‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 87 sur 494 · K. V ST HS SÉREUX. — SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

K. V ST HS SÉREUX. — SYMPTÔMES

position uniforme, il ne laissera plus reconnaître, ni par la vue, ni par le palper, de i quel côté la tumeur a pris naissance, le siège primitif de la douleur, en faisant connaître le côté où le kyste a commencé, indiquera à l’opérateur le côté où la ponction elle-même devra être pratiquée. (Boinet.)j

Maladie confirmée. Étude symptomatique de son développement. — « A. j mesure que la tumeur, encore contenue dans le bassin, acquiert un plus grand (développement, elle augmente de poids et s’accompagne de constipation et d’héi morrhoïdes. La pression sur le rectum empêche le passage des matières intestinales, t et par là, facilite la distension des intestins et aussi la dilatation des uretères; dans ( quelques cas aussi, la pression exercée par la tumeur peut empêcher la vessie de • se vider (1). Le toucher fait reconnaître une tumeur entre le vagin et le rectum, et, i si les parois sont minces, on sent de la fluctuation. L’orilice utérin peut être à sa | place normale, un peu abaissé ou un peu élevé, repoussé d’un côté ou d’un autre,

? suivant le siège ou la dimension de la tumeur qui n’est pas, d’ailleurs, sensible à la pression. En introduisant le doigt dans le rectum, au-dessus de la tumeur, on t rencontre le col de l’utérus qu’il est facile de distinguer de l’ovaire hypertrophié, i Cette distinction est importante à faire, au point de vue du diagnostic, autrement (on pourrait croire b une rétroversion de l’utérus. »

Plus tard apparaît, dans l’une des régions iliaques, une tumeur qui, ordinaire- 1 ment indolente, provoque cependant, quelquefois, des douleurs extrêmement ’ vives. Dans un cas observé par Valleix, une jeune femme, qui portait un kyste (de l’ovaire droit, gros comme la tête d’un fœtus, éprouvait, dans la fosse iliaque et (dans le flanc de ce côté, des douleurs qui se dissipaient après deux ou trois jours (de durée, pour se reproduire dans un espace de temps plus ou moins considérable.

La tumeur, indolente ou non, est appréciable à la main, lobulée ou arrondie, (offrant une résistance égale, élastique. Assez souvent elle dépasse le pubis ou (même est arrivée jusqu’à l’ombilic, sans que la malade se soit doutée de son développement; au bout d’un certain temps, l’abdomen offre enfin une disposition uniforme et le volume d’une grossesse avancée; circonstance qui peut prêtera la confusion (2). Mais, si le kyste a continué à se développer, son volume devient plus considérable, la tension de l’abdomen augmente, la respiration est gênée, des troubles fonctionnels se manifestent du côté des organes abdominaux, et alors les malades, commençant à s’inquiéter, viennent consulter le médecin. Dans ces circonstances], la pression, la pei'cussion, les grands mouvements et la fatigue causent ordinairement un peu de douleur dans la région occupée par la tumeur, mais ce n’est, presque toujours, que lorsque celle-ci est assez volumineuse pour distendre 1 abdomen. A la palpation, on lui trouve une forme plus ou moins arrondie, et des caractères différents suivant son volume. Est-elle, par exemple, encore d un volume médiocre, tel que celui d’une tête de fœtus, on la sent trèsbien circonscrite dans un des côtés de l’abdomen, et la main, pressant fortement par son bord cubital sur la paroi antérieure de cette cavité, peut saisir la tumeur du côté de 1 ombilic, où 1 on trouve son fond globuleux. Mais il ne faut pas se contenter ' de cette exploration; on doit suivre la tuméfaction jusque dans la fosse iliaque, où

(1) Robert Lee, ( ycloprrdia nf pract. med., art. Diseuses ofthe Ovaria . — Burns, The . principes of Midwifery, p. 155.

12) Voyez pins loin, § VI.

MALADIES DES FEMMES

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l’on peut s’assurer que se trouve sa limite, ce qui est très-important pour le diagnostic. Si, au contraire , la tumeur offre 'un très-grand, volume , si elle distend fortement la paroi abdominale, il est plus difficile de la circonscrire; cependant, avec un peu d’attention, on parvient, dans presque tous les cas, à trouver un côté de l’abdomen plus tendu, plus dur, plus résistant que l’autre, et à s’assurer qu’une des deux fosses iliaques est souple, tandisque l’autre, où la tumeur prend sa racine, est très-résistante.

La simple inspection de l’abdomen est souvent très-utile pour faire reconnaître la nature de la maladie. Le ventre est, en effet, fréquemment déformé, le côté occupé par la tumeur étant plus saillant que l’autre. [Toutefois, chez les jeunes filles ou chez les femmes qui n’ont pas eu d’enfants, il est quelquefois difficile de constater môme de quel côté la tumeur a commencé, parce que, en même temps qu’elle s’accroît, le côté opposé se remplit du paquet intestinal qui y est refoulé, de sorte que l’abdomen est également tendu (Boinet). ] En pareil cas , la percussion vient en aide à la palpation : dans l’hydropisie de l’ovaire, en effet, les intestins étant refoulés du côté opposé à la tumeur, donnent à ce côté un son clair, tandis que l’autre est mat (1).

Si l’on pratique la percussion avec soin, on trouve dans la fosse iliaque, où la tumeur a pris naissance, une matité marquée, tandis que la fosse iliaque du côté opposé est sonore ; puis, en cherchant la limite supérieure de la matité, on s’assure que la ligne qui la sépare du son clair des intestins est une ligne courbe, dont la convexité est tournée en haut, et qui, venant se perdre dans le côté occupé par la tumeur, laisse l’autre libre dans une plus ou moins grande étendue. Lorsque la tumeur est excessivement considérable, ces signes sont moins faciles à reconnaître; mais on s’assure alors que les intestins ont été refoulés vers un point latéral de l’abdomen, et de plus, en faisant varier la position de la malade, on ne voit pas survenir de changement dans le siège de la matité. [Cependant, quand les parois du ventre présentent une certaine laxité, ordinaire aux femmes qui ont eu des enfants, et que le ventre n’est pas très-volumineux, la tumeur peut se déplacer dans la position de droite et de gauche que prend la malade et, assez souvent, fait sentir alors une sorte d’ondulation (2) (Boinet).] En dehors de cette circonstance, les signes précédemment indiqués sont également bcaucou p plus obscurs que lorsque la maladie occupe les deux ovaires. Mais dans ces cas, qui ne sont pas les plus fréquents, à beaucoup près (quoique la plupart des auteurs aient avancé que lorsque l’affection occupe un des ovaires, elle ne tarde pas à envahir l’autre), la palpation et la percussion offrent d’autres ressources, caries deux tumeurs ne sont jamais d’égal volume, et en constatant l’irrégularité très-grande de la tuméfaction qu’elles occasionnent, on a un signe très-important pour le diagnostic.

[Nous avons vu tout à l’heure que, lorsqu’on a eu l’occasion d’examiner la malade à une époque où l’ovaire malade était (comme l’utérus gravide dans les premiers temps de la gestation) encore contenu dans le petit bassin, le toucher,

(1) Rostan, Mémoire sur les moyens de distinguer l hydrocele enkystée de l ascite (JVomw, Journal de méd., t. III, et Traité du diagnostic).

(2) Nous nous bornons ici à cette simple indication, l’étude des renseignements iourms par la fluctuation nous paraissant mieux placée dans le passage où nous traiterons des diverses formes de kystes ovariques et des moyens propres à les faire reconnaître.

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