NÉVRALGIE CERVIC0-0CC1P1TALE
trifaciale que la maladie présente le plus souvent le type intermittent. C’est aussi dans cette affection qu’on a obtenu les plus nombreux succès à l’aide du quinquina et du sulfate de quinine. Rennes, sur trente-deux cas observés dans l’espace de quinze mois, les a tous promptement guéris par le sulfate de quinine. Dans les cas que nous avons recueillis, et qui présentaient une périodicité marquée, la moitié ont été rebelles à cette médication, tandis que les autres étaient améliorés en trois ou quatre jours, et complètement guéris en huit ou dix.
Le sulfate de quinine se donne à la dose de 40, 50, 60 centigrammes, ou même un gramme et davantage. [Quelquefois, ce n’est qu’au bout de plusieurs jours que l’amélioration se manifeste. Le mode d’administration est le même que pour les fièvres intermittentes.]
Devay (1) a avancé que le valérianate de quinine est supérieur au sulfate de quinine dans le traitement des névralgies périodiques; mais les faits qu’il rapporte, bien que la guérison ait été obtenue, ne suffisent pas pour démontrer l’exactitude de cette assertion. Ce médecin prescrit de 30 à 40 centigrammes de valérianate de quinine chaque jour.
Les traitements qui ont réellement pour eux la sanction de l'expérience sont : 1° les vésicatoires volants multipliésT dont l’utilité, dans la grande majorité des cas, n’est pas douteuse; 2“ la cautérisation transewrente, plus efficace encore, mais qu’on ne peut pas toujours mettre en usage ; 3° la cautérisation profonde , qu’on ne peut proposer que pour la névralgie du maxillaire inférieur, ou pour les cas dans lesquels la douleur est principalement concentrée dans le nerf frontal; 4° Yexcision du nerf : moyen extrême; 5° les pilules de Méglin et le valérianate de zinc, qui ont procuré des succès, mais dans une proportion difficile à préciser; [6° V acide arsénieux]-, 7° la noix vomique , qui a l’inconvénient de déterminer des accidents parfois fort graves ; 8° le sulfate et le valérianate de quinine , dans des cas donnés.
Quant aux autres moyens recommandés, on ne saurait se prononcer sur leur efficacité réelle.
Résumé. — 1° Médication externe. — Émissions sanguines; extraction d’un corps étranger; vésicatoires à demeure, volants, multipliés; cautérisation transcurrente, profonde; applications irritantes ; électricité; narcotiques à l’extérieur; mercuriaux à l’extérieur ; application du froid; excision du nerf.
2° Médication interne. — Pilules de Méglin; valérianate de zinc; carbonate de fer; narcotiques à l’intérieur; mercuriaux à l’intérieur; antispasmodiques; noix vomique; arsenic; vomitifs; moyens divers.
3° Traitement de la névralgie trifaciale périodique.
2° NÉVRALGIE CERVICO-OCC1PITALE.
Ph. Bérard est le premier (2) qui ait désigné d’une manière positive cette affection, dont la description manquait encore.
(1) Francis Devay, Mémoire sur le valérianate de quinine , de son mode de préparation, île son emploi thérapeutique dans les fièvres et les névralgies intermittentes ( Gazette médicale, octobre 1844, p. 666).
(2) Ph. Bérard, Dictionnaire de médecine en 30 vol. Paris, 1835, t. XII, art. Névralgie DE LA FACE.
NÉVROSES
§ I. — Siège de la maladie.
Elle a son siège dans les branches postérieures des quatre premières paires cervicales, parmi lesquelles la plus importante est le grand nerf occipital d’Arnold.
§11. — Causes.
Nous n’avons rien à ajouter ici à ce que nous avons dit à propos de l’étiologie de la névralgie trifaciale.
§ III. — Symptômes.
1" Douleur spontanée. — La douleur gravative cl continue se fait sentir dans plusieurs points qui seront tout à l’heure bien précisés lorsqu’il s’agira de la douleur à la pression ; et le plus constant et le plus incommode de ces points se trouve entre l'apophyse et les premières vertèbres cervicales. Les autres points où se fait sentir cette douleur sont disséminés sur la partie postérieure de la tète et du cou, et même sur l’épaule.
Des élancements ou des douleurs analogues (piqûre, déchirement, etc.) viennent, par moments plus ou moins rapprochés, se joindre h une douleur continue. Ils partent presque toujours d’un point situé au-dessous de l’occiput, un peu en dehors des vertèbres cervicales, et de là vont retentir dans les parties supérieures du crâne. Quelquefois ces douleurs lancinantes se font sentir jusque dans l’intérieur de l’oreille, mais dans un point qui ne paraît pas situé plus profondément que le conduit auditif externe.
2° Douleur provoquée. — La douleur à la pression fait reconnaître l’existence des points suivants, qui peuvent très-bien ne pas exister tous ensemble chez le même sujet, mais dont on trouve toujours plusieurs, surtout au moment des exacerbations. Ces points sont: le point occipital, entre l’apophyse mastoïde et les vertèbres cervicales ; le point cervical superficiel, au lieu d’émergence des principaux nerfs qui concourent à former le plexus du même nom ; le point pariétal , commun à cette affection et à la névralgie trifaciale; le point mastoïdien, sur l’apophyse mastoïde; le point auriculaire, sur la conque de l’oreille.
Ces divers points douloureux sont souvent assez étendus du côté du cou; ils sont au contraire généralement circonscrits sur l’apophyse mastoïde, la conque de l’oreille et la bosse pariétale.
Ce qu’il importe surtout de remarquer dans cette disposition des points douloureux, c’est ce point intermédiaire entre les deux névralgies de la tête, ou plutôt, ce point commun à ces deux affections. Il en résulte que les douleurs lancinantes se transmettent avec la plus grande facilité du nerf frontal au nerf occipital, et réciproquement, et même que la névralgie, d’abord née dans un de ces nerfs, envahit bientôt l’autre, de manière à y produire non-seulement la douleur lancinante, mais la douleur gravative et la douleur à la pression dans les points désignés. On pourrait donc établir deux nouvelles espèces de névralgies qu’on appellerait, I une trifacio-cervicale, l’autre cervico-tri faciale, suivant le nerf qui serait le plus affecté. On verra plus loin quel jour ces faits jettent sur le diagnostic.
Relativement aux complications et aux symptômes généraux, nous n’avons rien à dire ici qui n’ait été exposé dans l’article consacré à la névralgie trifaciale.
NÉVRALGIE CERVIC0-0CCIP1TAI.E. — TRAITEMENT. 724
§ IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.
Cette névralgie présente des accès parfois très-violents, et les exacerbations paraissent le plus souvent sous l’influence de rabaissement de la température. La durée et la terminaison ne nous présentent non plus rien de particulier.
§ V. — Diagnostic.
On a maintes fois pris pour une névralgie du nerf facial l’affection dont il s’agit. Nous avons maintenant l’explication de cette erreur. Les élancements partant d’un point voisin de l’oreille, se faisant même sentir dans le conduit auditif externe, se portent vers la face en contournant la tète par l’intermédiaire des nerfs occipital et frontal; le malade, si on ne l’interroge pas avec soin, et si l’on n’examine pas les parties à l’aide de la pression convenablement exercée, peut donc facilement vous tromper, car les points de départ et les points d’arrivée des élancements sont exactement ce qu’ils devraient être s’il existait réellement une névralgie du nerf facial. Il faudra donc, pour éviter l’erreur, rechercher avec soin les points occipital, pariétal et frontal, et avoir soin de demander au malade quel est le trajet des élancements.
On peut se demander s’il ne serait pas possible de confondre cette névralgie avec le rhumatisme du cou, connu sous le nom de torticolis. Mais voici ce que nous avons observé dans les cas où il n’existait qu’une douleur évidemment musculaire. Les mouvements de la tête étaient douloureux, à un degré ordinairement considérable; ils l’étaient surtout lorsqu’ils exigeaient une forte contraction des muscles affectés. S’il y avait des élancements, ils étaient sourds et restaient fixés dans les points malades; la pression déterminait nue douleur moins vive, mais plus étendue que dans la névralgie; enfin, dans l’immobilité complète, la douleur était nulle, ou presque nulle, et ne revenait pas par accès (1). Malgré cette distinction, il faut convenir que, dans certains cas, il y a un assez grand rapport entre les deux maladies; mais c’est une question sur laquelle nous reviendrons en parlant du rhumatisme musculaire.
Le pronostic 11e diffère pas de celui de la névralgie trifaciale.
§ VI. — Traitement.
« Le traitement employé dans plusieurs des cas précédents a été varié. On a vu le demi-succès obtenu par André à l’aide de la cautérisation profonde (employée sur le point occipital , de la même manière que sur le point mentonnier dans la névralgie du nerf dentaire inférieur) ; les vésicatoires volants très- multipliés ont produit, dans un cas, un soulagement sensible à chaque application, sans toutefois triompher complètement de la maladie; mais il s’agissait d’une de ces névralgies mobiles qui paraissent tenir à un état général du système nerveux, et qui sont si difficiles à guérir. Dans deux cas, l’emploi de deux vésicatoires volants appliqués sur le point douloureux de la nuque a été suivi du succès le plus prompt et le plus manifeste. Dans un autre, les inoculations de morphine ont parfaitement réussi. Dans un plus grand nombre la névralgie a été enlevée par la cautérisation transcurrente. L’emploi des pilules de Mégi in a été avantageux chez un sujet, chez un <>
(1) Valleix, Traité des névralgies, p. 270.
Valleix, 5e édit.
NÉVROSES
autre le résultat a été moins évident. On n’a pas oublié le cas cité par Leydig (1). el, dans lequel la maladie ayant pris un caractère de périodicité prononcé, le sulfate de quinine en a promptement triomphé. L’emploi des frictions mercurielles prescrit par Watton, et suivi d’une amélioration rapide et de la guérison définitive * a besoin d’être soumis à de nouvelles expériences.
» De tous ces moyens, c’est encore le vésicatoire volant multiplié qui a eu le plus souvent d’heureux elfets. »
La cautérisation tnanscurrente est encore plus efficace.
3° NÉVRALGIE CERVICO-BRACHIALE.
Cotugno (2) s’était borné à indiquer l’existence, dans le nerf cubital, d’une douleur semblable à celle qui caractérise la névralgie sciatique. Chaussier n’a décrit que la névralgie Cubito-digitcde, et les auteurs qui l’ont suivi se sont bornés à donner des observations de névralgies musculo-cutanée, radiale, etc.
§ I. — Causes.1,
Une violence extérieure, une brûlure, une piqûre, ont produit quelquefois une névralgie d’une branche nerveuse du membre supérieur. Nous avons cité (3) une névralgie médiane due à une brûlure, et une névralgie cubitale due à une contusion. Dans plusieurs cas la névralgie cervico-brachiale a succédé à des douleurs rhumatismales des muscles de l'épaule. Nous n’avons pas trouvé d’autres causes appartenant en propre à L'affection dont il s’agit. Nous avons noté la plus grande fréquence de cette névralgie dans le membre gauche; mais les faits sont en trop petit nombre pour qu'on regarde ce résultat comme définitif.
§ II. — Symptômes.
1" Douleur spontanée. — La douleur contusive, gravatwe, continue, s’est fait sentir dans tous les points, elle se montre surtout à l’épaule, lorsque, comme c’est le cas le plus ordinaire, un certain nombre de branches du plexus sont affectées. Les élancements se portent ordinairement de l’extrémité supérieure du membre jusqu’à l’extrémité inférieure en suivant le trajet des nerfs. Nous les avons vus prendre leur source dans le creux de l’aisselle, et se porter en divergeant, d’une part, vers l’épaule et le cou, et de l’autre, vers la main, en suivant le nerf cubital.
2° Douleur provoquée. — Dans tous les cas où elle a été recherchée, la douleur à la pression a existé dans un certain nombredes points suivants: le point cervical inférieur, un peu en dehors des dernières vertèbres cervicales; le point post-claviculaire, dans l’angle formé par la clavicule et l’acromion; le point deltoidien ou circonflexe, à la partie supérieure du deltoïde; le point axillaire, dans le creux de l’aissélle ; le point épitrochléen, à l’endroit où le nerf cubital contourne l’épitrochlée; le point cubito-carpieri, vers la jonction du cubitus et du carpe ; le point radial, à l’endroit où le nerf de ce nom contourne l’humérus; le point radiocarpien, vers l’articulation du radius et du carpe; les points digitaux.
De tous les points douloureux, ceux qui sont le mieux circonscrits sont générait) Halliday, Considérations pratiques sur les névralgies de la face. Paris, 1832, p. 55..
(2) Cotugno, loc. cit., cap. xxxi.
(3) Yalleix, Traité des névralgies, cap. xxxi.
NÉVRALGIE CERVICO-BRACHIALE. — SYMPTÔMES.
lestent les points cubito-carpieu et radio-carpien. La douleur qu’oa y détermine par la pression convenablement exercée est quelquefois très-grande, et l’on peut par ce moyen donner lieu à des élancements dans tout le membre. Les mouvements du bras, et, lorsque l’affection est violente, l’éteruument, les grands mouvements du tronc, augmentent la douleur, surtout dans l’épaule.
Névralgie brachiale nocturne. — Gamberini (1) a observé une forme singulière de névralgie brachiale qui commence par une douleur à l’extrémité des doigts d’une main, le plus souvent aux deux derniers, pour s’étendre de là le long de l’avant-bras jusqu’à un ou deux pouces du coude. C’est la nuit que la douleur se développe; elle fait perdre le sommeil et devient intense au point d’arracher des cris. Le jour ramène le calme ; peu de malades conservent le moindre ressentiment des souffrances de la nuit. Quant à la partie douloureuse, elle n’offre, pendant l’accès ni après, aucune altération sensible, ni augmentation de température, bien que pendant ces douleurs le malade y accuse une vive sensation de chaleur et écarte les couvertures. Et cependant, s’il cherche à calmer cette chaleur importune par des réfrigérants, la souffrance devient atroce. Cette dernière est également exaspérée par des mouvements brusques. On entend quelquefois une crépitation manifeste des tendons, ressemblant au bruit de la neige qu’on écrase sous les pieds. Le plus ordinairement il n’v a qu’un seul membre d’attaqué. Les femmes sont plus particulièrement disposées à cette maladie, spécialement les femmes de vingt à trente ans, de constitution robuste, et dont la profession impose des mouvements fatigants aux membres supérieurs.
Le sulfate de quinine , qui semblerait si bien indiqué contre cette forme intermittente de névralgie, est cependant complètement inefficace. La belladone paraît le remède le mieux approprié. La maladie n’a jamais manqué d’être promptement améliorée, et elle a été souvent guérie par des frictions faites sur les parties douloureuses avec une pommade contenant h grammes d’extrait de belladone pour 30 d’axonge. fl peut y avoir, d’ailleurs, à remplir d’autres indications tirées de l’état général. C’est ainsi qu’une saignée a complété la guérison chez une femme enceinte.
Névralgie cubitale. — C’est la plus fréquente de toutes les variétés. Elle est uniquement caractérisée par la circonscription des douleurs dans le nerf cubital. Du reste, les points douloureux sont les mêmes. Ce qu’il y a surtout de remarquable dans les symptômes, c’est la douleur (pii se fait sentir dans les deux derniers doigls de la main, et principalement dans le petit doigt. Quelquefois aussi il y a dans ces doigts un engourdissement semblable à celui que produit la compression du nerf cubital auprès de l’épitrocldée, ce qui a fait comparer cette névralgie aux douleurs que cause la contusion du nerf dans le lieu que nous venons d’indiquer.
Névralgies radiale, médiane, musculo-cutanée. — La connaissance du trajet des nerfs qui sont le siège de ces affections suffit pour faire concevoir les svmptômes qui leur sont jn-opres. Relativement à la névralgie radiale, le point douloureux qui existe à l’endroit où le nerf contourne l’humérus est surtout important à constater, et, du côté de la main, le pouce est principalement douloureux et « engourdi.
(1) Gamberini, Il Haccoglitore medico, et Journ. des cotinaiss. médico-chirurg ., 1er juilt let 1848.
NÉVROSES
Dans les cas où l’on a admis l’existence de ces névralgies partielles, on a généralement négligé de rechercher si les autres points du plexus brachial étaient ou n’étaient pas douloureux, et tout porte à croire qu’ils l’étaient dans plusieurs de ces cas.
Sous le rapport des complications, symptômes généraux de la marche , de la durée, de la terminaison, cette névralgie n’offre rien qui n’ait été indiqué à propos de la névralgie en général.
§ III. — Diagnostic.
Dans le rhumatisme musculaire, « la douleur, soit spontanée, soit à la pression, occupe une plus large surface; les points douloureux ne sont point disséminés comme dans la névralgie; les élancements sont moins étendus, moins violents, et ne reviennent pas par accès marqués. C’est dans les mouvements que la douleur est à son summun d’intensif. Elle est quelquefois telle alors, qu’il est impossible au malade de remuer le bras, tandis que, dans l’immobilité, elle est nulle ou presque nulle (1). »>
L 'arthralgie saturnine n’a jamais un trajet aussi circonscrit que la névralgie ; elle ne suit pas les cordons nerveux ; elle occupe quelquefois toute l’épaisseur des membres près des articulations; les points douloureux de la névralgie ne se trouvent pas dans l’arthralgie saturnine.
[Dans l’arthralgie saturnine comme dans les douleurs syphilitiques, on sera éclairé par les antécédents.]
Rien de particulier sous le rapport du pronostic.
§ IV. — Traitement.
Dans tous les cas traités par les vésicatoires volants multipliés, le succès a été rapide et constant. Cotugno voulait qu’on appliquât le vésicatoire sur un seul point, l’épitrochlée, parce qu’il le compare au point douloureux qui, dans la sciatique, occupe la tète du péroné, qui est, comme on le sait, le lieu d’élection pour l’application de l’emplâtre vésicant dans le traitement de la névralgie du membre inférieur. Depuis que nous employons la cautérisation transcurrente, la guérison a été plus rapide et non moins constante que par les vésicatoires multipliés.
Dans quatre cas traités par Martinet, l’emploi de Y huile essentielle de térébenthine a réussi en peu de temps (de trois à douze jours), quoique, dans un d’eux, la maladie durât depuis trois ans. On devra donc avoir recours à ce médicament, si les vésicataires échouent (2).
Enfin on ne doit pas perdre de vue l’indication fournie par le caractère intermittent, périodique : alors, le sulfate de quinine est avantageusement administré.
4° NÉVRALGIE DORSO-INTERCOSTALE
[Cette névralgie a commencé à être étudiée par Nicod (3); elle l’a été plus com-
(1) Vallcix, Traité des névralgies, p. 330.
(2) Voy. Névralgie sciatique, traitement.
(3) Nicod, Observation de névralgie thoracique (Nouv. journ. de méd., t. 111,1818).
NÉVRALGIE J)ORSO-INTERCOSTALE. — CAUSES
plétement par Broun (1), Isaac Parrish (2), Basserean (3) Beau (ô), Piorry (5), Léoni (6).] ,
§ I. — Définition, synonymie, fréquence.
La névralgie dorso-intercostale est suffisamment définie par son nom.
Les auteurs lui ont donné les noms de névralgie thoracique , névralgie intercos taie, névralgie clés nerfs intercostaux , des nerfs spinaux, spinal disease, spinal irritation, irritation of the spinal marrow. Il est plus que probable que, sous le nom d e pleurodynie, on a bien des fois désigné une affection qui n’était autre que la névralgie dorso-intercostale.
La fréquence de cette affection est très-grande : elle est cinq ou six fois au moins plus fréquente que la sciatique.
§ II. — Causes.
1° Causes prédisposantes. — Nous n’avons pas observé cette maladie chez des sujets de moins de neuf ans; c’est de dix-sept à quarante ans quelle se montre, ordinairement.
Le sexe a une très-grande influence sur la production de la maladie (Nicod), dans la très-grande majorité des cas, elle se manifeste chez les femmes.
Les sujets étaient presque tous d’une constitution médiocrement forte et d’un tempérament nerveux. Chez la plupart des femmes, les menstrues présentaient, soit une éruption douloureuse, soit une irrégularité plus ou moins grande dans leur apparition, soit une diminution, soit une suppression. Quel est le rapport de ces troubles fonctionnels avec la névralgie? C’est ce qu’il est difficile de dire d’une manière précise. Cependant leur proportion considérable porte à croire qu’ils ne sont pas sans influence sur la production de la névralgie, ou du moins sans liaison avec elle. Les mauvaises conditions hygiéniques n’ont été notées que dans un petit nombre de cas.
Le plus souvent la maladie occupe le côté gauche. Quand elle se fait sentir des deux côtés, elle est aussi généralement plus vive à gauche. Nous l’avons vue se montrer de préférence dans les sixième, septième et huitième espaces intercostaux.
2° Causes occasionnelles. — Elles se réduisent à un excès de travail, ou à un coup reçu sur la poitrine. Dans quelques cas, la maladie survient après un zona des parois thoraciques, ou dans le cours de la phthisie pulmonaire (7). Parfois l’apparition de la néyralgie intercostale accompagne ou suit de près celle d’une bronchite parvenue aux dernières ramifications des bronches, à la partie inférieure des poumons. Nous avons rencontré aussi quelques cas où, à la névralgie intercostale,
(1) Brown, The Glasgow med. Journ., 1828.
(2) Isaac Parrish, On irritation of the spinal marrow, etc. ( The Amer. Journ., 1832).
(3) Bassereau, Essai sur la névralgie des nerfs intercostaux, thèse. Paris, 1840.
(4) J. H. S. Beau, De la névrite et de la névralgie intercostale ( Archives de médecine, février 1847, p. 161).
(5) Piorry, Rapport sur le mémoire de M. Lccadre sur les névralgies intercostales (Bull, de l'Acad. de médecine, 1853, t. XVIII, p. 1121).
(6) Léoni, Considér. sur la névralgie des nerfs intercostaux. Thèse de Paris, 1858.
(7) [Pour Beau (. Mém . cité), cette prétendue névralgie ne serait qu’une névrite.]
NÉVROSES
se trouvait liée une gastralgie assez intense (vov. Dyspepsie chloro- anémique).
§ III. — Symptômes.
Douleur spontanée. — Douleur continue. — Elle est sourde, contusive, et bornée généralement aux points où la pression est douloureuse. Elle peut s’amender très-notablement dans l’intervalle des accès, mais il est bien rare qu’elle dispa raisse complète men t .
Douleur intermittente. — Elle est vive, et constituée par des élancements revenant à des intervalles irréguliers. Ces élancements, qui parfois sont remplacés par un sentiment de déchirement ou de piqûre , ont leur point de départ, tantôt dans une partie du nerf, tantôt dans une autre; mais ordinairement ils se portent du dos vers l’épigastre ou la région précordiale, et toujours ils prennent naissance dans un des points douloureux à la pression.
Douleur provoquée. — La douleur à la pression est constante, môme dans l’intervalle des accès, bien qu’elle puisse diminuer notablement alors. Elle est semblable à celle qu’on produit quand on presse sur une partie contuse, et elle est quelquefois si grande, (pie les malades, par un mouvement presque involontaire, se dérobent brusquement à la pression. La peau est souvent douloureuse à un assez haut degré ; on en acquiert la preuve en la soulevant légèrement au niveau des points douloureux, ou encore en passant doucement le doigt sur elle ; les malades se plaignent vivement, comme si l’on pressait assez fortement la partie malade.
Surtout dans cette névralgie il faut se rappeler que, après avoir produit une douleur vive dans un point, la pression peut momentanément cesser d’y être douloureuse. En attendant quelques instants, on voit la douleur reparaître.
La douleur à la pression se fait sentir ordinairement dans des points très-limités, et placés à des intervalles assez grands sur le trajet des nerfs. Ces points sont les suivants : 1° point postérieur ou vertébral , un peu en dehors des apophyses épineuses et à peu près vis-à-vis de la sortie du nerf par le trou de conjugaison ; 2° point latéral , à la partie moyenne de l’espace intercostal; 3 0 point antérieur sternal ou épigastrique , un peu en dehors du sternum dans une moitié de l’épigastre, ou entre les cartilages, vers la région précordiale.
Ces points douloureux sont ordinairement très-limités; ils ont 2 ou 3 centimètres de diamètre : aussi est-il nécessaire de les chercher avec soin, car les parties qui les entourent immédiatement peuvent être entièrement indolentes. Dans quelques cas, la douleur à la pression se fait sentir dans des espaces beaucoup plus grands, et quelquefois tout le pourtour de la poitrine a une sensibilité exagérée; mais, même alors, les points douloureux indiqués se fout remarquer par la plus grande intensité de la douleur.
Les grandes inspirations , les efforts de la toux , et quelquefois les grands mouvements du bras et du tronc, exaspèrent aussi la douleur dans les points qui viennent d’être indiqués, mais tantôt dans l’un cl tantôt dans l’autre, sans qu’on puisse découvrir de règle fixe.
Le plus souvent, lorsqu’on provoque la douleur, ou ne produit qu’une douleur contusive ; dans certains cas qui ne sont pas très-rares, on excite, en outre, des élancements semblables à ceux qui ont été décrits; ou bien, en pressant dans