INFLAMMATION DES LIGAMENTS LARGES
[L 'inflammation des ligaments larges nous a paru mériter une description spéciale, en raison de certaines différences qui l’éloignent des autres inflammations circum-utérines, mais nous nous hâtons de répéter la remarque que nous avons déjà faite à propos de ces dernières, à savoir, que les rapports intimes qui relient entre elles les diverses portions des annexes de l’utérus, ne doivent pas être oubliés j plus à l’état pathologique, que dans les conditions physiologiques. Nous verrons ! bientôt, du reste, que l’indépendance de l’inflammation des ligaments larges, pour être assez fréquente en clinique, n’est toutefois pas absolue.
« § I. — Définition, synonymie.
Il est à peine besoin de définir Y inflammation des ligaments Igrges; cependant celle désignation générale comprend des divisions qu’il importe de ne pas méconnaître : ainsi, selon certaines circonstances que nous chercherons à mettre en évidence, l’inflammation reste bornée au tissu cellulaire qui constitue la plus grande partie des ligaments larges ( phlegmon ) et aux organes qu’ils contiennent, ou bien, au contraire, elle s’étend au péritoine, soit qu’elle offre une grande tendance à se localiser, soit qu’elle marche avec une rapidité déplorable.]
C’est surtout; après l’accouchement que se produit l’inflammation des ligaments larges. [Celte relation avec la puerpéralité a même été présentée comme constante par G. Bcrnulz, et depuis par quelques autres médecins, au nombre desquels nous citerons P. Paris (1).] Cependant, nous avons sous les yeux trois cas observés en dehors de l’état puerpéral et où les malades se trouvaient dans les mêmes condi- . tions que celles que nous avons vues présenter une inflammation du tissu péri- > utérin. [Ed. Simon a aussi rapporté un cas d’abcès développé dans le tissu cellulaire , anté-utérin et s’étendant un peu dans les ligaments larges (‘2) ; mais son existence consécutive à une infection purulente survenue dans le cours d’une variole, l’a fait considérer comme analogue aux phlegmons qui se développent dans l’état puerpéral.
(1) P. Paris, Du phlegmon des ligaments larges, thèse inaugurale. Paris, 1 S G G , p. 14.
(2) F, cl. Simon, Bulletins de la Société anatomique , 1858.