‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 13 sur 369 · FIÈVRE SIMPLE CONTINUE · texte numérisé non relu

FIÈVRE SIMPLE CONTINUE

§ IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.

La marche de la maladie est aiguë et continue; mais il est ordinaire de voir vers le soir une exacerbation de tous les symptômes.

La durée la plus ordinaire est de sept à huit jours; cependant la guérison peut survenir dès le quatrième jour. La terminaison est constamment heureuse. It n’y a pas de convalescence . La guérison se déclare après une nuit passée dans un bon sommeil. Fréquemment elle est précédée d’une sueur plus ou moins abondante : parfois ce sont des vomissements spontanés ou des évacuations alvines. Dans quelques cas, les malades sont pris d’une épistaxis, ou d’un (lux utérin ou hémorrhoïdal. L 'herpes labialis se remarque encore à la suite de cette maladie, mais moins fréquemment qu’à la suite de la fièvre éphémère. Dans quelques cas, on observe des éruptions érythémateuses peu importantes. Faut-il voir, avec J. Davasse, des crises dans tous ces phénomènes? Relativement aux éruptions, nous ne le pensons pas. Quant aux sueurs, aux évacuations, aux flux sanguins, cette manière de voir est plus admissible; mais il serait utile qu’on fît de nouvelles recherches dans ce sens.

Un des caractères les plus importants à noter, c’est que la fièvre simple continue peut se produire plusieurs fois chez le même sujet. J. Davasse a cité plusieurs exemples de cette reproduction plus ou moins répétée. Nous verrons, lorsqu’il s’agira du diagnostic de la fièvre typhoïde, combien ce fait a d’importance.

Fièvre à rechute {relapsing fever). — En Angleterre et en Écosse, on a décrit récemment, sous le nom de fièvre à rechute {relapsing fever), une affection que nous avons bien rarement occasion d’observer en France, et qui ne nous paraît être qu’une variété de la fièvre continue simple. En voici la description sommaire, telle que l’a tracée Jenner (1).

Frissons soudains, céphalalgie, peau chaude et sèche, langue blanche, urine fortement colorée, selles régulières, vomissements rares ou fréquents, perte de l’appétit, aucun phénomène anormal du côté du ventre.

Quand la maladie est plus violente, jaunisse, sueurs profuses vers le septième jour, suivies d’une apparente guérison ; puis, au bout de cinq à huit jours, rechute, retour des premiers symptômes avec une intensité moindre ou plus grande; nou- ^lle terminaison par les sueurs, et alors convalescence définitive.

Il y a vingt ans, à l’hôpital Sainte-Marguerite, nous avons vu un cas dans lequel les choses se sont passées de cette manière; seulement il n’y avait pas de jaunisse; mais nous croyons que, par ce mot, il faut entendre l’état bilieux que l’on observe parfois dans la fièvre continue simple, à laquelle cette variété me paraît devoir être rattachée.

§ V. — Lésions anatomiques.

Aucune lésion particulière ne peut être attribuée à la fièvre simple continue;

I existence de 1 angiocardite , qu’on a invoquée pour localiser la maladie, est une pure hypothèse, uniquement fondée sur des idées théoriques.

(1) On the ideniity or non identity of typlioïd Fever, etc. London, 1850. — Traduction de l'anglais par L. Vcrhaeghe. Bruxelles, 1852.

FIÈVRES

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

La confusion de la fièvre simple continue avec la fièvre typhoïde n’est pas la seule qui soit à craindre au début de la maladie; on sait en effet qu’on peut croire aussi à l’invasion d’une phlegmasiequelconque ou d’une fièvre éruptive ; mais c’est la seule qui ait des conséquences fâcheuses, si après quelques jours on persiste dans l’erreur où une certaine similitude de symptômes a pu vous faire tomber. On le comprendra sans peine, quand on saura que, d’une part, on peut appliquer à la fièvre simple continue un traitement beaucoup plus énergique que cette affection ne le réclame, et que de l’autre, en voyant céder promptement une affection qu’on a prise pour la fièvre typhoïde, on peut attribuer à certains médicaments une efficacité qu’ils n’ont pas réellement. Ce diagnostic est donc trèsimportant; mais nous proposant de le présenter avec détail dans l’ histoire de la fièvre typhoïde (1), nous ne l’aborderons pas ici.

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