.

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