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INFLAMMATION CIRCÜM -UTÉRINE. — MARCHE* DURÉE, TERMINAISON

l’inflammation avait gagné le péritoine voisin, il est monté à 108 et llû, et est devenu faible et petit; dans les autres il n’a pas dépassé 90 et a conservé son volume ordinaire.

La face est toujours anxieuse, elle exprime la souffrance à un très-haut degré au I moment des exacerbations. Dans les cas où le péritoine voisin a été envahi, elle était pâle, amaigrie, avec une expression des plus douloureuses.

Le décubitus est en général dorsal, la tète assez élevée pour que le tronc soit un peu porté en avant. Dans les exacerbations, les malades se tiennent en général le corps penché en avant, et souvent elles changent de position dans l’espoir de se soulager, ou môme se livrent à des contorsions.

Nous n’avons jamais observé de symptômes cérébraux.

Tels sont les symptômes de cette affection. Dans les cas où la suppuration s’éta- 1 blit, ils changent de nature, puis s’amendent rapidement ot disparaissent même en quelques instants, si l’abcès s’ouvre et trouve une voie facile au dehors.

B. Phlegmon ante-utérin. — Nous n’avons observé cette inflammation isolée que dans trois cas. Les symptômes particuliers à cette espèce ont été les suivants : les malades éprouvaient une douleur hypogastrique vive, avec exacerbations. Le ['toucher vaginal faisait reconnaître le cul-de-sac postérieur parfaitement libre et (• souple. Dans le cul-de-sac antérieur, au contraire, on sentait, non pas une tumeur ce® consente et arrondie, comme dans l’espèce précédente, mais une tension marquée, une résistance insolife, résultant de l’inflammation. La disposition serrée du ntissu qui unit la paroi vaginale à la vessie et une portion de celle-ci au col, explique

celte différence. On nesentpas latéralement, d’une manière distincte, les limites de vcelte résistance. La pression exercée avec l’extrémité du doigt sur la partie résis- Uante, occasionne la plus vive douleur; il en est de même lorsque, voulant prepousser le col de l’utérus en arrière, on exerce des tiraillements sur ce point.

Un autre symptôme constant et remarquable est la douleur liée aux contractions vésicales pendant la miction. Les malades s’en plaignent vivement. En même temps ilil survient des envies fréquentes d’uriner, qui les fatiguent beaucoup, envies auxquelles elles cherchent à résister, mais que l’irritation de la vessie les force bientôt a a satisfaire.

Tous les symptômes décrits dans la précédente espèce, sauf ceux qui ont leur .siège dans le rectum, appartiennent également à celle-ci. Seulement, nous avons remarqué que les symptômes péritonéaux se manifestent ici plus facilement, sans doute parce que le développement de l’inflammation est plus facile vers la partie P supérieure, où le tissu est plus lâche.

C. Inflammation ante- et rétro-utérine réunies. — En réunissant les Sym- ! plûmes propres à chacune des deux précédentes espèces aux symptômes qui leur ■ iont communs, on a le tableau de la maladie. Il suffit donc de la mentionner.

Quant aux cas où Y inflammation siégeait sur le côté de l’utérus, comme la tu- ! Reur se portait un peu en arrière vers le rectum, ce sont les symptômes de la )rcmière espèce qui prédominaient.

§ LU. — Marche, durée, terminaison.

[ Nous avons déjà suffisamment indiqué la marche générale de l’inflammation oéri-utérine, en décrivant les formes aiguë et chronique de cette affection; ajou- Valleix, 5e édit. v

MALADIES DES FEMMES

tons encore que, clans quelques cas], au bout (le huit, dix et même vingt-quatre heures, les symptômes se reproduisent avec la plus grande violence, et ainsi de suite, pendant quatre, six, huit jours et quelquefois plus. C’est, comme on le voit, une intermittence irrégulière bien prononcée. Dans quelques cas même, cette intermittence se rapprochait assez de la périodicité pour qu’on crût avoir affaire à une maladie franchement intermittente.

La durée de l’affection, quand elle se termine par résolution, est de huit à dix jours ordinairement. Cependant il reste, après ce temps, un point d’induration encore douloureux à l’endroit où siégeait l’inflammation, et les femmes ont besoin de grands ménagements. Quand la maladie se termine par suppuration, les symptômes douloureux ont une durée un peu plus longue, parce qu’il se passe quelques jours de plus avant que la collection purulente soit formée; puis l’ouverture de la tumeur, naturelle ou artificielle, met promptement un terme aux souffrances de la malade.

La terminaison de la maladie est variable. Dans le plus grand nombre des cas, elle se fait par résolution; nous n’avons vu, en efleL sur 25 cas, la suppuration ne s’établir que deux fois dans l’inflammation rétro-utérine, une fois dans la variété anté-utérine, et une fois dans les deux variétés réunies. En tout, U fois sur 25. C’est là un point très-important, car il prouve que la maladie a été bien souvent méconnue, puisqu’elle n’a été étudiée que dans les cas où il se produit un abcès. Et cependant, comme nous l’avons vu, elle n’est pas moins bien caractérisée quand elle doit se terminer par résolution.

Lorsque cette terminaison par résolution a lieu, on voit d’abord les symptômes généraux s’amender, puis cesser complètement. La tumeur dans l'inflammation rétro-utérine, et les tissus résistants dans la variété anté-utérine, deviennent beaucoup moins douloureux. Puis toute douleur disparaît, la tumeur diminué peu à peu, il faut la chercher dans un point plus élevé, et enfin elle disparaît sans laisser de trace, ou bien il reste, pendant un certain temps, un petit noyau induré qui disparaît plus tard. Les tissus reprennent leur souplesse, et l’on peut imprimer à l’utérus des mouvements comme à l’état normal.

Quand la suppuration s'établit, il y a quelques signes, comme de légers frissonnements, du malaise, qui l’annoncent dans certains cas, mais non dans tous. Puis les tissus présentent plus de mollesse, on trouve une fluctuation qui n'est bien évidente que dans la variété rétro-utérine, et seulement lorsqu’elle fait une saillie assez considérable entre la paroi vaginale et la paroi rectale; puis, la tumeur se rompt et le pus s’écoule au dehors. Dans les cas que nous avons observés, le pus s’est fait jour constamment dans le vagin, lorsqu’il s’agissait du phlegmon rétroutérin. Cependant on conçoit que l’abcès puisse s’ouvrir dans le rectum. Dans ce dernier cas, on observe les phénomènes bien connus qui ont lieu lorsque le pus des phlegmons de la fosse iliaque prend cette voie (1).

Lorsque l’inflammation siège à la partie antérieure de l’utérus, le pus peut également se frayer une voie par le vagin ou par la vessie.

Enfin, on voit quelquefois Y inflammation se propager aux ligaments larges, et alors l’affection prend des caractères un peu différents (2).

(1) Voyez plus loin, Tumeurs inflammatoires des fosses iliaques

(2) Voyez plus loin, Inflammation des ligaments larges.

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