KYSTES SÉREUX. — LÉSIONS ANATOMIQUES
ponction permet à tout le liquide de s’écouler (fig. 51), absolument comme s’il y 3 avait un sac unique (1).
Fig. 51. — Hydropisic enkystée de l’ovaire. — A, grand kyste de l’ovaire à travers lequel on a passé un stylet. C, C, C, petits kystes d’abord indépendants les uns des autres, plus tard communiquant ensemble, d’après line pièce déposée au musée Dupuytren, 0 400.
IV. Outre leliquide contenu dans la poche kystique, simple ou composée, on voit I presque toujours, surtout à la racine de la tumeur, une certaine quantité de matière "solide qui peut arriver à un degré de développement tel, qu’elle forme une grande I partie de la tumeur et diminue sérieusement la capacité du kyste (Fl. Churchill). IDans un cas observé par J. Cruveilhier (2), indépendamment de petites tumeurs aaréolaires, de forme sphéroïdale, qui proéminaient à la face interne d’un kyste i uniloculaire végétant, les parois de la poche contenaient dans leur épaisseur un c gâteau aréolaire ayant la forme, l’aspect et le diamètre du placenta. J. Cruveilhier, tqui a bien souvent rencontré cette disposition, fait remarquer combien il serait î malheureux que, dans un cas semblable, le trocart tombât sur le lieu occupé par le -gâteau aréolaire.
V. Au point de vue pratique, les rapports de l'ovaire malade avec les organes voisins sont importants h étudier. L’hydropisie peut, du reste, atteindre les deux ovaires à la fois (3) ou bien un seul; mais il est rare qu’elle soit également développée des deux côtés; c’est ainsi qu’un des ovaires peut remplir tout l’abdomen, tandis que l’autre n’est pas plus volumineux qu'une orange. (Fl. Churchill.)
Les kystes de l’ovaire sont constamment en rapport immédiat dans toute leur hauteur avec la paroi abdominale antérieure et refoulent constamment au-dessus d’eux toutes les circonvolutions intestinales. L’épiploon seul a pu quelquefois ' s’interposer, en demeurant attaché à la paroi abdominale à laquelle il avait adhéré préalablement au développement du kyste (A).
Ordinairement le kyste est libre de toute adhérence avec les parois abdominales, même dans le point (pie la ponction a perforé, ce qui tient sans doute au défaut de parallélisme qui s établit après la ponction entre le point perforé du kyste et le Joint perforé de la paroi abdominale. (J. Cruveilhier. )
Sauf quelques exceptions, l’utérus est en général placé au devant de la partie
(1) Fl. Churchill, Traité pratique des maladies des femmes, traduct. franç. Paris, 1866,
(2) J. Cruveilhier, loc. cit., t. III, p. 421.
(3) Osiander, Neue Denkwürdic/keiten , 1799, t. IL — Joerdcn , Ilufeland’s Journal,
(4) E. Cloquet, Bulletins de la Société anatomique, année 1841, p. 111.
MALADIES DES FEMMES
inférieure du kyste ovarique auquel il adhère souvent par des liens celluleux plus ou moins serrés, rapport qui paraît être la conséquence naturelle de la position de l’ovaire dans l’épaisseur de l’aileron postérieur du ligament large. Souvent aussi, dans le cas de kyste ovarique, l’utérus subit des déplacements, ou des déformations, au nombre desquelles figure une élongation parfois très-remarquable, se produisant presque exclusivement aux dépens de l’angle utérin correspondant à l’ovaire kysteux. La trompe utérine, du côté malade, partage la situation de l’utérus, et, comme ce dernier, est le plus ordinairement au devant du kyste dont elle mesure la plus grande partie, à la façon d’une écharpe très-obliquement étendue de bas en haut et de dedans en dehors. L’aileron de la trompe la suit dans son élongation et se présente sous l’aspect d’un repli falciforme souvent libre, quelquefois adhérent à la tumeur.
Tandis que le ligament rond correspondant au kyste ne présente rien de particulier, celui du côté sain est considérablement hypertrophié, et comme longueur et comme volume, ce qui tient, sans aucun doute, à la traction exercée par l’ovaire malade sur l’utérus, et par conséquent, sur le ligament rond. (J. Cruveilhier.)
Du côté malade, tantôt on ne trouve point de vestige de l’ovaire, tantôt cet organe, ou ce qui en reste, paraît comme une sorte de nœud sur l’une des parois du sac, et quelquefois de semblables nœuds deviennent comme cartilagineux ou osseux. (Fl. Churchill.)
« L’intestin grêle est toujours refoulé en haut et en arrière par la tumeur ; cl lorsque le kyste de l’ovaire atteint l’épigastre, l’intestin grêle occupe presque en entier l’bypochondrc gauche au devant et au-dessous de l’estomac.
» L’arc du côlon partage le sort de l’intestin grêle dans sa moitié gauche; sa moitié droite est reçue dans l’hypochondre droit au-dessous du foie. Le cæcum, les côlons ascendant et descendant, l’S iliaque et le rectum restent seuls en place (1), et la position du gros intestin derrière le kyste peut être déterminée parla percussion des régions lombaires. » (J. Cruveilhier.)
D’après ce qui précède, il est évident que la compression de l’intestin, et par conséquent, la rétention des matières fécales, ne pourraient avoir lieu que sur la portion du gros intestin restée en place : dans un cas seulement, J. Cruveilhier a observé l’étranglement du gros intestin par un kyste de l’ovaire (2). ]
g IV.— Symptômes.
Jjébut. — Un des premiers symptômes de l’existence d’un kyste de l’ovaire est une douleur sourde, un embarras, une gêne, une pesanteur, une espèce de tiraillement dans une des régions iliaques, sensation qui se manifeste surtout, soit avant, soit pendant les époques menstruelles. Ce symptôme, dont le peu de valeur au début (s’il s’agit de porter un diagnostic) permet de considérer encore ce début comme latent dans la plupart des cas, acquiert plus tard une signification importante : lorsque, en effet, le ventre aura pris du développement, et que, par sa dis-
(1) J. Cruveilhier a cependant observé un cas dans lequel le cæcum et le côlon ascendant n'occupaient pas leur place accoutumée, mais bien la partie supérieure de l’abdomen (/oc. cit. , t. III, p. Al 2).
(2j J. Cruveilhier, loc. et'/,, t. 111, p. il 2.