‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 27 sur 369 · TYPHUS ET TYPHUS FEVER · texte numérisé non relu

TYPHUS ET TYPHUS FEVER

agrène sèche des pieds et des mains (Hildenbrand). Il résulte des travaux trèsomplets des modernes sur l’anatomie pathologique du typhus, que cette affec-

1 donne lieu à une congestion avec augmentation de volume de la rate et du foie ;

2 les poumons, le plus souvent, sont engoués, et que la pneumonie hypostatique rencontre à tous les degrés; qu’il existe une tendance à la stase du sang et aux hares a ers les ischions et les grands trochanters, comme dans la fièvre typhoïde. Les lésions des centres nerveux consistent dans une congestion plus ou moins irquée. Cependant il ne faut pas oublier que la méningite cérébro-spinale générée, avec formation de sérosité trouble, de pus et de fausses membranes, est -rite parmi les lésions du typhus par certains auteurs qui considèrent la ménine cérébro-spinale endémique comme n’étant qu’une des formes du typhus.

§ IV. — Description.

Incubation.— Cette question n’est pas susceptible de recevoir actuellement une aition définitive. On ne peut pas savoir exactement quelle peut être la durée incubation du typhus, ni du choléra, ni de la fièvre jaune, de la peste, etc. Les (venues établies h cet égard sont le plus souvent arbitraires. Aucun auteur n’a

3 prendre la responsabilité d’une opinion nettement formulée sur ce point ; néanlinson sait que la durée de l’incubation peut être très-courte. Suivant Magnus iss, il s’est passé quelquefois un jour, quelquefois deux, trois et même dix jours, trc la visite faite à une personne atteinte du typhus et la manifestation des promues chez la personne qui avait fait cette visite. Quelques faits semblent prouver ic l’incubation peut dépasser plusieurs semaines. On a vu quelquefois le typhus déclarer sur un individu qui avait quitté depuis plus d’un mois ou six semâmes foyer de l’épidémie. Des observations plus récentes faites par les chirurgiens de marine française pendant la guerre de Crimée (1856) ont permis de fixer d’une çon plus exacte le terme de l’incubation du typhus. En effet les dates ici sont rtaines pareequ’on embarque à jour fixe des hommes sains avec des convalescents, que l’on voit dès le début les accidents produits par la contagion chez les preiers. De ces observations recueillies principalement par Gibert, Arnoux, Terrin, îaspoul, Mattéi, Thibaut, ressort la notion suivante : La durée moyenne de ncubation du typhus est de douze à quinze jours.

Prodromes. — Tous les auteurs sont à peu près d’accord sur les symptômes odromiques du typhus. Borsieri les décrit ainsi : Pesanteur de la tête ou douleur ituse, tantôt fixe, tantôt errante, parfois prolongée jusqu’au col, semblable à une "leur rhumatique, frappant quelquefois, mais erratiquement, les lombes et les ticulations; dégoût des aliments ou diminution de l’appétit; lassitude, tristesse, Bonmie, nuits agitées; chez quelques-uns, légers frissons dans les lombes, sans citation fébrile. Parfois la chute des forces est si grande, que les malades ne peunt ni se tenir debout, ni marcher, ni s’asseoir, et qu’ils tombent facilement en faillance. Hildenbrand signale également une tension douloureuse de la tête, des (rripilations, des frissons avec bouffées de chaleur et de la tristesse.

P. E. Chauffard, l’élégant traducteur de Borsieri, indique parmi les signes proomiques une certaine hésitation de la parole, une sorte de tremblement de la voix, ii va parfois jusqu’au bégayement, et une incertitude analogue dans les mouveenls volontaires surtout aux membres supérieurs. Les bruits et bourdonnements

FIÈVRES

d’oreille, suivant cet auteur, ne manquent jamais : c’est un symptôme (|iii préexiste à l’invasion de la fièvre, il est initial et dominant. Le tintement d’oreille est un » typhus ce que la diarrhée prémonitoire est au choléra.

Suivant Magnus lluss, les symptômes sont : un sentiment de fatigue et d’épuiser ment, avec lourdeur de tête, douleurs dans le sacrum et dans les jambes, malaise k général, inappétence. L’explosion de la maladie s’annonce par des frissons ou par un |>j étourdissement, un évanouissement; c’est alors que survient la fièvre.

Durée de la période prodromique. — Cette durée varie de cinq à dix et même Bit douze jours. On comprend que chaque épidémie puisse présenter, sous ce rapport, u une moyenne un peu différente; néanmoins il ne paraît pas que la durée des pro- ti (Ironies puisse être au-dessous de trois jours et au-dessus de douze jours. On coin I prend (pie les prodromes, qui ne .consistent que dans un malaise et une sorte d’in- 0 quiétude vague, doivent souvent échapper à l’œil des observateurs, surtout dans les épidémies des camps où les malades ne sont conduits à l’ambulance que lorsque la l fièvre s’est déclarée.

Période d'invasion. — Premier stade. L’état fébrile se déclare ; le plus souvent t la fièvre s’annonce par un frisson initial qui commence par les extrémités et s’empare de tout le corps ; la face pâlit, le malade tombe dans une sorte d’engourdissement. Ces frissons durent le plus souvent plusieurs heures, quelquefois un jour entier i ou même davantage, et il n’est pas rare de les voir se’rcproduire de temps en temps), pendant tout le coins de la maladie. Le pouls, qui est petit pendant le frisson, h devient, pendant la période de chaleur, plein, vif, résistant; il dépasse rarement il 120 pulsations; il reste souvent au-dessous de ce chiffre. Après le frisson, u qui paraît ne jamais manquer, les symptômes les plus constants et les plus carao- û téristiques sont les suivants : Perte absolue de l’appétit, sentiment de pesanteur au tj devant de la poitrine ; céphalalgie frontale, intense, déchirante ; tintement d’o- V reille; tremblotements, engourdissements; respiration accélérée, profonds soupirs; p lassitude extrême, douleurs aiguës dans le dos et les membres ; le malade ne peut r reposer longtemps à la même place. Son sommeil est court, agité, nullement répa- ii rateur. Tels sont les symptômes qui se montrent dès le premier jour. Au bout de * vingt-quatre heures, le malade présente la stupeur de l’ivresse ; l’ouïe est moins u fine, la surdité commence. Les yeux sont injectés, poudreux, les narines sont |t sèches; la stupeur s’accroît, et le malade reste plus volontiers dans le décubitus N dorsal ; il est souvent en proie à des hallucinations et à un subdéliriuin qui est ti surtout marqué pendant la nuit. Quelquefois le coma se montre dès le. début et tj persévère pendant tout le cours de la maladie; les muscles du cou sont tendus, la I) face est rouge et tuméfiée ; les yeux s’injectent et fuient la lumière. Parmi les ma- fc lades, les uns ont une soif ardente, quoique la langue paraisse humide, chez d’au- i 1res il n’y a nul désir de boire, quoique la langue soit sèche et râpeuse ; la respira- ji lion est inégale, fréquente, laborieuse, entrecoupée de soupirs. L’état des fonctions t digestives est le suivant : Dans le plus grand nombre de cas, il y a constipation, le ventre est souple et indolore. Quelquefois, au premier ou au second jour, il y a des nausées et des vomissements jaunes ou verts. Chez quelques malades il y a de la diarrhée, mais ce symptôme est exceptionnel.

Cette période de la maladie dure quatre jours pendant lesquels les symptômes vont en s’aggravant. Quelques auteurs, parmi lesquels Ilildenbrand, ont noté une

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