INFLAMMATION CIRCUM-UTÉRINE. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC
1 fois le douzième, 3 fois le quatorzième ou le quinzième, 1 fois trois semaines après le début de l’écoulement, 7 fois dans les derniers jours du premier mois, 1 fois six semaines après le début de l’écoulement, 1 fois deux mois après.]
Dans un cas, ce fut après des excès de coït que se produisit l'inflammation
circum- utérine.
Enfin, chez tous les autres malades, il n’y eut aucune cause occasionnelle appréciable. Pendant l’époque menstruelle, des douleurs beaucoup plus vives qu’à l’ordinaire se manifestant, la fièvre s’alluma, et la maladie se déclara.
§ V. — Diagnostic, pronostic.
Tumeur inflammatoire rétro-utérine. — L’affe ction avec laquelle il est le plus facile de confondre cette variété est la rétro flexion. Le toucher vaginal donne, en effet, des signes presque identiques. De part et d’autre, on trouve le col en avant, une tumeur qui fait saillie à la partie postérieure et supérieure du vagin, et entre les deux un angle rentrant plus ou moins profond. La consistance de la tumeur Plans la rétro flexion est plus grande, il est vrai, elle est aussi moins douloureuse; imais ce sont là des nuances insuffisantes. Tous les doutes sont promptement levés par l’emploi de la sonde utérine. Elle pénètre, en effet, le bec et la concavité en avant, jusqu’à plus de 6 centimètres, et la tumeur reste immobile, dans les cas d’inflammation rétro-utérine. Quelquefois le phlegmon est tellement volumineux, que l’utérus est dévié à droite ou à gauche. Si donc on éprouve un peu de difficulté ;à la faire pénétrer directement, il ne faut pas employer la force, mais porter doucement son bec d’un côté ou de l’autre en poussant légèrement : alors, on la voit bientôt s’avancer vers l’une ou l’autre fosse iliaque.
Nous avons été appelé trois fois pour de prétendues rétrollexions qui n’étaient autre chose que des tumeurs inflammatoires de ce genre, et dans deux cas même, on avait exercé intempestivement des pressions excessivement douloureuses pour réduire la déviation. Le moyen d’exploration indiqué a fait promptement reconnaître l’erreur, et l’inflammation a cédé aux moyens de traitement que nous indiquerons plus loin.
Le même moyen de diagnostic suffit pour faire distinguer l’inflammation rétroutérine d’une tumeur située dans la paroi postérieure de T utérus , d’une tumeur de l'ovaire , etc.
On trouve à l’article consacré à V hématocèle rétro-utérine le diagnostic différentiel de ces deux lésions qui ont beaucoup de symptômes communs (1).
L’inflammation du tissu cellulaire situé entre le col et la vessie pourrait être prise pour une cystite. La résistance des tissus dans la partie la plus profonde du cul-de-sac vaginal antérieur, la douleur circonscrite dans ce point, les symptômes - gastriques et péritonéaux, suffisent pour faire reconnaître l’existence de la première de ces deux affections.
[L’inflammation chronique et circonscrite du tissu cellulaire utéro- vésical, telle qque I a décrite Gosselin (2), peut être facilement confondue avec une antéflexion. Dans ce cas, comme aussi dans celui rapporté par Ed. Simon, où un abcès chronique
(1) Voy. p. 276.
(2) Gosselin, Laçons sur te phlegmon péri-utérin .
MALADIES DES FEMMES
du volume d’une orange moyenne, était limité par la vessie, l’utérus, le vagin, le fond du cul-de-sac antérieur du péritoine et les bords internes des ligaments larges, le diagnostic n’est possible qu’à l’aide du cathétérisme utérin (1).
L 'inflammation spontanée des kystes de l’ovaire et du péritoine voisin sur lequel elle retentit, se traduit par une tumeur hypogastrique douloureuse venant faire une saillie également douloureuse dans le vagin et dans le rectum. Il existe en môme temps (circonstance qui pourrait prêter à la confusion) l’ensemble symptomatique habituel d’une pelvi-péritomte peu grave et récente, associé à des troubles des oiganes génitaux, plus ou moins marqués et de date plus ou moins ancienne. Dans les cas de ce genre, on trouve enchâssée dans l'induration péri-utérine qui résulte de l’inflammation du péritoine, une tumeur obscurément fluctuante, dont les caractères sont en général assez tranchés, pour qu’il soit facile de reconnaître que les accidents aigus ont pour point de départ l’inflammation d’un kyste de l’ovaire, malgré le peu de fréquence de cette phlegmasie. D’abord cette tumeur • • occupe ordinairement une situation antéro-latérale par rapport à l’utérus ; siège exceptionnel, au contraire, s il s’agissait d’une inflammation péri-utérine; outre la déviation toute particulière qu’elle imprime à l’utérus, la tumeur due à l’inflammation kystique présente encore une forme régulièrement globuleuse, en même temps qu’une rénitence obscurément fluctuante, spéciale à l’hydropisie ovarique.
A ces signes physiques vient s’adjoindre encore la bénignité relative des accidents de la péritonite comparée au volume, considérable par rapport au début récent des douleurs, que présente la tumeur, dont une partie seulement offre au toucher vaginal les caractères des indurations péritonéales, tandis qu’au centre de celles-ci existe la base du kyste avec sa rénitence spéciale et qui est plus douloureuse que la tuméfaction périphérique. Enfin, comme dernier élément de diagnostic, on a la persistance du volume du kyste qui reste sensiblement le même, non-seulement pendant l’accroissement, mais aussi pendant la résorption des produits de l’inflammation péritonéale, et la persistance des autres caractères de ce kyste qui, sauf la disparition de la douleur dont il est le siège, ne se modifient point malgré l’amendement de la péritonite. Plus tard, après la résolution du travail inflammatoire, la constatation des signes physiques propres au kyste confirmera le diagnostic : à cette époque, cette notion certaine aura une utilité différente, en ce sens qu’elle permettra une précision plus grande dansle pronostic qu’on sera appelé à porter. Ce renseignement ultérieur peut faire défaut cependant, comme cela a lieu dans les cas, rares, il est vrai, où (après le travail inflammatoire dont il vient d’être le siège, et sous l’influence même du traitement antiphlogistique) le kyste, non-seulement a diminué, mais encore a pu cesser d’être appréciable (2).
Nous donnerons plus loin, les moyens d’établir le diagnostic différentiel entre l’inflammation péri-utérine et les phlegmons des fosses iliaques (3).
Dans quelques cas, il est difficile d’établir le diagnostic différentiel entre l’inflammation péri-utérine chronique et des tumeurs fibreuses. Cela résulte de la
(1) P.-C. Huguier, De l’hystérométrie et du cathétérisme utérin , p. 86. Paris, 1865.
(2) Aran, Maladies de l’utérus. — Goupil, Bulletins de la Société médicale d’observation, 1856, et Clinique mèd. des maladies des femmes , t. II, p, 392.
(3) Art, Tumeurs inflammatoires des fosses iliaques internes,