INFLAMMATION CIRCUM-UTÉRJNE. — TRAITEMENT
dureté considérable que les inflammations péri-utérines peuvent acquérir par suite de la longue durée du travail inflammatoire, en même temps que de la connexion de l’utérus avec les noyaux indurés, lorsqu’ils sont directement appliqués aux parois utérines. La confusion est rendue plus facile encore par la fréquence des mé- ■norrhagiesou des pertes qui se multiplient démesurément lorsque les malades sont
9 devenues cachectiques. Dans ces cas, les indurations inflammatoires péri-utérines présentent, en outre, au toucher, tous les caractères propres aux tumeurs fibreuses. Quelquefois, il est vrai, ces dernières ont été elles-mêmes le point de départ de l’inflammation péri-utérine (1), mais ordinairement il n’en est pas ainsi. On ne doit, du reste, pas baser uniquement son diagnostic sur le résultat des diverses ^explorations ; «il faut discuter, un à un, chacun des symptômes rationnels, en particulier, les douleurs, les recrudescences que celles-ci peuvent offrir, et reconnaître si ces recrudescences périodiques sont accompagnées ou suivies de changcimentsdans la tuméfaction, phénomènes qui s’observent presque uniquement dans les pel vi-péri to ni tes (2). Il faut, en outre, étudier la filiation des accidents propres ou conjoints à l’affection génitale. <> (Bernutz.)]
Pronostic. — Malgré la violence des symptômes, le pronostic n’est pas grave. Il une pourrait le devenir que si l’affection se propageait à d’autres parties; mais alors on aurait affaire à une maladie différente. L’ouverture de l’abcès, la plus heureuse, ifst celle qui se fait dans le vagin.
§ VI. — Traitement.
Les émissions sanguines générales et locales doivent d’abord être employées .avec assez d’énergie. Nous avons mis principalement en usage les sangsues et les ventouses scarifiées, et toujours nous avons été obligé de revenir plusieurs fois ((trois ou quatre) à leur application, dans les moments d’exacerbation signalés plus i haut. Toujours aussi elles ont procuré du calme aux malades.
Le second moyen consiste dans l’application de très-petits vésicatoires volants j'pansés, matin et soir, avec 1 à 2 centigrammes d’un sel de morphine. Nous I les faisions renouveler dès qu’ils étaient secs. En calmant les douleurs, ils rendaient la marche de la maladie plus uniforme. Les bons effets en ont été évidents dans tous les cas.
Viennent ensuite les cataplasmes, les demi-bains, les injections émollientes et narcotiques, les narcotiques à l'intérieur , la glace, l 'eau tle Seltz, la potion de Rivière dans les cas de vomissement.
Il faut toujours donner un laxatif (magnésie, citrate do magnésie, sulfate de soude, etc. ) dans les cas fréquents de constipation.
Enfin, la diète et le repos le plus absolu possible complètent ce traitement bien simple, à 1 aide duquel la maladie se termine presque toujours par résolution.
Dans certains cas d'abcès , on a donné issue au pus à l’aide du bistouri.
I Pour qu on puisse agir ainsi, il faut que la tumeur fasse une assez grande saillie lans le vagin, et qu’on y sente bien la fluctuation.
Quelquefois 1 ouverture s’est produite spontanément ; mais l 'ouverture trop étroite ne permet qu imparfaitement la sortie du pus ; dans un cas de ce genre,
(1) Bernutz, Clinique des maladies des femmes, t. II, p. lx 25.
(2) Voyez plus haut, p. 319.
MALADIES DES FEMMES
il nous a suffi d’agrandir l’ouverture à l’aide d’un bistouri ordinaire; le spéculum bivalve, dont les deux parties s’écartaient latéralement, permettait de voir la tumeur. Il vaudrait mieux se servir du bistouri boutonné, si l’on apercevait l’ouverturc spontanée, ou bien ne faire qu’une simple ponction qu’on agrandirait ensuite avec ce bistouri.
Quand le pus coule dans le vagin , il faut multiplier les injections. S’il s'échappe par le rectum , on donne chaque jour plusieurs lavements émollients; enfin, dans le cas ou le pus coulait dans la vessie, dçs injections émollientes dans cet organe ont été fort utiles.