PRINCIPALES ESPÈCES DE RHUMATISME MUSCULAIRE. — LUMBAGO. 3 M
douleur dans les muscles du cou, ce qui sérail déjà suffisant, ei, de plus, les battements des artères, le bien-être que procure l’exercice en plein air, etc.
Les signes distinctifs que nous venons d’indiquer sont, comme on le voit, assez caractéristiques ; mais il faut les avoir bien présents à l’esprit pour éviter I erreur. Le plus souvent on se prononce d’après la persistance de la douleur de tête et d’après les autres symptômes, tels que les étourdissements, le vague des idées, etc., et de là vient qu’on a généralement des données si peu précises sur les trois affections dont il s’agit.
La cervicodynie a des moments d’exacerbation pendant lesquels les malades sont condamnés au repos ; elle peut durer plusieurs mois sans entraîner aucun accident grave. Convenablement traitée, elle se termine par la guérison.
Le traitement du torticolis ne présente rien de particulier. Le repos pendant deux ou trois jours, le soin de maintenir la chaleur autour du cou jour et nuit, suffisent dans presque tous les cas. Si l’affection était plus rebelle, on aurait recours aux moyens ordinaires mentionnés dans le traitement du rhumatisme musculaire en général.
Le traitement de la cervicodynie réclame ordinairement des moyens plus énergiques. Les ventouses scarifiées plus ou moins répétées, suivant les cas, puis les vésicatoires volants , avec ou sans addition de chlorhydrate de morphine , nous ont constamment réussi ; il faut que le malade garde le repos pendant le traitement. Les travaux de cabinet sont surtout contraires à cette affection ; la tête étant constamment penchée pour écrire, les contractions musculaires incessantes nécessitées par cette position s’opposent au succès du traitement. La cervicodynie ressemble parfaitement au lumbago , maladie qui n’est mieux connue que parce quelle est beaucoup plus commune.
U° Rhumatisme de la région dorsale ( dorsodynie ).
Nous en avons vu des exemples en étudiant la névralgie dorso-intercostale. Si l’on transporte aux muscles de la région dorsale les symptômes décrits en parlant du rhumatisme de la région cervicale, ou cervicodynie, on aura la description de la maladie qui nous occupe. Ici il n’y a plus de tension de la tête, de vague des idées, d’étourdissements ; mais le rhumatisme des muscles de la région dorsale s’étend fréquemment aux épaules, aux grands pectoraux, aux grands dorsaux, et presque toutes les parties du corps deviennent alors douloureuses. La douleur se fait principalement sentir lorsque le malade, par la contraction des muscles, cherche à rapprocher les omoplates.
Ce rhumatisme n’exige pas de. moyens particuliers ; mais il est quelquefois assez rebelle pour réclamer des moyens actifs et persévérants.
5° Rhumatisme de la région lombaire [lumbago).
Ce rhumatisme, auquel on pourrait donner le nom de lombodynie pour plus d’uniformité, est un des plus fréquents. Il occupe les masses charnues considérables de la région lombaire; aussi les douleurs, lorsque le rhumatisme est à l’état aigu, sont excessives à cause de la violence des contractions. Lorsque le malade, étant couché, veut se mettre à son séant, cette douleur est très-intense; elle l’est
MALADIES CONSTITUTIONNELLES
plus encore lorsqu’il veut s’étendre de nouveau sur le dos : la contraction musculaire pour reporter le tronc en arrière se faisant trop brusquement, la souffrance est excessive ; le malade, malgré lui, se retient, ce qui augmente sa souffrance à cause des efforts qu’il est obligé de faire, et enfin, vaincu par la douleur, il se laisse tomber comme une masse inerte en poussant un gémissement. Il est obligé de garder le lit, où il reste toujours dans la même position. Le moindre mouvement est devenu impossible.
C’est lorsque le lumbago a cette intensité qu’on observe quelquefois un léger mouvement fébrile, qu’il faut peut-être attribuer autant à l’insomnie et à l'agitation causée par la douleur qu’à l’affection elle-même.
Le lumbago est une des espèces de rhumatisme musculaire qui se montre le plus fréquemment à Y état chronique. En pareil cas, il ne présente pas de particularité bien importante. On n’a qu’à appliquer à la région lombaire les symptômes locaux décrits dans le rhumatisme musculaire en général, et l’on aura sa description.
On distingue cette affection des douleurs articulaires des lombes par les signes suivants : Le rhumatisme articulaire des lombes , qui est assez rare, se manifeste à la suite d’autres douleurs articulaires; il y a tuméfaction des environs des apophyses épineuses. La pression est très-douloureuse sur ce point, où les mouvements déterminent une douleur telle, que tout mouvement devient impossible.
Un abcès des lombes cause de la fièvre et détermine de l’empàtemcut et de la fluctuation.
Le névralgie lombo-abdominale a pour caractères des points douloureux, nonseulement vers les apophyses épineuses, mais dans les flancs et vers l’hypogastre, ainsi que des élancements ; les mouvements sont moins douloureux.
Quant à la méningite spinale , à Y anévrysme de l'aorte descendante corrodant les vertèbres, etc., les différences qu’ils présentent seront exjiosées en détail dans leur description, à laquelle nous renvoyons le lecteur (1). Dans certaines circonstances, il est vrai, le diagnostic est difficile, surtout quand il s’agit du lumbago chronique, et les tumeurs attaquant les vertèbres sont en particulier des causes fréquentes d’erreurs de diagnostic à une certaine époque de leur durée; mais souvent aussi l’erreur peut être imputée au peu de soin avec lequel on dirige l’interrogatoire et à la légèreté avec laquelle on fait l’examen de la partie affectée.
C’est au paragraphe consacré au traitement du rhumatisme musculaire en général qu’il faut chercher des renseignements au sujet du lumbago.
6° Bhumatisme des parois thoraciques ( pleurodynie ).
Très-fréquemment on a désigné sous le nom de pleurodynie , ou rhumatisme des parois thoraciques, de véritables névralgies.
Les muscles principalement affectés dans la pleurodynie sont les pectoraux et les intercostaux.
Cette affection ne présente d’autre particularité que la douleur plus ou moins vive qui occupe les côtés de la poitrine ou les attaches du grand pectoral, dans les
. (1) Voyez ces articles.