‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 16 sur 369 · FIÈVRE TYPHOÏDE. — • FORMES DE LA MALADIE · texte numérisé non relu

FIÈVRE TYPHOÏDE. — • FORMES DE LA MALADIE

chares soient assez considérables pour produire le même effet, mais ce n’est pas ms exemple. On a signalé la gangrène des membres (1). Chez un petit nombre î sujets, la mort est causée par un accident terrible : nous voulons parler de la V' foration de V intestin. Il en résulte une péritonite suraiguë qui emporte oreliai rement les malades avec rapidité. (Voy. Péritonite.)

D’après plusieurs auteurs, la péritonite peut survenir par extension de l’inflamîation, sans perforation. Thirial (2) a cité deux observations dans lesquelles l’au- »psie a été faite : aucune trace de perforation n’a été rencontrée; maison avait .égligé de recourir à un moyen indispensable, nous voulons parler de l’insufflation itestinale, ce qui nous force à garder la même réserve que par le passé.

Dans quelques cas, la mort arrive subitement et d’une manière imprévue.

§ VI. —Formes de la maladie.

Cliomel admet cinq formes dans la fièvre typhoïde : ce sont celles que je viens e mentionner tout à l’heure. La première est la fièvre typhoïde inflammatoire. Ille existe surtout au début , et est caractérisée par la plénitude, la fréquence du ouïs, la chaleur, etc. Qui ne voit d’abord qu’une forme quijne se montre qu’au ébut a déjà quelque chose de singulier ? La maladie pourra donc avoir toutes les innés : au début, inflammatoire; plus tard, bilieuse; plus tard encore, 'nerveuse ; hfin adynamique? Il est évident que de semblables distinctions n’ont qu’un faible îtéret. Mais il y a plus : est-ce que, même lorsque les malades ont les symptômes ue je viens d’indiquer, ils ne sont pas notablement affaiblis ? Il y a donc déjà de adynamie. Est-ce qu’ils n’ont pas des vertiges, de l’agitation, des rêvasseries? Il y donc de l’ataxie. Est-ce qu’ils n’ont pas la bouche pâteuse, des nausées, parfois es vomissements ? Voilà le caractère bilieux.

Qu’on examine un sujet dans X ataxie la plus complète, ou bien un cas qu’on uisse citer comme un exemple de fièvre nerveuse ; est-ce que les voies digestives offrent pas de leur côté des symptômes de fièvre muqueuse ? Est-ce que le alade n’est pas faible, tremblant sur ses jambes, pouvant à peine se soutenir, niché sur le dos, hors des moments de paroxysme du délire ? Est-ce que la chaur de la peau n’est pas élevée ?

[ Toutefois, comme les formes qu’une maladie peut revêtir ont de l’importance au )int de vue du traitement, nous mentionnerons les caractères de chacune d’elles.

■ Forme inflammatoire. — Apparence de pléthore, face vivement colorée, yeux ülants ; peau d’un rose clair, chaude, halitueuse. Fièvre vive ; pouls large, plein, n, résistant, dune fréquence modérée; tendance aux hémorrhagies et à des flammations franches, comme la pneumonie ; agitation, insomnie, délire; pas de •ma ; langue sèche, mais sans fuliginosités. Marche franche, continue, rapide, unes gens pléthoriques, sanguins.

Forme bilieuse. — Au printemps et à l’automne, les fièvres typhoïdes prennent uvent le caractère bilieux. Il y a alors des nausées, des vomissements et des jections de bile; la langue est pâteuse et couverte d’un enduit limoneux et jautre 5 teinte subictérique de la peau; les symptômes abdominaux, tels que le

(1) Bourgeois, Arcli. demécl., 1857, t. X, p. 149.

:(2) Union médicale, 14 juillet 1853.

Valleix, 5e édit. , -

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ballonnement, le gargouillement, la diarrhée, sont plus prononcés rpie tous les autres accidents ; la fièvre est modérée et elle affecte surtout des caractères marqués

de rémittence.

Forme muqueuse. — Espèce extrêmement commune. Fièvre peu intense, ponls mou et déprcssible ; rémittence bien caractérisée, comme dans la forme précédente. Simple affaiblissement des forces, pas de prostration grave; tous les symptômes à un degré modéré, mais tendance aux évacuations par toutes les voies : sueurs abondantes, diarrhée muqueuse, catarrhe pulmonaire très-marqué. Bénignité extrême de la maladie, qui se termine presque toujours par la guérison. Durée ordinairement courte : la maladie dépasse rarement le troisième septénaire.

Les fièvres typhoïdes à forme bilieuse ou muqueuse se montrent surtout à certaines époques de l’année, principalement au printemps et à l’automne, et elles sévissent sous forme de petites épidémies. Comme elles sont presque sans gravité, on a pu dire qu’il y a des épidémies bénignes de f'evre typhoïde ; tandis qu’il y a, par opposition, des épidémies graves , lorsque les formes ataxique et adynamique sont dominantes.

Forme adynamique. — Les anciens auteurs avaient distingué, avec juste raison, Y adynamie et la putridité. Cette division, trop négligée de nos jours, a été reproduite récemment par Ch. Racle (1), à qui nous empruntons les détails suivants :

« Le caractère prédominant de l 'adynamie est une faiblesse profonde qui se trouve dans toutes les fonctions. Ses symptômes sont les suivants : abattement des traits, air de stupeur, l’habitude extérieure traduit une prostration extrême; décu-i bitus dorsal, membres comme en résolution; mouvements lents, difficiles ou impossibles, toujours pénibles; quelques pathologistes, Pinel entre autres, ont même placé dans cette faiblesse de la contraction musculaire le caractère principal dt l’adynamie. De cet état des muscles résulte la flaccidité des chairs. Sentiment d( lassitude extrême. Céphalalgie très-peu intense , obtusion des sens; les yeux son injectés, larmoyants, ou secs et couverts d’un voile muqueux. La sensibilité peu paraître abolie; mais c’est de l’abolition de la perception que provient ce phénomène plutôt que d’une anesthésie véritable. L’intelligence, en effet, s’affaiblit: 1( malade est lent à répondre parce* qu’il est lent à comprendre. Délire tranquille, surtout pendant la nuit; marmottement; quelquefois abolition complète de l’intelligence, de toute perception, qui peut aller jusqu’au coma le plus profond. Insomnie pendant laquelle les malades sont livrés à des rêvasseries fatigantes. L’éta1 des fonctions du système nerveux est, en tout, opposé à ce que nous le verrons dans l’ataxie. Pouls petit, quelquefois d’une extrême fréquence, mais toujours moi et facile à faire disparaître par la plus légère pression ; c’est dans ce dernier caractère du pouls que l’on peut trouver un des meilleurs signes de l’adynamie. La chaleur de la surface du corps a diminué partout, mais surtout aux extrémités; les malades sont vivement impressionnés par le froid extérieur, et quelquefois ils n( conservent leur chaleur que parce qu’ils restent couverts. La peau est souvent couverte d’une sueur grasse, froide et fétide; elle est terreuse, flétrie, ridée; à la face elle est pâle comme chez les individus exsangues. Disposition générale à la gangrène, surtout dans tous les points des téguments qui sont comprimés sur le lit ou

(1) De la thérapeutique générale, thèse. Paris, 1845.

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