‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 23 sur 369 · FIÈVRE TYPHOÏDE. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

FIÈVRE TYPHOÏDE. — TRAITEMENT

traitement parce que la mort était imminente. I/influence épidémique est-elle pour quelque chose dans ces insuccès, ou bien, comme le dit Leroy, des lotions d’eau froide ajoutées au traitement ont-elles pu expliquer la différence énorme des résultats? C’est ce que des observations nouvelles nous apprendront.

[Le traitement par l’enveloppement du malade dans des draps mouillés a été préconisé depuis longtemps par Gendrin, et est aujourd’hui employé par un grand nombre de médecins. Lorsqu’il y a de la stupeur, une grande dépression des forces, avec sécheresse de la peau et suppression des sécrétions, congestion pulmonaire ou •encéphalique, le traitement par l’eàu froide amène quelquefois une stimulation et une réaction salutaires. Le traitement externe est du reste le seul que l’on puisse • employer chez un certain nombre de malades qui se refusent à prendre des boissons et encore plus à avaler des médicaments.]

Rayer administre des bains simples tous les deux jours après le second septénaire de la fièvre typhoïde. D’après un travail d’Hcrvicux (1), ces bains ont toujours procuré du soulagement et n’ont jamais eu d’inconvénients.

Vésicatoires. — Il résulte des observations de Louis que, sans avoir aucune action favorable, les vésicatoires tendent à produire des eschares ; il faut donc les abandonner.

Quelques médecins ont proposé Y expectation, pendant laquelle on n’a recours qu’à des soins hygiéniques ; mais c’est supposer que les remèdes n’ont aucune action, ce que nous ne pouvons admettre d’après ce qui a été dit plus haut.

Il est beaucoup de médecins qui, sans adopter exclusivement aucun des moyens précédents, mettent en usage un plus ou moins grand nombre d’entre eux, suivant les circonstances. Ainsi, dans les cas graves, ils ont recours à une saignée, à une application de sangsues, à quelques laxatifs, aux boissons acidulés, aux lavements huileux ou émollients; et, dans les cas légers, ils se contentent de boissons acidulés et de lavements, ce qui n’est guère que l’expectation. C’était là à peu près le traitement employé par Chomel, et la mortalité fut grande. Les fièvres typhoïdes qu’il traitait alors étaient-elles plus graves?

Traitement des symptômes. — Dans une affection dont les symptômes sont si nombreux et si pénibles, on doit avoir égard au plus grand nombre d’entre eux, sans toutefois ne voir que des symptômes isolés, ce qui est une exagération singulière. Contre le vomissement on donne des boissons gazeuses, l’opium, les lavements laudanisés, et même la glace. Il est rare qu’il faille arrêter la diarrhée; mais si les selles étaient par trop abondantes, on aurait recours aux moyens employés contre l’entérite simple. Dans les cas où elle persiste pendant la convalescence de l’afïection, Aran (2), suivant l’exemple de Monneret, a employé avec succès le sonsnitrate de bismuth, à la dose de 10 grammes par jour.

On a proposé contre le météorisme, les frictions avec l'huile d’anis ou de camomille, les lavements froids et vinaigrés, la glace sur l'abdomen, etc. ; ces moyens échouent presque constamment. Il est bien rare que Y épistaxis soit inquiétante; s’il en était ainsi, il faudrait recourir au traitement de cette hémorrhagie (3). Il

(1) De V emploi des bains et de leur utilité dans le traitement de la fièvre typhoïde (Arch. yen. de mèd., 4e série, t. XVIII, p. 25).

(2) Bull. gén. de thérapeutique ,■ 15 avril 1851.

(3) Voy. article Épistaxis.

Vaeleix, 5e édit.

FIÈVRES

faut avoir soin (le tenir la vessie vide, à l’aide de la sonde,* dans les cas de rétention d'urine. On doit par tons les moyens possibles (position variée, emplâtres de diachylon, coussins, etc.), chercher à prévenir les eschares en protégeant les parties' avec des linges fins et secs, et, s’il y a déjà un suintement, les saupoudrer avec l’amidon, la poudre de lvcopocle; lorsque les eschares existent, il faut les panser avec soin, au moins deux fois par jour, avec le cérat saturné.

Précautions générales. — Les malades doivent être tenus au lit, légèrement couverts.

La température de l’appartement doit être peu élevée, douce, et il faut renouveler l’air assez fréquemment. Suivant Piedvachc (l), c’est là le vrai moyen de s’opposer à la contagion.

On doit donner des boissons abondantes, et rechercher celles qui sont le plus agréables aux malades, les excitants trop énergiques exceptés.

Administrer des lavements émollients.

Entretenir surtout un très-grande propreté autour des malades; les changer de position aussi souvent que possible.

[Le régime alimentaire des malades atteints de là fièvre typhoïde doit occuper une place importante dans le traitement. On a beaucoup exagéré les dangers d’une alimentation prématurée et des indigestions. Sans doute dans la période ascendante de la maladie les boissons suffisent et les aliments solides ne pourraient être digérés.

Il est encore vrai de dire que c’est dans la convalescence qu’il faut lopins soigner le régime, parce que des perforations intestinales peuvent survenir alors qucles ulcérations en voie de cicatrisation sont faciles à rompre. D’autre part on a trop longtemps méconnu les signes d’inanition qui viennent se montrer avant la terminaison delà maladie et appellent un remède unique qui est l’alimentation. Un redoublement de fièvre avec amaigrissement rapide, sécheresse de la peau, acidité de la salive, délire, vomissements des liquides, tels sont les signes de l’inanition, de la dyspepsie des liquides (Chomel). Il y a alors autophagie, et si l’on méconnaît l’appel fait par l’organisme, la mort ne tardera pas à survenir. Chossat a étudié ces faits physiologiquement, Bretonneau en a démontré dans la pratique la réalité; Trousseau s’exprime ainsi : « La convalescence de la fièvre typhoïde est quelquefois entravée par des troubles gastriques qui, si l’on n’v fait pas une grande attention, peuvent tromper les médecins, parce qu’ils paraissent indiquer une intervention thérapeutique tout opposée à celle qui est réellement utile. Ce sont les vomissements et la diarrhée qui se manifestent surtout chez les individus exténués par l’abstinence. La plus petite dose des aliments liquides, les tisanes, sont aussitôt rejetées par la bouche, et le nombre des évacuations alvines augmente notablement... La température du corps s’abaisse notablement. Dans la pensée que les forces de l’estomac sont insuffisantes, on donne au malade du lait coupé, des bouillons de poulet, etc. , et les troubles augmentent. Le meilleur moyen de combattre ces accidents est, au contraire, de donner des aliments solides, de la viande grillée, rôtie, des boissons fermentées. . . Sous l’influence de ce régime, le tube digestif reprend peu à peu ses habitudes, et digère bientôt comme auparavant ; les vomissements s’arrêtent, et la diarrhée cède pro-

(l) Mèm. de V Acad, de méd. Paris, 18'4), t. XV, p. 239.

TYPHUS ET TYPHUS FEYElî. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

gressivement (1). » Le docteur Marrotte insiste beaucoup sur la fréquence de l’inanition dans le cours des maladies aiguës, surtout dans la fièvre typhoïde.]

RÉSUMÉ SOMMAIRE DU TRAITEMENT

Émissions sanguines modérées; saignées coup sur coup; vomitifs, purgatifs; toniques; stimulants, excitants généraux; narcotiques; mcrcuriaux; eau de Seltz, chlorures, acides; hydrothérapie; saignée et réfrigération; expectation; traitement des symptômes; précautions générales.

ARTICLE IV

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