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SYPHILIS. — CHANCRE MIXTE

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' bilité du chancre simple est certaine; au contraire le chancre infectant n’est jamais réinoculable. Basset pense que le chancre simple est seul inoculable aux animaux ■ et que le chancre syphilitique ne l’est jamais; ce caractère n’est pas cer oin, ainsi (que nous le verrons plus loin. Le bubon du chancre simple suppure souvent, peut ; s’ulcérer, et fournit du pus qui inoculé reproduit le chancre simple. Le bubon du i chancre infectant suppure rarement, et lorsque cela a lieu, ne fournit pas de pus infectant. Plusieurs chancres infectants ou syphilitiques peuvent se produire simultanément, mais ils ne peuvent se produire consécutivement. Le chancre infectant >se montre sur toutes les parties du corps, à cause des nombreux modes de transmission et de la large surface de la syphilis, tandis que le chancre simple s’observe I presque exclusivement sur les organes génitaux.

Le mode d'évolution des deux chancres présente des différences radicales : l’un, Ile chancre simple, n’a pas d'incubation et apparaît au bout de vingt-quatre heures;

I l’autre, le chancre infectant, aune incubation moyenne de trois semaines. Le preimier débute sous la forme d’une pustule, le second sous la forme d’une papule.

Le chancre simple est une ulcération profonde à bords échancrés, dentelés, mous, ,à fond grisâtre, souple à sa base, suppurant abondamment; le chancre infectant est idur à sa base, comme cartilagineux, sa surface est d’un rouge cuivreux, il est à I peine excavé, les bords en sont presque de niveau avec le fond, il suppure à peine.

Les effets sont différents : le chancre simple est un mal local pouvant donner I lieu à des complications de voisinage ou d’ensemble, à titre de plaie ulcéreuse ; le cchancre infectant produit la syphilis constitutionnelle.

§ VI. — Traitement.

Le traitement montre également l’origine et la nature différentes des deux cchancres. Le mercure ne peut rien contre le chancre simple; la cautérisation le :guérit. Le mercure est un remède efficace contre les accidents syphilitiques qui 'suivent le chancre infectant.

!x° CHANCRE MIXTE.

La divergence des auteurs relativement à la nature spécifique absolue de l’un et de l’autre chancre, est loin d’avoir pris fin. Il faut reconnaître que souvent des chancres à apparence molle ont été suivis d’infection syphilitique, et que, d’autre part, des chancres durs ont pu être réinoculés et ne produire que des chancres simples. Enfin un même chancre a pu à la fois fournir du pus syphilitique et du ppus chancreux simple. Bien que ces faits soient rares et que quelques-uns aient pou provenir d’une erreur de diagnostic, cependant il en existe des exemples démontrés publiquement, étudiés avec le plus grand soin par les syphilographes les plus ( compétents ; le doute n’existe donc pas sur le fait ; l’interprétation seule est (indécise.

Ricord et Alfred Fournier ont décrit des faits de ce genre sans se prononcer. En ;859, Laroyenne, de Lyon (1), montra un chancre infectant suivi de syphilis contitutionnelle, et qui fut réinoculable au porteur. En 1862, Itollet (2) consacra un

(1) Laroyenne Annuaire de la syphilis et des maladies de la peau. Lyon, 1859.

(2) Rollet, Recherches cliniques et expérimentales sur la syphilis. Lyon, 1862.

Valleix, 5e édit. I — 28

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

chapitre de son ouvrage à la coexistence du chancre simple et de la syphilis et au chancre syphilitique mixte. En 1863, le docteur Nodet (de Lyon) publie un travail (1) ?' rce sujet et rapporte des faits nombreux et qui semblent irréfutables, île chancre mixte, Diday, Melchior Robert, furent opposés à cette nouvelle doctrine. Paul Picard, Cusco, ont reproduit avec succès les expériences de l’école de Lyon. Lee, en Angleterre, Lindwurm, à Munich, ont observé le chancre mou. Bœrensprung (de Vienne) considère ce fait comme démontré cliniquement. Sigmund (de Vienne) s’exprime a nsi dans une lettre à Rollet que rapporte Nodet {loc. cit.), en août 1862 : « Quant au chancre mixte, j’ai réfuté touLcs les objections de mes confrères, praticiens plus âgés que moi et spécialistes, en leur pratiquant l’inoculation de la matière du chancre mou sur un chancre iudnré. J’ai fréquemment réitéré ces observations dans les circonstances les plus différentes, et fourni la preuve du développement des deux maladies sur le même point. » Quelques auteurs recommandables se refusent encore à admettre ce qu’ils appellent la théorie ingénieuse du chancre mixte. Cependant les faits existent et sont garantis par l’autorité de médecins savants; ils peuvent être reproduits expérimentalement. Les choses étant en cet état, il nous paraît qu’on ne peut passer sous silence les faits en question et qu’ils doivent prendre place dans un article sur la syphilis. Pour Rollet, parmi les formes mixtes de l’accident initial de la syphilis, il en est une qui mérite une attention toute particulière, c’est celle qui succède à l’implantation du chancre simple sur le chancre syphilitique primitif.

Le chancre mixte (Rollet) peut se produire spontanément ou être produit artificiellement; sur un chancre induré si l’on applique du pus de chancre simple, il se produit dans l’ulcère une transformation, le fond en devient gris et se creuse, les bords se décollent, la suppuration se fait plus abondamment, conserve néanmoins son induration à la base et la propriété d’indurer les ganglions.

Un malade peut avoir contracté au même foyer, en même temps, un chancre simple et un chancre syphilitique. Ces deux chancres peuvent être situés en deux points éloignés ou ne former au contraire qu’une même ulcération. Dans ce second cas on voit apparaître d’abord le chancre mou, et l’induration survient seulement vers la troisième semaine, qui est la limite habituelle de l’incubation du chancre syphilitique. D’après le résultat des inoculations pratiquées par Rollet, le chancre mixte ne serait inoculable au porteur que dans la proportion de 6 pour 100. D’après Purifie et Fournier, la proportion devrait être réduite à 2 pour 100.

Le traitement du chancre mixte devrait être à la fois celui du chancre simple (cautérisation, pansement de la plaie) et celui du chancre syphilitique (emploi du mercure):

5° syphilis constitutionnelle.

§ I. — Historique.

Lorsque le chancre spécifique, induré, infectant, s’est manifesté avec tous ses caractères, la syphilis constitutionnelle apparaît; le chancre en est le premier indice. Dès lors tous les tissus de l’organisme peuvent manifester la syphilis. 11 existe dès ce moment dans cet organisme une sorte de diathèse acquise qui y vit

(1) Louis- Nodet, Études, cliniques et expérimentales sur le chancre mixte, thèse inaugurale. Montpellier. 1863.

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