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NÉVRALGIE GÉNÉRALE. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC

haut degré; il n’y avait pas de soif vive, à moins qu’il ne survint une maladie incidente, et le ventre était à l’état normal.

La respiration et la circulation sont naturelles. Dans un cas le pouls était rin peu lent. La peau est fraîche; en un mot, il n’v a pas la moindre trace de fièvre.

g IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.

La marche de la maladie est chronique et généralement progressive. Le début est lent et graduel ; puis, au bout d’un temps très-variable et qui est ordinairement de deux ou trois mois, les symptômes restent stationnaires ou ne s’aggravent qu’avec plus de lenteur.

La durée de cette maladie est indéterminée, et, dans presque tous les cas, ii n’y a aucune tendance à une terminaison favorable. Cependant nous avons vu, en 1850, un malade qui présentait à un assez haut degré tous les symptômes de la névralgie générale, et qui, sans aucun traitement actif, par la seule influence du repos et d’une bonne hygiène, a parfaitement guéri de son affection. Ce cas rapproche encore la névralgie générale de la névralgie bornée à un ou plusieurs nerfs; car l’expérience prouve que dans cette dernière la guérison spontanée se montre assez fréquemment; mais cette guérison paraît beaucoup plus rare dans la névralgie générale, car chez tous les autres sujets un temps assez long s’étant écoulé entre l’admission des malades à l’hôpital et: le traitement actif, le mal restait stationnaire.

La névralgie générale n’a, sauf dans quelques cas exceptionnels, aucune tendance à la guérison spontanée.

£ V. — Diagnostic, pronostic.

Diagnostic. — Le diagnostic présente quelques difficultés; car on peut croire à une affection cérébrale chronique, et, de plus, il ne paraît pas très-facile de distinguer la maladie du delirium tremens.

Les affections cérébrales qui intéressent profondément la substance du cerveau se distinguent de celle qui nous occupe par les symptômes observés du côté de la tète et parla paralysie bornée à une certaine partie du corps. Ainsi \c ramollissement présente une douleur fixe dans le côté de la tète qu’il occupe, et la paralysie, ainsi que la contracture des membres, du côté opposé. Des symptômes semblables s’observent dans les cas de tumeur et d 'abcès du cerveau. I! faut joindre en outre à ces phénomènes des altérations souvent considérables de l’intelligence et des convulsions. En ayant égard à ces différences, on évitera facilement l’erreur.

Dans la paralysie générale des aliénés, il y a des désordres de l’intelligence qui sont très-caractéristiques et que nous n’avons pas observés chez nos malades. De plus, chez eux, la paralysie est bien différente du simple affaiblissement que présentent les sujets affectés de névralgie générale. Chez les paralytiques aliénés ia paralysie se fait sentir sur les organes internes : la langue, la vessie, le rectum ; ce qui n’a pas lieu dans l’affection qui nous occupe. Ces dernières considérations sont applicables aux cas de paralysie progressive sans aliénation et sont suffisantes pour les faire distinguer.

Le delirium tremens ressemble beaucoup plus à la névralgie générale; ayant

NÉVROSES

observe' un cas de delirium tremens dans lequel il existait de nombreux points douloureux à la pression, nous avons cru un instant qu’il en était ainsi ; mais, depuis lors, nous n’avons plus trouvé ces points douloureux dans le delirium tremens, et, en outre, il y a dans cette affection des symptômes qui n’existent pas dans celle qui nous occupe. Ces symptômes sont : l’insomnie, les visions, l’agitation, la soif, le désordre des idées. Dans le delirium tremens il y a, comme cause facile à reconnaître, l’abus des liqueurs alcooliques ; tandis que cette cause n’existe pas dans la majorité des cas de névralgie générale.

Dans le tremblement mercuriel , le tremblement, porté beaucoup plus loin que dans la névralgie générale, est à peu près le seul symptôme de l’affection; tandis que dans V intoxication saturnine, ce sont le dépérissement, la décoloration, les paralysies partielles et les douleurs des membres qui dominent. Ces différences sont très-grandes et l’erreur est facile à éviter.

Pronostic. — Le pronostic n’est pas grave, puisqu’elle cède facilement à un traitement très-simple. Toutefois il ne faut pas perdre de vue que la maladie, livrée à elle-même, n’a, dans la très-grande majorité des cas, aucune tendance à la guérison spontanée.

§ VI. — Traitement.

L’allection étant de nature névralgique, on pourrait lui appliquer les divers moyen* mis en usage contre les diverses névralgies ; mais, comme elle occupe toute l’étendue ou presque toute l’étendue du corps, la plupart de ces moyens seraient d’une application difficile. Il faudrait multiplier à l’infini les vésicatoires pour enlever tous les points douloureux qui existent. L’expérience ne nous a encore rien appris sur l’utilité des divers moyens internes.

On pratique la cautérisation transcurrente de manière à atteindre à peu près tous les points douloureux gui existent. Ainsi on promènera le cautère actuel sur la tête, le long de la colonne vertébrale et de la partie antérieure du corps, le long des espaces intercostaux, et enfin sur les membres, sui\ ant le trajet des nerfs affectés.

Ce n’est souvent qu’au bout de deux ou trois jours qu’une amélioration notable se fuit sentir; quelquefois cependant les malades sont complètement guéris le jour même ou le lendemain. En général, ils ne se ressentent plus de leur affection de cinq à huit jours après l’opération. Les forces reviennent, les douleurs, les étourdissements disparaissent, ainsi que les tremblements. Enfin la gaieté renaît, et toutes les fonctions se rétablissent. Dans un cas, la douleur, qui avait disparu de tous les autres points du corps, persistait dans le membre inférieur gauche, comme dans une névralgie sciatique ordinaire, bien que la cautérisation eût porté sur ce point. De nouvelles cautérisations la firent disparaître.

Nous n’avons eu besoin, dans presque tous les cas, de recourir à la cautérisation qu’une seule fois. Si le cas l'exige, ou peut la recommencer dix ou quinze jours après la première, et y revenir plus tard. Dans les cas observés par Leclerc, les choses se sont passées de la même manière.

[Cependant des cas se sont montrés rebelles à la cautérisation ; alors on pourra employer l’électrisation cutanée, les injections hypodermiques au sulfate d’atropine dont nous avons parlé précédemment, l’application locale du chloroforme ou de l’éther, le collodion élastique à la morphine ou à l’iodoforme.]

Pour le compléter, il suffit d’v ajouter les soins d’une bonne hygiène et un

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