‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 148 sur 369 · SYPHIL1DE PUSTULEUSE SUPERFICIELLE · texte numérisé non relu

SYPHIL1DE PUSTULEUSE SUPERFICIELLE

D’après Hardy, la syphilide pustuleuse superficielle consiste en une éruption •croûlcuse du cuir chevelu confondue à tort avec l’impétigo ou Pecthyma. Elle coïncide le plus souvent avec la roséole ou la syphilide papuleuse. Elle consiste en petites pustules superficielles, de peu de durée, laissant à leur place une tache brune très- prononcée. Cette éruption n’est pas cause d’alopécie. D’après Hardy, elle uc doit pas non plus être considérée comme étant la cause prochaine de l’engorgement des ganglions cervicaux, lesquels sont souvent indurés avant l’apparition de toute éruption.

12° SYPHILIDE VARIOLI FORME.

Cette variété répond aux syphilides vésiculeuses herpétiques, scabioïdes, pustuleuses, miliaires, de divers auteurs, que nous décrirons plus loin. Nous plaçons ici la syphilide varioliforme dont nous reparlerons, parce que cette éruption appartient le plus souvent aux syphilides précoces; elle se montre du quatrième au sixième mois après le chancre. Elle est quelquefois précédée de prodromes qui ont quelque analogie avec ceux qui marquent le début des éruptions fébriles : inappétence, courbature. Elle coïncide quelquefois avec l’angine syphilitique, circonstance qui peut contribuer à rendre le diagnostic plus obscur au début.

Cette éruption consiste en plaques ranges saillantes pisiformes surmontées de vésicules acuminées, quelquefois ombiliquées. Ces vésicules contiennent une sérosité qui devient louche, se sèche et forme une croûte épaisse de couleur verdâtre. Cette éruption dure environ quinze jours, et lorsque la croûte tombe, à sa place se voit une macule brune lente à disparaître. La syphilide varioliforme peut occuper toutes les parties du corps, elle est en général très-disséminéei Quelquefois elle se fait par poussées successives et peut ainsi se prolonger pendant plusieurs mois. Il est inutile d’insister sur le diagnostic différentiel de celte éruption lente et apyrétique et de la variole ou de ses dérivés. Les différences sont telles que le parallèle de ces deux maladies ne saurait être essayé.

Sous le nom de syphilide granuleuse, Hardy décrit une éruption consistant en petites excroissances quelquefois groupées, qui se montrent principalement dans le sillon naso-labial et au menton, et (pii apparaissent de six à huit mois après l’accident initial.

13° SYPIIiLLDES INTERMÉDIAIRES.

Ces éruptions apparaissent pendant le cours de la seconde période de la syphilis, du quatrième au vingt-quatrième mois; elles sont moins disséminées et sont plus nettement limitées et contournées que les syphilides précoces ; elles offrent la coloration cuivrée plus intense; elles sont lentes et ont une durée mal déterminée; elles peuvent laisser après elles de légères cicatrices blanches, superficielles. Nous adopterons la classification de Ilardy, c’est-à-dire la division de ces syphilides en cinq formes différentes : 1° la syphilide pigmentaire; 2° la syphilide vésiculeuse ; 3“ la syphilide pustuleuse; h° la syphilide squameuse; 5° la syphilide tuberculeuse.

SYPHIL1DE PUSTULEUSE. • kkl

14° SYPHILIDE P1GMENTAIBE.

Gette éruption a été décrite, d’abord en 1853, par Hardy, et plus tard, par Pillon (1). Elle consiste en taches grises et blanches ne faisant point saillie et ne donnant point lieu à la desquamation. Elles sont sous-épidermiques; leur diamètre est de 1 à 2 centimètres. Les taches blanches sont produites par la diminution du pigment. Il y a inégalité de répartition de la substance pigmentaire. C’est au cou et sur la poitrine qu’on observe cette éruption ; elle se rencontre plus fréquemment chez les femmes. La durée de la syphilide pigmentaire est variable, quelquefois indéfinie. Le mercure n’a pas d’action sur cette éruption, ce qui a permis à quelques auteurs d’en mettre en doute la nature spécifique.

15° SYPHILIDE VÉSICULEUSE.

On peut admettre indifféremment trois ou quatre variétés de cette sorte de syphilide. Bassereau en décrit quatre : 1° la syphilide à forme de varicelle ; 2° la syphilide à forme d'eczéma; 3° la syphilide à forme d'herpès; U° la syphilide vésicnleuse à base papuleuse. Bazin n’admet que la varicelle, l angeant l’herpès circiné dans les maladies parasitaires, niant l’herpès syphilitique à grosses vésicules, et rapportant aux plaques muqueuses certaines formes de syphilide vésiculeuse. Hardy indique trois formes de syphilides vésiculeuses : 1° la syphilide varioli forme; 2" la syphilide eczémateuse , et 3° la syphilide herpéliforme. La première de ces variétés a été décrite plus haut.

16° SYPHILIDE VÉSICULEUSE ECZÉMATEUSE.

Elle est caractérisée par de petites vésicules formant des groupes irrégulièrement disposés, et entourées d’un cercle brun cuivré. Ces vésicules contiennent un liquide, lequel se résorbe laissant un épiderme flétri qui s’exfolie et une tache qui s’efface, ou bien il y a épanchement du fiquide et formation de croûtes foncées plus épaisses que celles de l’eczéma. Cette éruption se montre très-rarement sur le visage; elle a une marche lente et chronique, et dure habituellement plusieurs mois.

17° SYPHILIDE HEKPÉTIFORME.

Assez semblable à la précédente, celte syphilide se montre sous la forme de vésicules miliaires dont le liquide forme croûte. Elles sont disposées eu cercle comme l’herpès circiné et ont une auréole rouge cuivrée.

18° SYPHILIDE PUSTULEUSE.

Parmi les syphilides pustuleuses, il en est deux qui appartiennent plus particulièrement h la période secondaire, ce sont : 1° la syphilide pustuleuse acniforme; 2° la syphilide ccthymaleuse superficielle.

(1) Pillon, Des exanthèmes syphilitiques, thèse inaugurale. Paris, 1857.

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

19° SYPI1ILIDE PUSTULEUSE ACNIFORX1E.

Ces pustules sont directes, disséminées, de la grosseur d’un grain de millet ou de chènevis, elles ont une base rouge d’abord, brune plus tard, qui ne suppure pas, îi évolution lente; elles se rompent au bout de deux ou trois semaines et forment une ci oùtc jaunat i e qui tombe et laisse a sa place une tache foncce. Ouclqucfois il se forme une cicatrice blanche et superficielle. Cette éruption se montre le plus habituellement sur le cuir chevelu, la face et les membres inférieurs. Sa durée est de un ou deux mois.

20° SYPHILIDE ECTHYMATEUSE.

Cette éruption est plus frequente que la précédente; elle a reçu les noms d 'ecthyma et de variole syphilitique; elle apparaît un peu plus tard ; elle s’accompagne quelquefois au début de malaise, de courbature, etc. Elle est caractérisée par des pustules à base rouge, quelquefois ombiliquées (variole). Ces pustules sont très-larges et peuvent atteindre les dimensions d’une pièce de 50 centimes. Généralement elles forment des groupes arrondis. Elles renferment du pus, forment des croûtes d’un brun verdâtre qui recouvrent une ulcération peu profonde, et laissent une cicatrice superficielle. C’est sur le tronc et les membres, rarement sur le cuir chevelu, que se montre cette éruption.

En général, l’ecthyma syphilitique lorsqu’il apparaît à une période peu avancée est l’indice d’une syphilis maligne. Il se produit surtout chez les individus anémiés, affaiblis, cachectiques.

21° SYPHILIDE SQUAMEUSE.

Quelques auteurs, Bazin surtout, n’admettent pas que les squames soient un caractère spécial à une éruption syphilitique en particulier. Cependant cette forme se rencontre dans certains cas dès le début des éruptions, et mérite une description spéciale que nous empruntons à Hardy (1).

En gouttes (guttata), connue sous le nom de psoriasis syphilitique, cette éruption est constituée par des taches arrondies, larges de 3 à 10 millimètres, peu saillantes, d’un rouge cuivré, et recouvertes de squames blanches très-fines qui tombent et laissent à nu une tache brillante. C’est en général du sixième au vingtquatrième mois qui suit le chancre, que se manifestent ces éruptions qui siègent principalement sur les membres supérieurs et sur le tronc. La syphilide squameuse est quelquefois circinée et se montre alors sur le visage, au menton et autour des lèvres (lèpre syphilitique).

22° SYPHILIDE PALMAIRE ET PLANTAIRE.

Sous le nom plus connu de psoriasis palmaire, on désigne cette éruption syphilitique fréquente qui se montre sous la forme de larges plaques inégales et fendillées qui se durcissent et se couvrent de lamelles cornées; plus tard la desquama-

(1) Hardy, Leçons sur la scrofule et les scrofulides, et sur la syphilis et les syphihdes. Paris, 1864. ,

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