DÉMENCE
[La démence est définie parEsquirol l’affaiblissement progressif de l’intelligence, de la sensibilité et delà volonté; c’est, pour nous servir de son expression pittoresque, la ruine d’un riche qui peu à peu tombe dans la plus profonde misère.
Elle est incomplète ou complète.
Causes. — A moins qu’elle ne survienne par les progrès de l’âge, la démence est ordinairement consécutive aux diverses formes des aliénations mentales. En la rangeant, comme nous l’avons fait, parmi les lésions terminales de la folie, nous avons suffisamment fait comprendre que pour en déterminer les causes il fallait remonter jusqu’au trouble mental qui l’avait précédée. Disons toutefois qu’elle peut se montrer presque d’emblée chez des individus que des excès, des veilles prolongées, une longue contention de l’esprit, ont affaiblis, et qu’elle est dans ce cas une oblitération des facultés intellectuelles, une sorte d’appauvrissement, d’usure de l’organe cérébral.
Incomplète , la démence se trahit par les troubles de la mémoire. Conservant le souvenir des faits anciens, le dément semble n’être plus apte à recevoir et à conserver des impressions nouvelles : il est indifférent, oublie les jours, les heures, ne sait plus trouver sa route, et pour peu qu’on le dérange d’habitudes dès longtemps prises, ne sait pourvoir à rien. Ces troubles, au début, sont parfois assez difficiles à reconnaître : il faut ou une très-grande habitude, ou la v ie en commun pour s’apercevoir de la lésion. Si elle n’est pas très-étendue, si elle reste stationnaire, le dément peut, sans grands inconvénients, vivre de la vie de famille, et l’intervention du médecin n’est pas demandée ; mais s’il y a un certain nombre d’aliénés qu restent à ce premier degré, il en est un bien plus grand nombre chez; lesque l’affaiblissement intellectuel fait d’incessants progrès, et la démence est alors complète. C’est, comme le dit Guislain, « la mort de l’intelligence ». La mémoire est abolie, la sensibilité générale et spéciale souvent pervertie h un point tel, que l’aliéné n’a plus l’instinct de la conservation : il faut pourvoir à toutes les exigences de sa vie matérielle ; il devient malpropre. En même temps la physionomie perd toute, expression, elle revêt un caractère d’apathie absolue. Les idées sont dissociées, aucun lien ne les rapproche, et les phrases restent inachevées; des mots bizarres, des gestes aussi incohérents que les paroles, une passivité complète, tel est le triste tableau de cet état que nous ne croyons pas devoir détailler davantage.
La démence n’est pas toujours aussi uniforme que nous venons de la représenter. On y peut trouver des accès mélancoliques ou maniaques revenant h intervalle indéterminés ; et quand il existe un certain degré d’excitation maniaque, on constate pendant toute sa durée une activité intellectuelle qui disparaît dès que le calme revient. Elle peut se compliquer aussi d’accidents convulsifs, épileptiformes, qui sont dus à des états particuliers des membranes ou des vaisseaux de l’encéphale.
La démence, même quand elle est récente, est incurable. Nous décririons ici la •démence avec paralysie générale , si un article spécial ne lui avait été réservé.
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névroses.
ARTICLE IV