‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 147 sur 369 · SYPHILIS CONSTITUTIONNELLE. — SYMPTÔMES SECONDAIRES · texte numérisé non relu

SYPHILIS CONSTITUTIONNELLE. — SYMPTÔMES SECONDAIRES

TROISIÈME SECTION. — UlcèrCUSCS.

j Disséminée (forme maligne).

| En groupes.

) En groupes.

| Serpigineuse ( Éparse.

( En groupes.

Nous adopterons pour la description des caractères généraux et pathognomoniques des syphilides l’ordre suivi par Hardy (1).

Caractères généraux. — Les syphilides peuvent affecter la plupart des formes qui appartiennent aux maladies de la peau, quelle que soit la diathèse qui les produise. Elles peuvent se présenter en même temps sous plusieurs formes élémentaires réunies; c’est ce que Hardy appelle polymorphie. Les caractères propres aux syphilides sont nombreux. Il n’en est pas de plus frappant que la couleur. A lui seul ce signe a une valeur tellement prédominante et exclusive, qu’il suffit dans un grand nombre de cas pour établir le diagnostic. Les syphilides sont d’une teinte foncée, sombre. Quelques auteurs se complaisent à appeler cette couleur : triste , de mauvaise apparence; te plus sûr est de l’appeler couleur syphilitique. Il est difficile de décrire celte coloration spéciale. Les anciens ne craignaient pas les comparaisons naïves; Fallope comparait cette couleur à celle du maigre du jambon, Swediaurau cuivre rouge ( coloration cuivrée). Aujourd’hui encore les expressions de couleur de jambon ou teinte cuivrée sont fort en usage dans les cliniques. Cette coloration se montre non-seulement sur l’éruption, mais encore sur la cicatrice.

La forme a été signalée comme particulière. Les éruptions sont souvent disposées en cercles. Cette disposition s’observe plutôt sur les éruptions anciennes, et elle n’a qu’une valeur très-secondaire, attendu qu’on la rencontre dans un grand nombre d’éruptions qui n’ont rien de syphilitique, notamment dans l’herpès circiné et dans certaines espèces de scrofulides.

Absence de réaction , de douleurs, et de démangeaison. ■ — Tandis que les psoriasis, prurigo, eczéma, occasionnent de vives douleurs, un prurit insupportable, les syphilides au contraire se font remarquer par l’absence de toute réaction locale, de toute douleur. On explique ainsi comment les syphilitiques peuvent porter pendant longtemps une éruption sans le savoir ; en effet, les éruptions situées sur le tronc n’annoncent le plus souvent leur présence que par la démangeaison; or ce signe fait ici défaut. Cependant il n’est pas rare que le prurigo se mêle aux éruptions syphilitiques du cuir chevelu et occasionne une vive démangeaison.

Suites-des éruptions. — Les phénomènes secondaires des éruptions sont multiples. Souvent les syphilides donnent lieu à des ulcérations, à des croûtes, à des squames, à des cicatrices profondes, parfois à des ulcères suppurants et tenaces. Les squames sont blanches, minces, superficielles, moins abondantes et moins épaisses que celles du psoriasis franc. — Les croûtes sont épaisses, irrégulières stratifiées, en coquilles, elles adhèrent fortement à la peau. — Les ulcérations sont profondes, à bords nets et durs, sans décollement, avec fond grisâtre; le pus est fétide et sanieux. — Les cicatrices sont en général arrondies, déprimées, ridées;

(1) Hardy, Leçons sur la scrofule et les scrofulides, la syphilis et les syphilides. Paris, 1864.

/lflU MALADIES CONSTITUTIONNELLES.

la couleur en est d’abord brune, puis ensuite blanche. — En reproduisant la forme des éruptions les cicatrices sont un indice précieux pour un diagnostic rétrospectif.

Les tachas sont souvent très-persistantes, alors même qu’il n’y a pas d’altération profonde, cicatricielle, de la peau; en général elles sont larges, rondes et brunes ou jaunâtres, fréquemment on les rencontre sur les membres inférieurs et le dos. Elles peuvent persister indéfiniment.

La symétrie a été considérée comme un des caractères propres des éruptions syphilitiques. Il est certain que pour les plaques muqueuses anales, la reproduction symétrique d’un accident semblable de l’autre cê)té est un fait très-commun. Ici on a pu invoquer l’inoculation par contact; mais il y a des régions où cette explication ne peut être appliquée; par exemple lorsqu’il y a éruption à l’un et à l’autre angle externe des yeux, aux deux doigts médius, etc. D’après Mclchior Robert la disposition symétrique aurait droit de prendre rang au nombre des caractères généraux des syphilides, et pourrait seconder le diagnostic, au même titre que la couleur, la forme et le siège;.

§ IV. — Siège.

Les syphilides ont des lieux de prédilection, bien qu’on puisse les rencontrer sur toutes les parties du corps. Quelques syphilides spéciales occupent de préférence certains sièges. Ainsi la syphilide papuleuse se voit surtout en arrière du cou; la roséole est plus apparente à la partie interne qu’à la partie externe des membres; le psorasis affecte plutôt la plante des pieds et la paume des mains, et la syphilide pustuleuse le cuir chevelu. Les plaques muqueuses se développent près de l’orifice des muqueuses. En indiquant avec raison ces diverses manifestations qui ont des sièges privilégiés, Hardy ( loc . ait.) ne donne point l’explication de cette particularité. Il semble qu’on ne puisse se refuser à reconnaître ici cette loi physiologique qui préside à toutes les manifestations anatomo-pathologiques, à savoir, que les produits morbides sont ce qu’est le tissu sur lequel ils se produisent, ou du moins sont profondément modifiés par le milieu qui les nourrit et les engendre.

§ V. — Marche.

En général la marche de ces éruptions est lente et chronique ; cela est surtout vrai pour les éruptions de la période avancée. La roséole syphilitique est quelquefois très-rapide dans son évolution ; elle peut traverser l’organisme sans être aperçue. Ainsi s’expliquent les erreurs de diagnostic.

§ VI. — Diagnostic.

Chacun des signes que nous venons d’indiquer pris isolément ne suffirait pas pour le diagnostic, mais, bâtons-nous de le dire, ce n’est que par une pure abstraction qu’on parvient à faire cette analyse, laquelle n’est utile qu’au point de vue de la description. En fait, les choses ne se passent pas ainsi dans la nature; ces signes sont non pas isolés mais réunis, et il y a dans une éruption syphilitique un ensemble qui saisit vivement l’attention de l’observateur. N’en est-il pas de même pour l’observation des espèces en histoire naturelle; un premier coup d’œil suffit et l’observa-

SYPHILIS EXANTHÉMATIQUE OU ÉRYTHÉMATEUSE. hh 1

lion synthétique l'emporte de beaucoup sur l’analyse. Si le doute existe ou si l’expérience du médecin n’est pas suffisante pour lui faire reconnaître à première vue une syphilide, il faudra recourir à l’examen des antécédents morbides, et c est ici qu’il sera utile de posséder la méthode d’interrogation rigoureuse qu’a mise en pratique l’école médicale d’observation. D’ailleurs il est impossible d admettre qu’une syphilis sérieuse ail pu s’implanter et vivre dans l’organisme pendant un certain temps et ne pas laisser de trace de son passage.

6° SYPHILIDES EN PARTICULIER.

Les auteurs ont adopté des classifications variées pour les syphilides, suivant qu’ils considéraient la forme, l’apparence, le siège, la lésion anatomique, la précocité ou l’ancienneté de l’éruption. Bazin (1) reconnaît trois classes ou sections de syphilides: les syphilides, 1° exanthématiques , 2° circonscrites, 3U ulcéreuses. Follin (2) les divise en huit classes d’après la méthode de "NVillan, ainsi qu’il suit : 1" érythémateuse, 2° papuleuse, 3° vésiculeuse, U° bulleuse, 5° pustuleuse, 6° maculeuse, 7° squameuse, 8° tuberculeuse.

Langlebert reconnaît les syphilides sèches et les syphilides humides. La première division comprend les syphilides érythémateuses, papuleuses, squameuses, tuberculeuses sèches ; dans la seconde division se placent les syphilides vésiculeuses, bulleuses, pustuleuses, tuberculeuses humides. Hardy (3), considérant l’âge delà maladie plutôt que la nature anatomique ou la forme des éruptions, a rangé les syphilides en trois groupes : 1° les syphilides précoces; 2° les syphilides intermédiaires; 3Ü les syphilides tardives.

Les premières, ou syphilides précoces, se montrent de trois semaines à huit mois après le chancre ; les syphilides intermédiaires, de six mois à un an ou deux ans ; les syphilides tardives ou tertiaires, de deux ans à dix ans et même trente ans après l’accident primitif. A l’exemple de Hardy nous décrirons cinq formes différentes de syphilides précoces : 1° la syphilide exanthématique ; 2° la syphilide papuleuse ; 3° la syphilide pustuleuse superficielle ; /i° la syphilide varioliforme ; 5° la syphilide végétante.

7° SYPHILIDE EXANTHÉMATIQUE OU ÉRYTHÉMATEUSE, OU ROSÉOLE.

L’exanthème syphilitique est la plus commune et la plus constante des éruptions de la syphilis. D’après quelques auteurs ce phénomène ne ferait jamais défaut ; cette opinion rencontre quelques contradicteurs, fl convient de dire que cet exanthème, ne donnant lieu souvent à aucune réaction, peut passer inaperçu. La roséole syphilitique, tel est le nom sous lequel celte éruption est généralement désignée depuis Biett. Cazcnavc a décrit un érythème syphilitique papuleux, Bassereau admet l’érvlhème papuleux et le maculeux ; Bazin reconnaît quatre formes de syphilide exanthématique : 1° la syphilide érythémateuse; 2° la syphilide papuloiuberculeuse ; 3° la syphilide pustuleuse; et U° la syphilide vésiculeuse.

■(t) Bazin, Leçons sur les syphilides. Paris, 1859.

(2) Follin, loc. cit.

(3) Hardy, Leçons sur la scrofule, la syphilis et les syphilides . Paris, 1864.

MAT. ADI ES CONSTITUTIONNELLES

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La roséole syphilitique est un accident précoce ; elle se montre d’habitude en même temps que l’engorgement des ganglions inguinaux et cervicaux. Elle apparaît ordinairement de trois à six semaines après l’accident primitif; l’extrême limite de son apparition est le troisième ou le quatrième mois. D’après une statistique de Bassercau (1) on reconnaît l’influence du traitement mercuriel sur l’époque d’apparition de l'exanthème syphilitique: chez les malades qui n’avaient suivi aucun traitement, la roséole s’est montrée du trentième au soixantième jour ; chez ceux qui avaient été soumis à un traitement mercuriel, elle est apparue du soixantième au quatre-vingt-dixième jour.

§ I. — Description.

L’éruption est caractérisée par les signes suivants : taches rouges irrégulièrement arrondies, disposées en cercles ou en demi-cercles, quelquefois sans régularité aucune ; ces taches sont lisses ou un peu granuleuses, à peine saillantes, disparaissant par la pression. Les dimensions varient depuis le diamètre d’une lentille jusqu’à celui d’une pièce de 1 franc. La couleur varie, et il est important de connaître les causes de cette variation, laquelle est due principalement à l’âge de l’éruption. Elle est d’abord rose tendre ou rouge vif, et tend à devenir plus foncée, jaunâtre, cuivreuse ; c’est cette teinte que J. L Petit caractérisait par le nom de peau fruitée. Quelquefois ces taches, pendant la période de décroissance, prennent une teinte grisâtre. La coloration et la saillie sont parfois si peu accentuées, qu’on reconnaît difficilement l’éruption ; Langlebert propose le nom de flavéole pour désigner la roséole devenue jaunissante.

§ II. — Siég-e.

La roséole peut se montrer sur toutes les parties du corps ; elle a cependant certains sièges de prédilection, par exemple le tronc, la base de la poitrine, les flancs, la face interne des membres supérieurs, le dos, les épaules et les lombes, plus rarement au cou et au visage.

§ III. — Symptômes.

En général cette éruption ne donne pas lieu à des manifestations morbides intenses; elle peut passer inaperçue, ainsi que nous l’avons dit. Cependant dans quelques cas où elle est confluente, elle peut s’accompagner au début, de frisson, de malaise, de fièvre ( fièvre syphilitique). Ce qui caractérise le mieux la roséole c’est l’absence des symptômes qui marquent les éruptions fébriles ; il n'y a pas de démangeaisons ni de cuisson. Lorsqu’il y a du prurit, il existe en même temps quelque autre éruption. Ainsi s’expliquent la bonne foi et l’ignorance des malades qui nient avoir présenté des accidents secondaires, parce qu’ils n’ont éprouvé aucun malaise qui les avertît de cette manifestation morbide.

§ IV. — Marche.

Elle dure en général plusieurs semaines, un ou deux mois; d’après Follin, sa (1) Basscreau, Truité des affections de ta peau symptomatiques de la syphilis, Paris, 1852.

SYPHILIS EXANTH ÉMATEUSE OU ÉRYTHÉMATEUSE. — PRONOSTIC.

durée serait de six semaines à cinq mois, si l’on n a fait aucun traitement. On l’a vue disparaître quelquefois après un trouble fonctionnel, une émotion, une saignée. La roséole dure d’autant plus longtemps qu’elle s’est montrée plus tardivement. Elle se développe le plus souvent avec lenteur, peu à peu. Dans d’autres cas, lorsqu’il y a eu quelque cause occasionnelle excitante, comme un bain, un exercice violent, une Ove émotion, elle se montre brusquement et couvre en vingt-quatre heures presque toute la surface du corps. La roséole se termine par résolution, lentement, progressivement ; dans des cas rares que nous avons indiqués il y a rétrocession brusque.

§ V. — Diagnostic.

Le diagnostic ne saurait offrir de véritable difficulté pour quiconque aura retenu les signes indiqués plus haut. La rougeole, maladie aiguë fébrile à marche rapide, s’accompagnant de catarrhe des voies respiratoires, avec prostration et appareil fébrile intense, la roséole, qui s’accompagne de fièvre quelquefois, de malaise presque toujours, constamment de démangeaisons, qui marche avec rapidité, ne peuvent être confondues avec l’érythème syphilitique. Il en est de même de l’urticaire. L’éruption copahique pourrait, à la rigueur, en imposer pour une roséole syphilitique. Il faut, dit Bazin, « éviter l’erreur commise par Cazenave, lorsqu’il décrit pour des roséoles consécutives aune blennorrhagie, des éruptions pathogénétiques déterminées par l’usage du copaliu. » Cette éruption, que Cazenave a décrite sous le nom d 'érythème syphilitique, ne s’i^st rencontrée, en effet, que chez des malades atteints de blennorrhagie, et qui tous avaient été traités par le copahu ; or ce n’étaient pas des blennorrhagies syphilitiques, ainsi que l’a cru cet auteur, c’étaient des roséoles copahiqnes. On évitera facilement cette confusion, en admettant qu’on ne sache pas que l’on est en présence de malades atteints de blennorrhagie et traités par le baume de copahu, si l’on se souvient que cette éruption, en général, se limite aux poignets, aux mains, aux malléoles et aux jarrets, qu’elle débute brusquement, qu’elle s’accompagne de démangeaisons vives, et qu’elle disparaît en une ou deux semaines.

§ VI. — Complications.

Nous avons dit que la roséole coïncidait avec la fin du chancre, avec les indurateurs ganglionnaires ; souvent se montrent en même temps les plaques muqueuses. D’autres éruptions coexistent souvent. D’après Bassereau, sur 153 malades atteints de roséole syphilitique, 106 avaient des éruptions croûteuses du cuir chevelu, avec des taches cuivreuses au front et dans le sillon naso-labial ; aux pieds et aux mains il y avait des papules avec desquamation de l’épiderme. Les plaques muqueuses existaient quatre-vingt-huit fois sur 92 malades ; 32 avaient une rougeur vive de l’isthme du gosier avec douleur et gonflement. Quelquefois l’alopécie accompagne la roséole.

§ VII. — Pronostic.

La syphilide érythémateuse pronostique la syphilis constitutionnelle avec tout le cortège des accidents qui en peuvent découler. En elle-même cette éruption est sans gravité, sans importance ; elle ne laisse pas de cicatrice. Elle peut être consi-

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

déréc comme un signe précieux par sa durée même, el elle pourrait prendre le nom d’accident prémonitoire, en ce sens qu’elle avertit le médecin, et le met, pour ainsi dire, en demeure d’instituer un traitement spécifique.

§ VIII. — Traitement.

Il n’v a pas de traitement local ; le traitement par le mercure peut diminuer la durée de la roséole, et l’éteindre assez rapidement. Il est préférable que les malades atteints de roséole syphilitique ne s’exposent pas au froid.

8° SYPHIL1DE PAPULEUSE.

Tel est le nom généralement donné à l’une des variétés précoces les plus constantes parmi les manifestations cutanées de la syphilis. Bazin l’appelle papulotuberculeusc et la subdivise en sypliilide populeuse lenticulaire et syphilide papuleuse miliaire. Hardy désigne les doux variétés principales do cette éruption sous les noms de syphilide papuleuse lenticulaire et syphilide papuleuse plate.

9° SYPHILIDE PAPULEUSE LENTICULAIRE.

Elle coïncide souvent avec la roséole el s’accompagne parfois, au début, de phénomènes réactionnels, tels que céphalée, douleurs rhumatoïdes, etc. Elle consiste en taches arrondies, plates, du volume d’une lentille, faisant une légère saillie ; ces taches sont sèches et se terminent par résolution. Leur coloration varie suivant l’époque de l’éruption; au début elles sont d’une teinte rouge vif, mais elles passent rapidement à la teinte cuivrée caractéristique qu’elles conservent longtemps, puis (‘lies passent à la coloration brune. Lorsque l’éruption a disparu, les maculatures brunâtres persistent encore pendant longtemps.

D’abord l’éruption pâlit sous la pression du doigt, mais bientôt ce signe ne se produit plus; l’épiderme se ride, se flétrit, et il se produit une desquamation trèsmarquée qui commence par la circonférence sous la forme d’une collerette blanchâtre sur laquelle Biett a surtout attiré l’attention. Lorsque la desquamation est très-intense et devient le phénomène pour ainsi dire caractéristique de l’éruption, celle-ci prend le nom de syphilide papulo-squameuse.

§ I. — Siège.

Il est à peu près le même que celui de la roséole avec quelques différences; elle affecte surtout le tronc, les flancs, les lombes, la poitrine, le col, le front, les organes génitaux et les membres.

§ II. — Symptômes.

Ils sont presque nuis; il n’y a le plus souvent ni prurit ni douleur, et cette éruption est plutôt trahie par des phénomènes objectifs (la coloration et la saillie) que par des sensations perçues par le malade.

§ III. — Marche.

Elle est lente, et sa durée est de trois à huit semaines, lorsqu'elle se fait par

SYPHILIDE PAPULEUSE PLATE ET EN PLAQUES.

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poussées successives, elle peut avoir une durée de plusieurs mois; dans ce cas .on trouve sur le même sujet des papules à tous les degrés de leur évolution, dans le même temps.

§ IV. — Terminaison.

Cette éruption se termine par résolution : l'affaissement de la papule a lieu, elle change de couleur, la desquamation se produit, et les taches persistent pendant un temps assez long. Celte éruption apparaît en moyenne au sixième mois après le chancre (Legendre, Bassereau).

§ V. — Diagnostic.

If est facile : l’absence de toute réaction , la marche lente de l’éruption, sa coloration spéciale la feront d’abord reconnaître; on ne la confondra ni avec le lichen qui consiste en très-petites papules réunies en plaques, ni avec Y érythème populeux qui donne lieu à de vives démangeaisons, ni avec l 'acné indurata dont les boutons pustuleux et pointus n’alîectent que la partie supérieure du corps.

§ VI. — Pronostic.

Le pronostic est sans gravité , la syphilidc papuleuse étant une des éruptions précoces de la syphilis.

10° SYPHILIDE PAPULEUSE PLATE ET EN PLAQUES.

Cette syphilidc survient à la même époque et dans les mêmes conditions que la précédente; elle en diffère par sa forme. Au lieu de petites papules arrondies lenticulaires, elle montre de larges papules à peine saillantes et qui atteignent un diamètre d’un centimètre et au delà. Leur coloration est brune et cuivrée; leur nombre est restreint. Elles siègent surtout au front, au dos et sur la poitrine. I,a durée de cette éruption est d’un ou deux mois; elle se termine par desquamation, laisse une tache brune qui disparaît peu à peu et ne donne jamais lieu à une cicatrice. Parmi les variétés de cette éruption, il en est une à laquelle Bazin a donné le nom de plaques muqueuses de la peau , et qui consiste en plaques rouges saillantes ovales qui se montrent au front, au cou, sur le dos et la poitrine. Cette éruption se recouvre promptement de squames jaunes. Elle se termine aussi sans laisser de cicatrices.

La syphilide cornée appartient également aux éruptions que nous décrivons, c’est-à-dire à celles qui marquent le début de la seconde période de la syphilis. Elle a pour siège spécial la plante des pieds et la paume des mains, et consiste en de petites plaques arrondies lesquelles deviennent promptement sèches et dures comme de la corne. Elle disparaît par desquamation. D’après Iîardy, l’aspect spécial de cette éruption n’est dû qu’à l’épaisseur de l’épiderme des parties où elle se développe.

Le diagnostic de la syphilis cornée est aisé; on ne pourra la confondre avec le psoriasis palmaire ou plantaire qui consiste en une éruption plus confluente de taches formant cercles et entourés d’un liséré rouge.

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

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