‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 190 sur 369 · DIABÈTE · texte numérisé non relu

DIABÈTE

[ Le mot diabète est un nom générique par lequel on a désigné un certain nombre de maladies essentiellement distinctes, bien que quelques-unes aient de grands traits de ressemblance entre elles. Les progrès delà pathologie et l’étude attentive de l’altération des humeurs, faite dans ces dernières années, nous permettent aujourd'hui de rejeter entièrement du genre d>abète plusieurs de ces affections, et de tracer une ligne de démarcation tranchée entre elles 1 1 celles qui peuvent encore, quoique d’une manière très- générale, se ranger sous cette dénomination peu précise : c’est ce que nous allons faire avant d’aborder la description des états morbides qui doivent trouver place ici.

Contour, dans son intéress nte thèse (1), nous fait connaître les diverses phases par lesquelles a passé l’histoire du diabète dans les temps anciens; et les conclusions qui en découlent naturellement nous serviront à établir avec rigueur la manière dont nous entendons que doit être envisagée l’affection diabétique.]

Si l’on en croit Nicolas et Cueudeville (2), le diabète aurait été connu dès la plus haute antiqui é, et Aristote en aurait parlé ; mais les auteurs du Compendium n’ont pu trouver dans les écrits du philosophe grec aucun passage où il lût question de cette maladie. I resque tous les auteurs s’accordent à faire remonter seulement à Celse la connaissance du diabète ; mais la description donnée par cet auteur est très-sommaire, et ne peut se comparer à cel e d’Aré ée, (pii est d’une grande précision. Quant aux auteurs qui vinrent ensuite, et principalement Aétius (3), Paul d’Égine (A) et Actuarius (3), ils n’ont rien ajouté à ce que l’on savait avant eux, et il f.iut arriver à Willis pour voir l’histoire du diabète changer pour ainsi dire de face.

Avant ce dernier auteur, en effet, on ignorait complètement que la présence du sucre dans l’urine fut un des caractères essentiels du diabète proprement dit, maladie désignée pour cela sous diverses dénominations. AN illis, en reconnaissant le goût de sucre ou de miel des urines diabétiques, mit sur la voie de la découverte; toutefois l’existence de la matière sucrée n’avait pas été mise hors de doute par l’analyse. Pool et Uobson (1 773), au rapport de Bouchardat (6), ne firent que l’entrevoir, et ce fut Cawley (1778) qui, par ses expériences chimiques, démontra, d’une manière péremptoire, la présence du sucre dans l’urine des diabétiques.

Nicolas et Gueudeville, non-seulem nt constatèrent l’exactitude de celte observation, mais encore étudièrent avec soin la maladie, et à 1 aide des faits qu’ils avaient recueillis, tracèrent une histoire du diabète citée avec honneur par tous les

(1) Contour, Du diabète sucré, thèse. Paris, 1845.

(2) Nicolas et Gueudeville, liech. et exp. rnéd. et chim. sue le diabète ou phthisurie sucrée. Paris, 1805.

(3) Aétius, titre lit, sem. 3, cap. l.

(4) Paul d’Égine, Dp re medicu, lib. III, cap. xlv.

(5) Actuarius, l)e rneth. ined.. lib. lit, cap. vu et passim.

(6) Bouchardat, Monographie du. diabète sucré (Ann. de thérap ., 1841).

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