NÉVRALGIE LOMBO-ABDOMINALE. — SYMPTÔMES
« régime... » Le médecin doit s’appliquer avant tout à calmer les inquiétudes des malades et les soustraire à l’idée qu’elles se font de la gravité et de l’incurabilité de leur maladie. Les moyens locaux qui paraissent avoir donné les meilleurs résultats sont les frictions avec le Uniment ammoniacal, avec une pommade belladonée, les petits vésicatoires volants, etc. Velpeau recommande comme très-efficace une pratique, fort simple du reste, qui consiste dans un bandage destiné à tenir relevée la mamelle et à la comprimer légèrement. Ce moyen a suffi dans plusieurs cas pour amener un soulagement notable, et même pour faire disparaître les douleurs névralgiques. ]
6° NÉVRALGIE LOMBO-ABDOMINALE.
Cette névralgie était peu connue ou mal étudiée avant l’apparition du Traité des névralgies. [Neucourt (1) et Marrotte (2) depuis ont publié des mémoires fort intéressants. Chaussier, Malgaigne, Cliomel, Lagneau, Campaignac, sont incomplets,
en ce sens qu’ils n’ont envisagé qu’une partie des nerfs du plexus lombaire.]
§ I. — Fréquence et causes.
La fréquence de la névralgie lombo-abdominale est assez grande. Nous l’avons trouvée beaucoup plus fréquente chez la femme que chez l’homme. Nous l’avons vue aussi attaquer plus souvent le côté droit que le côté gauche, [ce que Neucourt a également constaté]. Les nerfs envahis sont évidemment les premières paires lombaires, et surtout la première. Tantôt l'affection n’occupe que les branches postérieures, tantôt elle gagne les branches antérieures, et, dans ce dernier cas, il y a une différence dans la forme de l’affection, suivant que la douleur se borne en avant à l’hypogastrc, ou quelle descend jusqu’au testicule ou à la grande lèvre.
§ II. — Symptômes.
La douleur spontanée ne présente rien de particulier. C’est principalement vers Vltypogastf'e, un peu en dehors de la ligne blanche, et dans une étendue qui peut varier de 2 ou 3 à 6 ou 7 centimètres de diamètre, que la douleur spontanée se fait ordinairement sentir. Les malades souvent la désignent sous le nom de coliques, parce qu’ils éprouvent dans la partie inférieure de l’abdomen une sensation de torsion et en même temps de chaleur ordinairement fort pénible. Les douleurs sont quelquefois si vives, qu’elles arrachent des cris, puis il ne reste qu’un peu de pesanteur et une sensation de contusion. [Parfois les malades sont comme serrés dans un étau.
Névralgie «lu testicule. — Le testicule peut devenir le siège de douleurs extrêmement vives, tantôt localisées dans l’organe lui-même, tantôt s’irradiant au
(1) F. Neucourt, De la névralgie lombaire ou névralgie des plexus lombaires el sacrés ( Arch. . génér. de méd ., 5e sér., t. XII, 1858, p. 21 et 180). — Voyez aussi son livre Desmaladies chroniques, pratique d’un médecin de province. Paris, 1861, p. 386.
(2) Marrotte, De quelques épiphénomènes des névralgies lombo-sacrées , pouvant simuler des affections idiopathiques de l’utérus et de ses annexes [Arch. génér. de méd. avril et mai 1860, p. 385 et 552).
NÉVROSES
loin on suivant le trajet des nerfs du cordon. Les médecins anglais, Curling (1) entre autres, ont cherché à établir une div ision qui n’est point acceptée en France, entre le testicule douloureux ( irrita b te test in) et la névralgie proprement dite. Dans le premier cas, le testicule est douloureux d’une manière continue : le plusléger mouvement , la plus faible pression exaspèrent les souffrances ; dans le second, il y aurait des intermittences, des paroxysmes, une sorte de périodicité. Ces derniers caractères ne se rencontrent que bien rarement aussi nettement isolés, et Gosselin fait remarquer avec raison qu’ils ne sauraient servir de base à une distinction aussi absolue.
Causes. — Les causes peuvent être ou prédisposantes, ou occasionnelles. On a vu les douleurs névralgiques survenir chez des goutteux; le plus souvent elles sont dues soit à une affection ancienne du testicule, orchites, blessures, irritation produite par une injection faite dans le but de guérir une hydrocèle vaginale; soit à un varicocèle, à un état morbide de la prostate. L’abus des fonctions génitales, l’onanisme, ou des désirs violents et longtemps contenus, ont été signalés aussi comme causes ; rappelons encore les accès de colique néphrétique qu’on a vus plusieurs fois suivis de douleurs vives avec rétraction du testicule vers l’anneau, Gosselin admet que la névralgie testiculaire n’existe guère sans un certain degré d'inflammation.
Nous n’insisterons pas davantage sur la description de cette affection. Le traitement qu’on devra lui opposer sera général ou local. — Général, si l’on trouve dans la constitution du sujet, dans scs habitudes antérieures, une indication spéciale à remplir ; local, si l’on constate l’existence d’une lésion sous la dépendance de laquelle la névralgie puisse être placée. Quelle que soit cette lési an, nous ne saurions nous associer à la pratique des chirurgiens qui ont fait la castration pour délivrer le malade de ses douleurs. L’opération n’est pas toujours suivie de succès, la névralgie peut reparaître dans les nerfs du cordon ; le doute seul sur l’efficacité d’un pareil traitement suffit pour imposer la plus grande réserve. La maladie d’ailleurs a souvent disparu d’elle-même. Les moyens qu’on a le plus fréquemment employés pour la combattre sont dirigés contre l’affection à laquelle elle est liée. La cautérisation de la portion prostatique de l’urèthre, l’application d’un bandage approprié dans le cas de varicocèle, les vésicatoires pansés avec la morphine , les sangsues , les topiques, les douches froides , et dans certains cas, le sulfate de quinine, ont souvent amélioré l’état du malade, quand ils n’ont pas complètement calmé la douleur. Il en est de même des lotions avec les linimcnts chloroformés, et de l’administration à l’intérieur de la térébenthine. Ce qu’il importe de savoir c est, qu’a moins d’une lésion de l’organe, la névralgie du testicule peut disparaître; cetteprévision rendra très-circonspect dans l’emploi de ce moyen extrême, l’ablation du testicule, sur lequel on ne peut pas même toujours compter.]
Névralgie utéro-iomiiaire. — Quelquefois les douleurs s étendent jusqu a Y utérus. Si l’on en croit Bassereau, les douleurs de la névralgie intercostale seraient produites par une irritation utérine, qui se propagerait aux nerfs intercostaux par l’intermédiaire du grand sympathique. Pour la névralgie lombo-abdominale on n a
(1) Curling, Traité pratique des maladies du testicule, etc., traduit par Gosselin, avec des additions et des notes. Paris, 1857, p. hti 8.