‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 189 sur 369 · RACHITISME. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

RACHITISME. — TRAITEMENT

ble du médicament. Nous ne rechercherons pas ici quelle est l’efficacité réelle de ce moyen; voyez, à ce s"jet, à l’article Scrofule.

[On peut aussi employer Y huile 'le squale. Y huile de foie de raie, qui sont moins dispendieuses et agissent aussi bien. Si les jeunes malades refusent obstinément les huiles, on pourra les remplacer par l’huile d’amandes douces, l’huile d’œillette, comme on le fait en Belgique. On emploiera également le beurre frais, la crème de lait, le lard, la graisse d’oie, etc.]

Nous ne croyons pas que l’observation de Neumann (1) soit très-concluante en faveur de Yasn fœtidn ; il l’associe en eiïet au carbonate de fer et à la rhubarbe, qui ont été préconisés de leur côté, en sorte qu’on ne peut pas savoir quelle est la valeur propre de l’asa fœtida. Voici sa formule:

Asa fœtida

Carbonate de fer..

Rhubarbe en poudre

aa 12 gram.

6 gram.

Racine de gingembre..

Extrait de pissenlit

6 gram.

Faites des pilules de 10 centigrammes. Dose : de quatre à cinq, trois fois par jour.

La garance a joui d’une grande réputation. Levret lui attribue une véritable efficacité ('.); il recommande l’infusion suivante :

Garance A gram. | Eau

Faites infuser. Ajoutez :

Sel végétal 2 gram

Miel blanc 13 gram.

Cette quantité doit être prise en deux jours.

Bon vin blanc

500 gram.

1 /8e de l’infusion.

Les expériences faites sur le développement des os ont pu suggérer une idée qui devra être de nouveau expérimentée.

Citons encore Y outrait d’osmonde royale , donné par Aubert à la dose de 12 grammes tous les matins, pendant deux mois et plus ; Y acide phosphorique, vanté par Lenlin et Hufeland : le café de glands (Schaeffer); les bains d'air comprimé, que recommande Pravaz, et le charbon animal (Schindler), pour l’administration duquel Radius (3) donne la formule suivante :

rif> Charbon animal 25 gram. | Réglisse 25 gram.

Mêlez. Faites une poudre. Dose : d'une demi-cuillerée à une cuillerée à café, deux ou trois fois par jour.

Soins hygiéniques, régime. — L’air de la campagne; l’exercice au grand air et au soleil, lorsque les os ont assez de force; l’habitation dans un lieu sec et bien aéré ; la station couchée, si les os sont trop mous, afin d’éviter les déviations; l’exer-

(11 Neumann, Chronische Krankheiten, p. 83.

(2) Levret, Dictionnaire des sciences médicales. Paris, 1820, t. XLVI, p. 620, art. Rhumatisme:.

(3j Radius, Auserles. ffeil former. Leipzig, 1836.

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

cice passif en pareil cas, sont des moyens de la plus grande importance. On favorise leur action par des frictions sèches sur tout le corps.

Le légime généralement recommandé se compose d’une nourriture principalement animale, d’un peu 'je vin généreux et pur ; en un mot, de tout ce qui peut fortifier l’économie sans produire une trop forte excitation. Toutefois il faut se garder de trop insister sur l'alimentation animale : les recherches importantes de Jules Guérin ont en effet prouvé, comme nous l’avons vu plus haut, qu’une nourriture trop exclusivement animale est une cause de rachitisme chez les enfants trèsjeunes, et, en pareil cas, c’ost au contraire une nourriture végétale , qui convient aux malades et qui rend aux os leur solidité normale.

[Ou obéira aux lois naturelles en ne nourrissant pas prématurément de viande l’enfant qui doit trouver dans le lait son principal aliment. Aux jeunes enfants on donnera de bon lait de vache, des potages au lait, au beurre, du lait coupé avec un peu de bouillon gras, et un peu d’eau rougie pour boisson ]

Lorsque les os ont repris une consistance suffisante, les exercices gymnastiques bien dirigés contribuent à affermir le système osseux. Restent les moyens orthopédiques, dont, nous le répétons, nous n’avons pas à nous occuper ici.

Résumé. — Toniques, ferrugineux; alcalins ; bains de mer, sulfureux, iodés, aromatiques; douches ; iode; huile de foie de morue; asa fœtida, garance, osmonde royale, charbon animal, etc. ; soins hygiéniques, régime.

ARTICLE XYI.

OSTÉOMALACIE.

Nous n’avons pas à entrer dans de grands détails sur cette affection, qui est ordinairement secondaire et toujours incurable, suivant tous les médecins qui s en sont occupés. Jules Guérin a fort bien résumé les caractères de cette affection. Le lecteur pourra aussi consulter, sur ce sujet, un travail fort intéressant de Slansk i I ) et l’excellente thèse de J. Beylard (2).

L 'ostéomalacie est le ramollissement des os chez l’adulte. Stanski l’a cependant observée chez le nouveau -né; mais c’est là un fait exceptionnel. On l’a aussi décrite sous le nom d 'ostéomalaxie.

Beylard pense que Y hérédité est une cause prédisposante de l’ostéomalacie aussi bien que du rachitisme, que ce médecin, du reste, considère connue une maladie de même nature.

Elle survient chez des sujets profondément débilités par la misère, les privations de toute espèce, et surtout par une affection chronique grave.

Yoici la description succincte qu’eu donne Jules Guérin ;

« Le ramollissement des os chez les adultes, pour lequel je réserve la dénomination (Y ostéomalacie , est le résultat de causes spécifiques , comme du scorbut , de la syphilis, du rhumatisme, ou de quelque vice particulier, comme le vice cancé-

(1) Stanski, Recherches sur les maladies, des os désignées sous le nom d’ostéou%Qlacte. Paris,

(2) J. Beylard, /oc. cit.

OSTÉOMALACIE. 587

ceux : tous les sujets qui l’ont offert avaient présenté, avant le début du ramollissement, les symptômes généraux de ces altérations.

« Le ramollissement s’était annoncé par des douleurs vives et profondes dans les os. La marche de la maladie est lente; elle dure un grand nombre d’années, quelquefois jusqu’à vingt ans; elle ne s’annonce pas simultanément dans toutes les parties du squelette, ni de bases haut, mais elle ne l’attaque que par fractions, si bien que quand on ouvre un sujet qui l’a présentée à un degré encore peu avancé, on trouve des os isolément affectés, et même dos portions d’os tout à fait ramollies à côté d’autres portions du même os conservant leur résistance et leur texture normales. Je possède plusieurs exemples de ce ramollissement partiel observé sur des sujets morts à la suite de cancers de l’estomac, du sein et de l’utérus...

» Si l’on examine de près la nature de l’altération du tissu, on acquiert par cette seule inspection la conviction que l’ostéomalacie et le rachitisme sont deux affections essentiellement différentes. Dans l’une, le tissu osseux est véritablement ramolli, comme carnifié par places, et ne conserve pins rien de la consistance ni de la texture de l’os sain : c’est comme si l'on avait versé sur le siège du ramollissement une liqueur très-énergique qui eût eu la propriété de faire disparaître immédiatement toute trace de sels calcaires, pour ne laisser plus qu’une trame fibrocartilagi lieuse ou même charnue, présentant çà et là de larges aréoles semblables aux sinus veineux du foie ; cette trame est tantôt jaune rosé, tantôt rougeâtre, lie de vin, toujours élaslique, se coupant très-facilement au couteau, mais quelquefois comme incrustée dans d’autres portions du tissu sain. Cette circonscription de la maladie est loin d’être constante ; à une époque très-avancée, il arrive souvent que tout le squelette a participé au ramollissement, et il ne reste plus, ainsi qu’on l’a vu dans quelques observations rapportées par les auteurs, aucune apparence de l’organisation primitive des os.

» Le mode de terminaison de l’ostéomalacie, qui est toujours fâcheux, ajoute aux traits de dissemblance qu’il y a entre elle et le véritable rachitisme. » Il résulte de ce ramollissement des distorsions des os, des déviations des membres, telles que les individus deviennent informes. Stanski en a cité et fail dessiner des exemples extrêmement remarquables.

Il résulte de ce qui précède que le traitement n’est guère que palliatif. Donner les culrnants pour apaiser les douleurs, les toniques pour soutenir les forces, et s’opposer, s’il est possible, au progrès du ramollissement des os, telles sont les principales indications.

Néanmoins Trousseau et Lasègue (1), qui sont arrivés à des conclusions semblables a celles de J. Guérin sur la nature de l’ostéomalacie et sur la différence qui existe entre elle et le rachitisme, ont cité des faits pour démontrer que V huile de foie de morue, employée à doses élevées et avec persévérance, peut procurer la guérison de cette maladie. En conséquence, on donnera ce médicament à la dose d’une cuillerée à bouche d’abord, puis de deux, de trois, de quatre, et plus encore s’il est supporté. Pendant l’été, Trousseau et Lasègue font prendre des bains de rivière , et pendant l’hiver des bains sulfureux.

(1) Trousseau et Lasègue, Du rachitisme et de /'ostéomalacie comparés ( Union médicale , juin, juillet et août 1 850). *

MALADIES CONSTULTIONNELLES.

ARTICLE XVII

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