SYPHILIS CONSTITUTIONNELLE. — SYMPTÔMES SECONDAIRES. A
rielle de leur passage, autorisent à penser qu’il y a là simple fluxion. Nous avons dit que Bassereau pense qu’il y a là déjà une lésion anatomique, superficielle il est vrai. Il n’y a pas encore, à la vérité, dit cet auteur, d’altérations très-appréciables à 1* vue, mais ne saurait-il y avoir, dans les os, comme dans les autres tissus, des altérations syphilitiques de tous les degrés?
L 'adénite ou adénopathie cervicale est un des premiers symptômes de la syphilis. C’est à la région postérieure du cou (pie se montre cette altération caractéristique des ganglions. L’adénite post-cervicale est un des premiers signes que rencontre le syphilographe, et c’est par un mouvement pour ainsi dire instinctif que la main du médecin se porte en arrière du cou pour y percevoir ce précieux indice.
Il est plus rare de rencontrer l'adénopathie aux aisselles ou aux aines, et en tout cas en ces régions ce signe n’a pas la même valeur. Quelquefois l’engorgement des ganglions cervicaux apparaît même avant toute éruption cutanée. Cullerier et Bazin pensent que l’engorgement ganglionnaire est toujours motivé par une éruption du cuir chevelu; Ricord n’est pas de cet avis, et la plupart des syphilographes admettent l’induration des ganglions sans éruption préalable. Ces adénites sont dures, indolentes et n’ont aucune tendance à la suppuration.
L 'alopécie a été observée quelquefois comme l’un des premiers symptômes de la syphilis ; cependant le plus souvent ce symptôme se montre à une période plus avancée de la maladie; on en trouvera plus loin la description.
§ III. — Deuxième période, ou période des symptômes secondaires
confirmés.
Durée de la période prodromique. — Les prodromes occupent l'espace de temps qui sépare le chancre des éruptions syphilitiques, lesquelles sont la plus éclatante manifestation de la syphilis constitutionnelle ; quelquefois les symptômes prodromiques accompagnent la roséole syphilitique. Ces symptômes, d’après Ricord, apparaîtraient le plus souvent du quatrième au septième septénaire. D’après Bassereau, l’époque d’apparition serait le trentième jour en moyenne; ce chiffre, résulte de 107 observations. Diday, sur 52 cas, a trouvé une moyenne de quarante-six jours, à dater de l’apparition du chancre (1). M. Robert donne les deux chiffres suivants : minimum trente-cinq jours, maximum quatre mois. Dans la statistique de Diday la roséole est apparue, en moyenne, quarante-six jours après le début du chancre.
Ces symptômes ont été reconnus par les premiers observateurs dès le xve siècle: ils ont été décrits sous le nom de morbus pustularum; mais la grande variété de ces affections syphilitiques de la peau, en frappant l’attention des médecins, amena en même temps la confusion dans la description. Les éruptions superficielles, la roséole, les syphilides plus profondes, l’ecthyma, les affections serpigineuses, furent décrits ensemble et comme une forme plutôt que comme une période de la maladie. Les maladies de la peau ne devinrent l’objet d’une étude spéciale qu’à une époque rapprochée de nous. Alibert (1822) réunit sous un nom
(1) P. Diday, Exposition critique et pratique des nouvelles doctrines sur la si/p/iilts. Paris, 1858, p. 266.
MALADIES CONSTITUTIONNELLES
commun (syphilides) les éruptions appartenant à la syphilis. Jïietl classa les svphilides d’après la méthode de Willan. Les premiers observateurs avaient simplement divisé les éruptions en petites et en grosses pustules. Fernel reconnut quatre espèces domptions. La pelade et l ’onglade, les taches et les boutons secs , les boutons humides , les croûtes et les ulcères , les affections plus profondes des os, des muscles, etc. Cnllerier l’ancien admettait onze espèces de pustules. Lagneau en admettait douze. Biett reconnaissait sept ordres de syphilides. Alph. Cazenave (1), Legendre (2), Bafcsereau (3), Diday, Rollel (b), Bazin (5) surtout et Hardy (6) doivent être cités parmi les auteurs contemporains qui ont élucidé cette question. Aujourd’hui cette partie de la syphilis est l’une des mieux étudiées.
Bazin reconnaît à la syphilis cinq temps : dans le premier temps apparaît le chancre; dans le second temps se montrent les premières svphilides accompagnées de prodromes et d’une sorte d’état fébrile comparable à celui qui marque le début des lièvres éruptives; le troisième temps montre la deuxième poussée syphilitique, les svphilides se circonscrivent, surviennent tard et laissent des cicatrices; le quatrième temps est celui des syphilides ulcéreuses; le cinquième temps est caractérisé par l’apparition des plaques indurées sur la tunique albuginée du testicule. Bazin a proposé la classification suivante des syphilides :
PREMIÈRE SECTION. — Exanthématiques .
xfj
CD
CO
1° Érythémateuse
2° Papuleuse. . . .
3° Pustuleuse . . .
à° Yésiculeuse . .
Maculcuse ou rubéolique.
Granulée.
Squameuse.
Lenticulaire.
Miliaire.
Lenticulaire.
Miliaire.
Phlyzaciée
Yaricelliforme.
deuxième section. — Circonscrites.
1° Tuberculeuse
2° Pustulo-crustacée
.'{• Papulo-vésiculeuse
t En groupes, v En anneaux.
I Squameuse, t Épaisse.
Miliaire, j En groupes.
/ Éparse.
. ' En corymbes.
\ En cercles.
(1) Alph. Cazenave, Traité des syphilides. Paris, 4843.
(2) Legendre, Nouvelles recherches sur les syphilides, thèse. Paris, 1841. .
(3) Bassereau, Traité des a /fcc lions de la peau ■symptomatiques de la syphilis. Paris, 1». -. (tx) Rollet, Recherches sur quelques maladies de la peau réputées rares et exotiques e
qu’il convient de rattacher à la syphilis ( Arch . de méd., 1861, et Traité des maladies véné-
(5) Bazin, Leçons théoriques et cliniques sur les syphilides, recueillies et publiées par
Louis Fournier. Paris, 1859.
•((j) Hardy, Leçons sur la scrofule et la syphilis, 1864.