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NÉVRALGIE LOMBO-ABDOMINALE. — SYMPTÔMES

pas besoin d’invoquer cette intervention du grand sympathique, et l’on peut admettre que les filets des nerfs de la vie animale sont douloureux jusque dans l'utérus. Mais est-ce l’état de l’utérus qui rend les nerfs douloureux, ou, au contraire, est-ce la douleur de la névralgie qui se propage à l’organe? Nous avons vu plusieurs fois la névralgie lombo-abdominale chez des femmes qui se plaignaient de douleurs plus ou moins vives vers le col de l’utérus; or, en les touchant, nous constations que la douleur utérine est bornée à un seul côté lorsque la névralgie n’existe également, que d’un seul côté, et qu’elle est généralement plus forte du côté où la névralgie est le plus intense, lorsque cette affection est double. Il est vrai que des flueurs blanches peuvent coïncider avec cet état névralgique ; mais ne voyons-nous pas, dans la névralgie faciale par exemple, un écoulement nasal, la salivation, le larmoiement, se manifester, sans qu’on soit tenté de rapporter à un état inflammatoire du nez, de la bouche et des yeux, les douleurs qui caractérisent cette névralgie ? Enfin, la douleur étant dissipée dans les points des lombes et des flancs qui seront mentionnés plus loin, on voit très-souvent disparaître tous les symptômes du côté de l'utérus. Ce qui a pu tromper les observateurs, c’est que fréquemment il existe un état complexe. Les inflammations utérines, les catarrhes utérins, sont très-fréquents, et l’on conçoit qu’ils se montrent assez souvent en même temps qu’une névralgie lombo-abdominale ; mais, en observant les cas simples, on apprend bientôt à faire la part des coïncidences.

S’il est arrivé fréquemment qu’en cautérisant le col de l’ulérus, on a fait cesser en même temps, et la douleur qui existait dans cet organe et la douleur des lombes et de l’hypogaslrc, cela ne prouve nullement que la source du mal soit dans l’utérus; car nous voyons tous les jours un ou plusieurs vésicatoires appliqués sur la tête du péroné suffire pour faire disparaître des douleurs qui occupent toute l’étendue du nerf sciatique. Dans l’immense majorité des cas, si ce n’est dans tous, l’affection à laquelle on a donné le nom de névralgie utérine n’est autre chose qu’une névralgie lombo-abdominale qui a son maximum d’intensité dans l’utérus.

Dans beaucoup de cas regardés comme des affections utérines d’une tout autre nature, il ne s’agit que de la névralgie qui nous occupe, et nous citerons les observations de Mitchell avec le résultat du traitement de ce médecin (voy. Leucorrhée, t. V), et d’autres recueillies par différents auteurs. Ainsi Gerdy (1) propose les vésicatoires sur les lombes pour combattre les douleurs de la métrite. Or, le succès de ce moyen prouve seul que les cas qu’il a observés sont, sans aucun doute, du nombre de ceux que nous avons signalés comme consistant dans une névralgie lombo-abdominale et simulant une affection plus ou moins profonde de la matrice.

Douleur provoquée. — C’est par la pression qu'on produit la douleur la plus importante pour le diagnostic. Les points douloureux qu'on découvre par ce moyen sont le point lombaire , un peu en dehors des dernières vertèbres de ce nom; le point iliaque, un peu au-dessus du milieu de la crête de l’os des iles; l a point hgpogastriqne , au-dessus de l’anneau inguinal et en dehors de la ligne blanche; le point inguinal , vers le milieu du ligament de Fallope; le point scrotal ou de la

(1) Gerdy, Vésicatoires pour combattre les douleurs lombaires dans la métrite ( Bulletin général de thérapeutique , t. XXX, p. 467).

grande lèvre , qui manque dans un certain nombre de cas, mais qui dans d’autres est très-remarquable [le point aortique , à la région épigastrique]; enfin, assez souvent, un point douloureux , sur un des côtés du col de l’utérus, qu’on distingue facilement par le toucher vaginal.

Les grands mouvements du corps, les efforts de la toux, ceux pour aller à la garderobe, augmentent aussi les douleurs. Nous avons vu la miction les exaspérer considérablement, sans qu’il ait été possible de s’assurer s’il existait de la douleur dans la vessie elle-même, ou si tout se passait dans les parois abdominales.

Névralgie ilio-scrotalc OU névralgie lombo-abdominale propre à la grande lèvre. ' — Les détails dans lesquels nous sommes entré nous dispensent d’insister sur la névralgie ilio-scrotale, qui n’est, en définitive, que l’irradiation vers les plexus des douleurs que nous avons étudiées, localisées dans le testicule. Chez la femme, la névralgie lombo-abdominale propagée à la grande lèvre, en suivant le trajet de la principale branche abdominale, c’est-à-dire du nerf ilioscrotal, est caractérisée par la douleur souvent excessive qui occupe la grande lèvre, et rend le moindre contact souvent insupportable. (Voy. Névralgie de la vulve, tome V.)

§ III. — Marche, durée et terminaison de la maladie.

Sous tous les rapports, la névralgie lombo-abdominale ne présente rien qui lui soil propre. Tantôt rebelle, tantôt fugace, nous l’avons vue céder au sulfate de quinine, dans un cas où elle se présentait avec un caractère d’intermittence régulière.

Dans ce cas, on trouvait des points douloureux le long du trajet des nerfs lombaires; ce qui prouve que bien rarement la névralgie de l’utérus est toute locale et qu’elle n’est habituellement qu’une forme de la névralgie lombo-abdominale.

§ IV. — Diagnostic.

Le lumbago est certainement, de toutes les affections douloureuses qui occupent les lombes, celle qu’on petit confondre le plus facilement, et qu’on a, sans doute, le plus souvent confondue avec la névralgie lombaire. Dans les cas de douleurs musculaires des lombes, la douleur existe des deux côtés; elle occupe la masse des muscles sacro-lombaire et long dorsal, et- ne s’étend pas au delà. Ordinairement la pression est douloureuse à un faible degré sur les masses musculaires, mais dans une étendue plus large que dans la névralgie lombaire. Elle est principalement exaspérée par les mouvements de flexion et de redressement du tronc. Elle est faible ou nulle dans l’immobilité, à moins que la maladie ne soit très-aiguë. Les élancements, moins vifs que ceux de la névralgie, restent fixes dans la région lombaire. La distinction est donc facile si l’exploration est faite convenablement.

Le tour de reins , dont nous voulons parler, consiste en une douleur très-vive, survenue subitement, et pendant un effort quelconque, mais surtout pendant l’effort nécessaire pour soulever un fardeau. La douleur à la pression est souvent très-vive, mais elle n’est rien en comparaison de celle que font éprouver les mouvements du tronc, et surtout ceux de llexion et de redressement. Elle est, au reste, bornée aux lombes, et ne produit pas d’élancements qui aillent s’irradier dans les parois

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