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INFLAMMATION CIRCUM-UTÉRINE. — SIÈGE ANATOMIQUE ET CAUSES

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g IV. — Siège anatomique et causes.

Siège anatomique de l'inflammation circum-utèrine. ■ — L’inflammation î-utérine, étudiée d'abord sous le nom vague d’ engorgement de l'utérus ,

fut, pour la première fois, considérée par Lisfranc (1) comme un groupe de faits pathologiques auquel il eut le mérite d’assigner ses caractères fondamentaux, en appelant l'attention sur l’existence des douleurs pelviennes et d’une tuméfaction en connexion avec une partie de l’utérus. Ensuite vinrent les recherches sur la nature de cette affection, nature dont le caractère réellement inflammatoire fut consacré par l’expression de métrite chronique partielle. Mais, si Lisfranc avait su, grosso modo , indiquer déjà un des faits fondamentaux de l’histoire des inflammations circum-utérines, et si leur nature phlegmasique paraissait mise hors de doute, une étude plus complète de la question ne devait pas tarder à amener des f discussions importantes, en cherchant à accorder, dans cet état pathologique, une prédominance particulière aux lésions de tel tissu comparées à celles de tel autre, entrant comme élément dans la structure de la région.

On admettait généralement la fréquence des tumeurs inflammatoires des ligaments larges, et Nonat, en lSé6, venait de fournir, sur les différentes formes de i cette affection, des notions plus nettes et plus positives, lorsque, démêlant dans les ,i affections de ce genre, un élément inflammatoire dont il n’avait guère été question jusque-là, fut porté peu à peu à le considérer comme dominant la pathologie périutérine. 11 existe du tissu cellulaire entre l’utérus et le péritoine qui revêt exté- 1 1 rieurement cet organe, et ce tissu peut s’enflammer. « La couche cellulaire périi utérine, assez épaisse au-dessus de l’insertion du vagin à la matrice, et au niveau des culs-de-sac péritonéaux, va s’amincissant, se raréfiant, à mesure quelle se i rapproche de la partie moyenne et du fond de l’organe. Elle est d’une texture lamelleusc et ne s’infiltre jamais de graisse. Sa minceur et sa structure expliquent à merveille pourquoi l’inflammation, loin de s’y produire toujours sous la forme aiguë, avec intensité, et d’y engendrer promptement du pus, y suit souvent, au contraire, une marche lente, progressive, versant, au lieu de globules purulents, des éléments plastiques dont l’accumulation forme, à la longue, ces masses indurées qui constituent les phlegmons pèri-utérins chroniques. » Telle est, en résumé, la doctrine défendue par Nonat (2).

Depuis, Bernutz et Goupil (3) ont fait remarquer combien est mince la couche de tissu cellulaire intermédiaire au tissu de l’utérus et au péritoine, qui revêt cet organe, et combien il est difficile que cette couche si mince, si serrée, puisse donner naissance à des tumeurs inflammatoires telles que celles décrites par Nonat. Ils établissent, en outre, que, dans deux autopsies, la tumeur inflammatoire qui, pendant la vie, avait présenté les signes caractéristiques des phlegmons péri -utérins, n’avait pas pour siège le tissu cellulaire en question, mais qu’elle était constituée par les viscères pelviens réunis entre eux à l’aide d’adhérences péritonéales. En

(1) Lisfranc, Clinique chirurgicale , t. II, p. G46 et suiv. Paris, 1842.

(2) Nonat, Traité des maladies de l'utérus et de ses annexes. Paris, 1860.

(3) Bernutz et E. Goupil, Recherches cliniques sur les phlegmons péri-utérins ( Archives cle médecine, 1857), et Clinique médicale sur les maladies des femmes. Paris, 1862, t. II.

MALADIES DES FEMMES

tl’autres termes, il n’y avait pas alors un phlegmon péri-utérin, mais une péritonite 1 du bassin, ou, comme le disent ces auteurs, une pelvi-péritonite.

Pour Bernutz et Goupil, l’inflammation du péritoine pelvien à laquelle on doit attribuer les adhérences péritonéales si communes et si souvent signalées au pourtour des organes génitaux, est une affection excessivement fréquente. Ils la comparent à l’inflammation de la tunique vaginale dans l’orchite. Seulement, s’il y a analogie dans le travail morbide qui s’accomplit, il n’y a pas analogie dans la gravité des conséquences. La transmission du processus inflammatoire, de l’utérus enflammé au péritoine voisin, provoque un travail d’exsudation plastique qui, nonseulement par son étendue, détermine des sympathies nombreuses, mais encore donne lieu à la production d’adhérences qui rattachent à l’utérus les organes voisins et en compromettent plus ou moins les fonctions. Ainsi se développent des tumeurs perceptibles au moyen du touchervaginal oude la palpation hypogastrique, et qui sont formées en partie par des exsudais fibrineux, en partie par les viscères agglomérés.

Bernutz et Goupil considèrent, en outre, les péritonites pelviennes comme étant, dans presque tous les cas, consécutives à un état morbide, d’ailleurs variable, d’un des organes génitaux internes (les ovaires, et surtout les trompes, plus souvent que l’utérus). Les symptômes prédominants appartiennent, du reste, à la pelvi-péritonite, tandis que l’affection utérine ou tubo-ovarienne, bien que la plus importante, puisque c’est elle qui a entraîné le développement de l’inflammation de la séreuse pelvienne, n ’est indiquée jusqu’ici que par des symptômes obscurs. Bernutz et Goupil rejettent, d’ailleurs, l’existence de phlegmons péri-ulérins subaigus ou chroniques; dans ces cas encore, il y a phlcgmasie du péritoine pelvien, et la tumeur, perceptible au toucher, est constituée par des brides pseudo-membraneuses et par des agglomérations intestinales (1).

Entre les opinions contradictoires de Nonat et de Bernutz et Goupil, vient se placer celle d’Aran. Sur les parties latérales de l’utérus, cet auteur a pu, à trois reprises différentes, reconnaître pendant la vie des engorgements partiels du tissu cellulaire, et s’assurer après la mort de la composition réelle de ces engorgements. Suivant lui, l’inflammation du tissu cellulaire pelvien qui entoure l’utérus ne saurait donc être contestée; le tissu cellulaire sous-péritonéal est constamment épaissi et induré dans les cas analogues à ceux qui ont été décrits par Bernutz et Goupil, mais cet épaississement, cette induration, se rencontrent rarement dans le ligament large, et fort souvent, au contraire, on l’observe dans l’espèce d’anneau celluleux qui embrasse le col de l’utérus en avant, en arrière et sur les côtés.

Quand la tumeur de la cavité pelvienne acquiert des proportions assez considérables pour pouvoir être sentie à travers la paroi de l’abdomen, Aran ne pense pas qu’elle soit exclusivement formée aux dépens du tissu cellulaire pelvien, et, sur ce point il est de l’avis de Bernutz et Goupil : jamais tumeur inflammatoire d’un, volume ; un peu considérable n’a été formée par le tissu cellulaire péri-utérin seulement. Les tumeurs de ce genre résultent des adhérences des annexes de l’utérus entre elles, d’une part, et des adhérences de ces annexes avec l’utérus et avec les organes ren-

(1) Voyez aussi J. H. Bennet, Traité pratique de T inflammation de T utérus et de scs ]j annexes, trad. franr.de Michel Peler. Paris, 1864, p. 253-269.

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