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INFLAMMATION CIRCUM-UTÉRINE. — SIÈGE ANATOMIQUE ET CAUSES

fermés dans la cavité du bassin, d’autre part. — Aran pense aussi que c’est le plus habituellement, de l’ovaire ou de la trompe, que part la première traînée inflammatoire qui provoque l’inflammation peri-utérine.

Ainsi, Aran et plusieurs autres médecins, au nombre desquels Michel Peter (1), admettent que les petites tumeurs péri-ulérines pourraient bien résider dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, tandis que les tumeurs volumineuses résulteraient d d’une pelvi-péritonite (2).

Telles sont, exposées le plus succinctement possible, les principales opinions qui régnent à propos du siège anatomique des inflammations circum- utérines. Il nous reste maintenant à examiner les causes qu’on a assignées h ces inflammations. ]

2° Causes prédisposantes. — L’âge des malades a varié de dix-sept à quarante-deux ans. Aucune n’avait encore passé la grande période menstruelle, et ce fait mérite d’être remarqué, parce qu’il prouve que c’est à l’époque où l’utérus jouit de toute sa vitalité que se produisent les inflammations qui ont pour siège le pourtour de cet organe.

Il n’y a rien eu, dans la constitution , ni dans le tempérament, qui mérite d’être n mention né.

Sur les 17 cas qui ont été recueillis avec soin, 11 étaient relatifs à des femmes qqui avaient de la dysménorrhée, et cette dysménorrhée était due à une congestion < sanguine.

Dans- 3 cas sur 25, les malades avaient une déviation utérine qui avait été traitée par le redresseur utérin. Nous ne plaçons pas cette cause parmi les causes occassiç un elles, parce que ce n’est pas immédiatement à la suite de l’application du reddresseur que l’inflammation s’était produite, mais plusieurs jours après et lors de ITapparition des règles, les malades n’ayant rien éprouvé dans l’intervalle. Voici (■comment on peut expliquer la production de l’inflammation. D’une part, la prenmière apparition des règles après l’emploi du redresseur est marquée par une plus .grande abondance de flux menstruel; le raptus sanguin est donc plus considérable. D’autre part, c’est particulièrement pendant l’époque menstruelle que se produit l’inflammation dont il s’agit, parce que, sans aucun doute, les tissus qui environnent l’utérus sont alors le siège d’une hypérômie qui, lorsqu’elle est trop violente, peut dégénérer en inflammation. Ce rapprochement suffit pour nous faire comprendre comment le redressement de l’utérus, en favorisant ce raptus, favorise .également la production de l’inflammation. Il ne faudrait donc pas croire que c’est icn exerçant une violence directe sur l’utérus et le tissu qui l’entoure que l’instrument a donné lieu à cet accident. Il pourra en être ainsi dans quelques cas, si l’on .agit sans précaution, surtout chez des malades dont les organes génitaux sont déjà enflammés ; mais ce n’est pas de cette manière que les choses se sont passées dans les cas que nous citons.

Enfin, dans deux cas, les tissus péri-utérins étant douloureux et gonflés, présentant en un mot des signes d 'inflammation subaiguë, les malades ont eu à plusieurs reprises, à l’époque menstruelle, une inflammation aiguë du tissu rétroutérin, à laquelle les prédisposait évidemment l’inflammation préexistante.

(1) Mfchel Peter, Annotations à sa trad. franç. de J. II. Bennet [Traité de l'inflammation de l'utérus, p. 259. Paris, 1864).

(2) Aran, Leçons cliniques sur les maladies de l’utérus et de ses annexes. Paris, 18G0.

MALADIES DLS FEMMES.

[Sur 8 cas de pelvi-péritonites que Bernutz et Goupil ont pu recueillir, et qu’ils considèrent comme traumatiques, 3 avaient été la suite d’excès vénériens,

2 s’étaient développés pendant l’évolution de chancres du col, 2 après l’emploi de l’hystéromètre, 1 enfin, après l’emploi d’une douche vaginale ascendante prescrite pour une affection ulcéro-membraneuse du col(l).]

3° Causes occasionnelles . — Dans un seul cas, sur les dix-sept complètement observés, l’affection est survenue peu de temps après Y accouchement. Peut-être trouvera-t-on plus tard cette cause un peu plus fréquente. Il n’en est pas moins remarquable que l’inflammation, qui après l’accouchement occupe si fréquemment les ligaments larges, se soit montrée si rarement, dans les mêmes circonstances, chez les malades que nous avons observées II ne faut pas confondre avec ces cas ceux où l’inflammation, ayant existé primitivement dans la fosse iliaque, a ensuite gagné le tissu cellulaire qui entoure le col (2) : dans ces derniers, il n’y a qu’une simple extension de l’inflammation primitive.

[Sur 99 observations recueillies à l’hôpital de Lourcine et à la Pitié, dans une salle où il n’y avait de femmes en couches qu 'exceptionnellement , Ù3 pelvipéritonites étaient puerpérales, 35 étant survenues après un accouchement cl 8 après un avortement. l\ fois, c’était à la suite de la difficulté même du travail de la parturition, 3 fois après l’impression du froid, 9 fois par inobservance du repos au lit, 1 fois à la suite de fatigues, 1 fois après des excès vénériens. Quant à l’époque relative du début de l’affection, 15 fois c’était dans les dix premiers jours des couches, 3 fois seulement à une époque plus reculée, correspondant h l’époque habituelle du retour des règles.

Sur un relevé de vingt observations de pelvi-péritonites menstruelles recueillies également par Bernutz et Goupil, l’inflammation s’était manifestée : 3 fois h la suite d’une menstruation incomplète sans cause déterminante, 2 fois à la suite de violentes douleurs dysménorrhéiques, 15 fois, enfin, il y avait eu une suppression brusque de l’écoulement cataménial, déterminée elle-même 9 fois par l’impression du froid,

3 fois par une émotion morale vive, 1 fois par un examen au spéculum, 1 fois par une cautérisation du col utérin, 1 fois par des rapports sexuels multipliés pendant la menstruation.]

V inflammation de l'utérus et du vagin peut néanmoins s'étendre au tissu périutérin et produire l’affection dont nous nous occupons. C’est ce que nous avons vu en particulier chez une jeune fille de dix-sept ans et demi qui avait contracté une vaginite. (L’inflammation gagna l’utérus, puis le tissu péri-utérin, extension qui fut signalée par les douleurs les plus vives, et il se produisit une tumeur qui suppura.

[Sur 28 pelvi-péritonites liées à la blennorrhagie, et qui forment plus du quart de celles recueillies par Bernutz et E. Goupil, à l’hôpital de Lourcine, il existait entre ces deux faits pathologiques une intime connexion : 15 observations contenant des renseignements circonstanciés sur le début de l’écoulement virulent, nous montrent que l’inflammation de la séreuse pelvienne s’est produite à des époques variables : 1 fois du huitième au neuvième jour du début de l’écoulement,

(1) Bernutz et E. Goupil, Clinique des maladies des femmes, t. Il, p. 101. Paris, 1862,

(2) Valleix admettait l'existence du phlegmon utérin.

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