grain
Broyez la magnésie avec l’eau, et portez ensuite le mélange à l’ébullition, en agitant sans cesse avec une spatule d’argent. Passez et ajoutez l’eau aromatique. Dose: une cuillerée à bouche tous les matins.
Enfin, on peut employer l 'eau de chaux à la dose de deux à trois litres par jour.
Quoique ces divers alcalins puissent suffire, car ce qu’il importe, c’est de faire parvenir une quantité suffisante d’alcali dans le sang, c’est le bicarbonate de soude et l’usage de l’eau de Vichy aux repas qui ont été jusqu’ici employés avec le plus d’avantage (2).
Il faudrait prendre garde de donner le lait de magnésie aune dose plus élevée que celle qui a été indiquée plus haut, parce que les acides abondants qui se trouvent dans le tube digestif des diabétiques changeant la magnésie en sel, il en résulte très -facilement chez ces sujets une purgation assez considérable pour les affaiblir.
3° Pour ramener la transpiration, on mettra en usage les bains de vapeur donnés deux et meme trois fois la semaine. 8i l’on en juge par quelques faits observés avec soin, il ne faut qu’un petit nombre de bains de vapeur pour arriver au but qu’on se propose; cinq ou six peuvent suffire : ce qui tient sans aucun doute à ce que l’action du médicament interne ne tarde pas à se faire sentir.
Le malade devra se couvrir le corps de flanelle, ainsi que le recommandent la
(1) Mialhe, Art de formuler, p. 122.
(2) Petit, Du mode d’action des eaux thermales de Vichy. Paris, 1850, p. 449.
fi 3 2
MALADIES CONSTITUTIONNELLES
plupart dos auteurs. Enfin, il devra tous les jours faire un assez grand exercice, contrairement à la manière de voir de Rollo.
Quant à l’emploi des divers sudorifiques , celui de l’opium, des antispasmodiques, etc. , on ne peut pas dire qu’ils soient contraires, et l’on peut même admettre que dans certains cas ils remplissent utilement quelques indications particulières; mais, en général, ces médicaments sont inutiles.
Tel est le traitement que la théorie a indiqué ü Mialhe. Si maintenant nous recherchons les résultats pratiques, nous trouvons d’abord un fait très-intéressant recueilli par Mialhe et Contour, et communiqué à l’Académie de médecine (1). Il s’agit d’un sujet qui, depuis dix-huit mois, avait commencé à présenter du sucre dans ses urines, et qui se trouvait, lorsqu’il fut vu par les deux auteurs que nous venons de citer, dans l’état suivant : Prostration et amaigrissement extrêmes, faiblesse très-grande; appétit toujours bon, digestion facile; soif des plus vives, bouche sèche, salive acide : le malade peut à peine dire quelques paroles sans être forcé de boire; il ingère cinq ou six litres d’eau par jour. Quantité de l’urine en rapport avec celle des boissons ; ce liquide est très-acide, presque entièrement décoloré, marque 10A0 au densimètre, et contient un peu plus de A5 grammes de sucre par litre. Grande constipation ; force virile anéantie depuis plus d’un an; vue affaiblie au point de nécessiter l’usage des conserves. Le chlorure de sodium ayant été employé sans résultat, Mialhe et Contour commencèrent l’usage du traitement qui vient d’être indiqué; et, au bout d’un mois et demi environ, les urines ont cessé de contenir du sucre, la soif a disparu, la salive a repris ses caractères normaux, la sécrétion cutanée s’est rétablie; la défécation se fait facilement, les facultés viriles et la vue ont repris leur intégrité.
Tel était l’état de choses lorsque Mialhe et Contour ont présenté celte observation à l’Académie de médecine; nous pouvons y ajouter d’une manière succincte le détail de ce qui s’est passé depuis, et cette partie ne sera pas, à beaucoup près, la moins intéressante. Pendant environ dix mois, le sujet de cette observation a continué à se porter aussi bien qu’avant sa maladie, se bornant a prendre quelques grammes de bicarbonate de soude dans la journée, et à suivre un régime réglé. Au bout de ce temps, sa sauté lui paraissant complètement affermie, il crut pouvoir s’affranchir de toute espèce de contrainte, et supprimer le médicament; mais douze* jours s’étaient à peine écoulés, que le sucre reparut dans les urines, et que la soil recommença à se faire sentir. Il revint chez Mialhe, qui lui conseilla seulement de reprendre son bicarbonate de soude, et, au bout de quatre ou cinq joins, la .santé était complètement rétablie. Depuis, il se borne a prendre quelques doses du médicament alcalin, ne s’astreignant pas tous les jours a ce traitement, et cependant on n’observe pas le moindre signe de glycosurie, et l’urine ne contient pas un atome de sucre.
Ce fait est remarquable, d’abord par la disparition si complète du sucre des uiines qu’on a pu constater pendant un temps fort long, et en second lieu pai la facilité avec laquelle quelques doses d’un médicament alcalin ont triomphé de tous les symptômes de la récidive. Toutefois, la promptitude avec laquelle cette récidive s * si reproduite dès que le malade a cru pouvoir s’affranchir de tout traitement, doit ètu
(1) Mialhe et Contour, Bulletin de l’Académie de médecine, juillet 1844, t. IX, p. -,7/-
îiippuniE.
soigneusement remarquée ; elle prouve, en effet, que la tendance de l’organisme à contracter cette maladie sous l’influence des causes qui ont agi primitivement était restée fort grande, et même il est permis d’admettre que, pendant tout le temps de la guérison apparente, le sang était tout simplement alcalinisé d’une manière artificielle par l’introduction persévérante des médicaments, et que le sujet était resté virtuellement diabétique. On ne sera sûr du contraire qu’autant qu’a une époque qu’il est impossible de prévoir, le sujet de l’observation pourra reprendre toutes ses habitudes sans voir reparaître les symptômes de la glycosurie. Néanmoins on doit regarder comme un très-beau succès, de pouvoir, à l’aide de petites doses d’un remède qui n’est pas essentiellement désagréable et d’un traitement qui n’est pas assujettissant, maintenir les malades dans un état on ne peut plus satisfaisant, et tel que l’examen le plus minutieux ne peut faire reconnaître chez eux aucun signe de maladie déclarée.
Ce fait n’est pas le seul de ce genre que nous pourrions citer. Mialhe en a vu plusieurs autres ; nous nous contenterons de citer le suivant, qui est remarquable par les effets extrêmement rapides du traitement alcalin. Le malade, qui était devenu diabétique à la suite d’un abus de boissons acidulés pendant les grandes chaleurs de 1 847, fut mis à l’usage des moyens suivants : 20 grammes de bicarbonate de soude, 5 grammes de magnésie calcinée, deux bouteilles et demie d’eau de Vichy dans les vingt-quatre heures. Les urines, qui contenaient 80 grammes de sucre par litre et qui avaient une densité de 10/iü, ne présentèrent plus, dès le lendemain, la moindre trace de sucre, et n’eurent plus qu’une densité de 1026. Le traitement fut continué, et le diabète fut complètement guéri (1).
Villeneuve (2) a cité un cas dans lequel le traitement par les alcalins et les bains de vapeur a eu les meilleurs effets. Deux femmes diabétiques ont été, il est vrai, traitées sans succès, dans le service d’Andral (3), par le traitement alcalin ; mais il faut remarquer que ce médecin s’est contenté de prescrire 8 grammes de bicarbonate de soude par jour, ce qui est insuffisant.
Résumé sommaii'e du traitement. — Émissions sanguines; antispasmodiques, narcotiques; astringents, toniques, ferrugineux ; vomitifs, purgatifs; acides.
Moyens divers : Créosote, térébenthine, fiel de bœuf, mercuriaux, café, soufre; bains froids.
Moyens externes : Frictions aromatiques ; teinture de cantharides, pommade d’Autenrieth ; vésicatoires, moxas ; frictions graisseuses ; sudorifiques, ammoniacaux, alcalins ; régime azoté.
3° HIPPÜRIE.
L’hippurie est une affection nouvelle nommée et décrite par Fouchardat (A). File est principalement caractérisée par la présence de l’acide hippurique dans les urines : de là son nom.
(1) Mialhe, Compt. rend, des séances de l’Académie de médecine, 25 juillet 1848. et Bulletin général de thérapeutique, 15 mars 1849.
(2) Villeneuve, Journal de méd., chir., pharm., mèd. vétérin., de la Côte-d’Or n° (1
(3) Andral, Journ. des connaissances méd. -chir., mars 184G, p. 94.
(4) Bouchardat, Annuaire de thérapeutique, 1842, p. 285 et suiv.
MALADIES CONSTITUTIONNELLES
§ I. — Causes.
Boucha niai pense que dans le seul cas qu’il a observé, la principale cause de la maladie doit être cherchée dans le régime suivi pendant plusieurs années, et qui consistait en une alimentation variée en général, mais présentant cela de remarquable, que le sujet de l’observation (une femme) a pris, mêlé à du café ou pur, du lait tous les jours en assez grande quantité (40 centilitres le malin et 75 centilitres le soir). Considérant que l’acide hippurique se trouve normalement chez les trèsjeunes enfants nourris exclusivement.de lait, l’auteur signale avec soin ce rapport frappant. Toutefois il remarque que le régime ayant été complètement changé, l’acide hippurique n’a pas moins continué à se montrer dans les urines, ce qu’il attribue a une loi qu’il nomme loi de continuité (l'action.
§ II. — Symptômes.
Les symptômes éprouvés furent les suivants. D’abord sentiment de lassitude et de nonchalance ' insolite; suppressions de sueurs habituelles précédemment très abondantes; suppression de démangeaisons à la peau, qui depuis neuf ans avaient constamment incommodé la malade. Plus tard la peau devint aride, écailleuse ; quelques douleurs se firent sentir dans la région du foie; une cola ration jaune du corps coïncida avec des matières fécales noires. On remarqua également la disparition d’une pituite habituelle ; il survint de la sécheresse à ta bouche,- surtout pendant la nuit, avec saveur désagréable, la salive étant toujours alcaline. L’ appétit diminua progressivement, les digestions étaient quelquefois pénibles. La soif devint ardente , sans être comparable à celle des glycosuriqucs.
A l’époqueoù la malade futexaminée par Bouchardat, les urines étaient dans l’état suivant : peu colorées , limpides; leur saveur était légèrement salée et leur odeur caractéristique; on eût pris ce liquide pour du petit-lait ou pour du bouillon léger aigri. La densité varia, dans cinq expériences, entre 1,008 et 1,0001 ; dans deux autres elle monta à 1,0077. Elles rougissaient très-faiblement le papier de tournesol. L 'analyse chimique y fit reconnaître une diminution notable 'dès principes fixes de l’urine, de V acide hippurique dans la proportion de 2,23 sur 1000, et de V albumine dans la proportion de 1,47.
Plus tard encore, l’état des urines restant le même, la malade s’affaiblit et dépérit graduellement, ne présentant de nouveaux symptômes que de la suffocation par moments, et un œdème toujours croissant; elle finit par succomber dans le marasme.
Ce n’est pas avec un fait qu'on peut tracer l’histoire d’une maladie : quanta celle-ci donc, il suffit de l’avoir signalée d’une manière précise; aussi nous contenterons-nous, pour terminer, de dire un mot du diagnostic et du traitement prescrit par Bouchardat.
L’alcalinité de la salive, la densité de t’urine qui est moindre qu’à l’état normal, feraient penser qu’il ne s’agit pas d’une glycosurie, et la présence do l’acide hippurique dans ce liquide, ainsi que l’absence du sucre, éclairera le diagnostic.
Quant au traitement , Bouchardat conseilla une alimentation azotée corrobo-